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L'autisme ... en vulgaire

L'autisme ... en vulgaire

Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'un épisode que j'ai co-écrit avec the one and only Marine Baousson, créatrice du podcast Vulgaire, le podcast aux deux millions d'écoutes, qui est sorti ce matin ! Le thème que nous avons décidé d'aborder c'est l'autisme. Quand Marine m'a proposé qu'on fasse un épisode ensemble, après un manque profond d'inspiration, j'ai pensé à l'autisme. Parce que l'autisme c'est un trouble dont on ne parle que très peu, qu'il y a beaucoup de clichés qui circulent autour de l'autisme, et que l'autisme fait partie de ces handicaps invisibles que l'on connait pas, peu ou très mal et que pour mieux vivre tous ensemble, il est important d'y sensibiliser le grand public. Si vous avez écouté mon interview de Marine dans Génération Podcast en janvier dernier, vous vous souvenez peut-être que ce n'est pas le sujet que j'avais initialement proposé. On ne va pas se mentir, j'avais un peu paniqué quand elle m'avait posé la question. 😁 J'espère que ça vous plaira ! Immense merci à Marine Baousson pour son invitation et sa confiance, ainsi qu'à Stéphanie Gruet du podcast Tous Pareils ou Presque pour ses relectures et ses précieux conseils. Transcription de l'épisode : AF : Salut salut ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de Vulgaire. Je m’appelle AF, j’ai des podcasts qui s’appellent Génération Podcast, Journal d'une perchée, French Expat', Alors c'est pour bientôt, et pour cette rentrée, et j’ai décidé de venir mettre un peu d’ordre dans ce podcast, parce qu’on va pas se mentir, c’est un peu le bordel Marine : Ouais j’avoue mais c’était l’été j’ai tenté des trucs. AF : c’est bien… Il faut tester des trucs… Marine : merci. AF : … voilà. Marine : Juste, pourquoi t’es là ? AF : En fait, l'autre jour, j'interviewais une nana française qui vit dans le Texas… Marine : attends, le texas, les cowboys, chuck norris, les anti avortement ? AF : Voila. Enfin presque car c'est un peu cliché tout de même :) Marine : si tu veux. bon Et du coup, c'est quoi le rapport avec mon podcast ? AF: Oui, pardon. Au milieu de l'interview, elle m’a dit qu’elle était autiste Marine : hmm, je vois toujours pas pourquoi t'es là mais ok AF : en discutant avec elle j'ai réalisé que 1) je ne connaissais que très mal ce handicap invisible qu’est l'autisme, et 2) qu'il y a plein plein de clichés qui circulent dessus et 3) surtout qu'on en parle pas du tout dans l'espace public. Du coup j'ai regardé sur internet et … Marine : Ok, j’ai compris. AF : bah dis donc toi ça file hein Marine : ah bah attends je suis pas que jolie. AF : hum hum Marine : c’est vrai que moi non plus, l’autisme, j’y connais rien. Je sais qu’il y a plein de façons d’être autiste, mais pas ce que ça veut dire, ni comment ces troubles se manifestent. AF : du coup, on a regardé sur internet, et on va vous expliquer ce qu’on a compris. Marine : en plus je suis contente, parce que je ne suis pas toute seule pour mon premier épisode de l’année scolaire, c’est bien, c’est la rentrée des classes et je retrouve les copines. AF : Yay ! Première chose que l’on a apprise, et qui est hyper importante, c’est que l’autisme, ce n’est pas une maladie. Marine : en revanche, l’autisme c’est : mystérieux. AF : l’autisme, c’est un handicap d’origine neuro biologique, qui se traduit par un trouble de la communication et des interactions sociales, des centres d'intérêts spécifiques et des comportements répétififs Marine : Cool ! J’ai rien compris. AF : Ok, je reprends. L’autisme, c’est un trouble du développement précoce Marine : J’ai encore pas compris. AF : Bah en fait, c’est in utero. Marine : ah bon ça concerne que les hétéros. AF : non, in utéro ! dans l'utérus quoi. Un trouble du développement, c’est un truc qui se passe surtout avant la naissance, c'est-à- dire pendant que le futur bébé se développe dans l'utérus dans lequel il grandit. ça peut aussi avoir lieu dans la petite enfance. Donc c’est précoce sur l’echelle de la vie. Marine : Ah oui, ok. AF : Ce trouble on l’appelle “trouble du spectre autistique” ou TSA. On parle de spectre car il n’y a pas une manière d'être autiste. On parle de 3 grandes catégories en fonction de l'intensité de comment l’autisme s’exprime chez les gens : ce trouble peut être plus ou moins handicapant. Donc les personnes autistes manifestent leur autisme de plein de manières différentes, ce n’est pas uniformisé. Marine : Oui voilà, c’est pas genre “tous les autistes ont le coude gauche qui gratte”, non, c’est : certains autistes peuvent, à des degrés différents, et de temps en temps, ressentir des démangeaisons quelque part dans leur corps. AF : Voila, t’as tout compris. Marine : c’est pour cela que l’on dit qu’il y a autant de formes d’autisme que d’autistes AF : et c’est pour ça que comme les troubles autistiques sont très différents en fonction des personnes, on parle de spectre, et même de TSA, trouble du spectre autistique. . Marine : oui bon pardon Anne fleur mais spectre, ça veut dire tout et rien… par exemple si je regarde dans le dico, spectre ça veut dire…
Apparition effrayante d'un mort. AF : oui, mais spectre, dans ce cas précis ça veut dire Ensemble de faits de même nature. Marine : D’accord. donc si je résume le TSA, c’est : le trouble du spectre autistique, pas du tout le trouble de l’apparition effrayante d’un mort. AF : Pas du tout. Marine : Donc les autistes ne sont pas des fantômes. AF : ahah. Marine : C’était une question AF : ah. Non. Marine : Merci. Et donc, comment s’exprime ce trouble ? AF : En gros ce trouble se manifeste par des difficultés à interagir socialement et à intégrer les normes sociales. Marine : Le youtubeur autiste Alistair décrit 4 types de troubles principaux, et là, on va le citer : 1/ une difficulté sociale et des difficultés de compréhension AF : Ouais exactement, c’est le point commun à toutes les personnes autistes : la difficulté à interagir socialement. et tout ça, à des degrés différents, comme on vient de l’expliquer. Souvent iels ont du mal à regarder dans les yeux par exemple lors de conversations en tête à tête. Iels ont du mal à identifier et donc à comprendre le sarcasme, iels sont très directs. Marine : 2/ Des troubles sensoriels Là aussi, cela peut s’exprimer de plein de manières différentes. Ça peut aller de l’inconfort par rapport à certaines textures, d’un tissu ou de nourriture, a une intolérance totale, en passant par la difficulté parfois extrême de toucher voire même de supporter un câlin par exemple. AF : La personne que j’interviewais me racontait qu’elle n’avait jamais pu suivre plus d’un mois de cours à la fac tellement le bruit dans les amphis était difficile à supporter pour elle et s'épuisait. Marine : ah oui ça doit être compliqué 3/ des intérêts spécifiques AF : Exactement. Ça porte plutôt bien son nom. Ça peut être des talents, des centres d'intérêts un peu obsessionnels et des compétences extraordinaires. Là encore le spectre est super large : Je parlais récemment à des mamans d’enfants autistes qui racontaient les intérêts spécifiques de leurs enfants, et ça va du besoin irrépressible de vérifier l’odeur de tous les magasins d’une rue aux ... podcasts. D’ailleurs coucou à Alice, dont ton podcast Vulgaire est un intérêt spécifique. Marine : mais nan AF : je te jure. Marine : truc de ouf, coucou Alice !! Je suis l'intérêt spécifique d’un fantôme !! AF : Marine les autistes ne sont pas des fantômes. Marine : ok, si tu veux. 4/ une rigidité mentale dont tu fais aussi un peu preuve je trouve excuse moi AF : Ouais, on peut aussi dire que cette rigidité mentale est une forme de résistance au changement en fait. Marine : tout ce qui peut sortir de la routine peut créer chez les personnes autistes une certaine anxiété. AF : oui, c’est pour ça que souvent la mise en place de routines est très importante : c’est rassurant de savoir ce qu’il va se passer. Marine : ok donc pour une personne autiste, on évite d’organiser un anniversaire surprise où tout le monde surgit de derrière un canapé avec des chapeaux et un gateau, et où ensuite on va manger dans un resto qui vient d’ouvrir où on ne choisit pas le menu. AF : voilà. En revanche pour moi on peut le faire, et mon anniv c’est le 25 juillet. Marine : Ok. Donc 4 troubles récurrents. et donc en fonction de comment la personne autiste vit ces 4 troubles possibles, son quotidien va être plus ou moins impacté. et donc son degré d’autonomie aussi. Af : oui, et c’est pourquoi on dit que ce n’est pas une maladie, parce qu’il n’y a pas de traitement contre l’autisme, et qu’on n’attrape pas l’autisme, on n’en guérit pas non plus, on est autiste ou on ne l’est pas. Marine : ah oui je connais, c’est Shakespeare, to be autiste or not to be autiste, that is the question. AF : voilà. L’autisme, ce n’est pas quelque chose que l’on a, mais c’est quelque chose que l’on est. Marine : c’est encore une phrase d’alistair. Et il précise aussi que ce n’est pas parce que ce n’est pas une maladie que ce n’est pas un handicap, c’est deux choses différentes. AF : Exactement. Et c’est super important de le dire. L’autisme peut être plus ou moins handicapant, en fonction du degré d’autonomie de la personne. Je vous parlais tout à l'heure des 3 catégories de sévérité de l’autisme, nommées sobrement 1, 2 et 3. :) On a tous entendu parler de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook ou encore de Greta Thumberg, l’ado activiste de l'écologie ? Marine : How dare you douter que je la connais… effectivement. ben eux on dit qu’ils ont des formes d’autisme “asperger”, non ? comme sheldon dans the big bang theory. AF : Oui, mais en fait on dit plutôt qu’ils font partie de la catégorie 1. Quand j’ai essayé de parler d’Asperger dans mes recherches aux US, je me suis pris les gros yeux. Marine : Ouuuh, bin pourquoi ? AF : Bin j’ai regardé sur internet et je vais … Marine : STOOOP ! Vas-y balance. AF : Ok. Pardon … en fait Asperger c'était un pédiatre autrichien. Il a longtemps été acclamé comme le pionnier de l'étude de l’autisme chez les enfants. Il a même été encensé comme héros car il aurait sauvé des enfants autistes des programmes Nazis qui visaient à les exterminer. Et en fait, ca, c’est ce qu’on croyait. Maintenant on sait qu’il a collaboré avec Hitler & co et qu’il a lui aussi contribué à exterminer ces enfants. Marine : Wow. Sympa cet épisode de rentrée. il va bien nous mettre en jambes là c’est cool AF : Sorry, tu m’as demandé :) Marine : Ok, donc on ne dit plus Asperger, on dit quoi alors ? AF : Pendant un temps on parlait d’autisme “hautement fonctionnel” mais la aussi on évite, car potentiellement trop discriminatoire. On parle donc des catégories 1, 2 et 3 dont je te parlais tout à l'heure. Sachant que le niveau 1 est celui qui se manifeste par des symptômes plus légers que le niveau 3. Marine : et sachant aussi que les personnes peuvent évoluer dans ces catégories. Parfois, ils ont le coude qui se gratte, mais le mois suivant, c’est tout le corps. Donc bon, c’est plus handicapant... et moins facile. Mais pardon, je t’ai coupée, tu parlais de Mark et Greta ? AF : Ouais, merci. Je voulais dire que c'était important de garder en tête que leur autisme ne représente qu'eux-même, et qu’il ne représente pas tous les autistes. Il y a encore pas mal de clichés sur l’autisme et le fait qu’on pense que c’est tous des génies par exemple. C’est pas le cas de tout le monde, et au cours de mes recherches j’ai compris que c'était important de le préciser. Marine : bah oui parce que par exemple, le footballeur, Messi, il est autiste aussi. AF : Marine ça marche pas ton exemple c’est un génie du foot. Marine : ah ouais… en tout cas, il défie les clichés, déjà parce que… c’est un adulte ! beaucoup de ce qu’on a lu ou regardé parle des enfants, et à priori,beaucoup d’associations mettent en garde car les adultes autistes eux-aussi peuvent avoir besoin de soutien. AF : Ouais exactement ! et d’ailleurs, La femme que j’interviewais dans mon podcast, qui s’appelle Eileen Lamb du blog The Autism Cafe, Marine : Eileen Lamb du blog the autism café, j’imagine que c’est une américaine, AF : pas du tout, elle est française, elle est de Troyes. Marine : et voilà encore des clichés qu’on a fait taire. AF : YES ! Bref, Eileen a eu comme une intuition quand son petit garçon a été diagnostiqué sévère. Devant tous les tests qu’on faisait passer à son fils et ce qui en ressortait, elle a eu l’impression d’avoir encore plus de points communs avec lui. Alors elle a demandé à être évaluée elle aussi. Elle a fait 20 heures de tests. 20 heures, t’imagines ? Marine : bah oui je me rends compte, c’est le nombre d’heures que j’ai faites pour passer le permis. c’est le nombre d’heures de sommeil qui me manquent depuis mon retour de vacances. C’est le temps que dure la saison 13 de RuPaul, avec les pauses pipi, et les pauses pour manger. AF : yes. bah ses tests sont revenus avec un diagnostic positif. Et si elle a pu passer ses tests assez rapidement, parce qu’Aux Etats-Unis, et en ce qui concerne l’autisme, l'accès aux soins est plus simple que chez vous en France. Marine : Effectivement. apparemment, En France, Jusqu’a il y a peu, on parlait de 6 ans avant un diagnostique de l’autisme chez les enfants. On sait que c’est moins maintenant mais le chiffre exact est inconnu.. AF : Alors qu’aux US, on diagnostique dès 2 ans. Marine : Dernière chose, et celle là aussi, elle est importante : ce n’est pas aux autistes de s’adapter mais à la société de le faire. AF : et j’irais même plus loin, c’est à chacun (autistes et non autistes) de faire une part du chemin. Putain c’est beau j’ai fait une rime. Marine : si ça te dérange pas je te propose que tu ailles t’autocongratuler dans ton propre podcast. AF : Titre. Marine : Voilà… AF : ça c’était l’autisme, mais en Vulgaire.

Sélection : des histoires d'avocats pour méchants, d'équilibre et de faits divers

Sélection : des histoires d'avocats pour méchants, d'équilibre et de faits divers

Me revoilà avec une nouvelle sélection de podcasts. Cette semaine, nous allons parler d'histoires de faits divers avec le podcast Nude et j'ai d'ailleurs eu le plaisir de m'entretenir avec sa créatrice, Julie Marceline Pujol que vous retrouverez en fin d'article (et d'épisode). Nous évoquerons également les sujets de l'équilibre vie pro / vie perso dans le monde du porno, et enfin des défenseurs des droits des méchants avec la série L'Avocat des Terreurs de Arte Radio. L'épisode est disponible juste ici : L'Avocat des Terreurs Arte Radio Avant d'y réfléchir et de penser sérieusement au sens de notre démocratie, aux valeurs que l'on défend, je pensais que c'était un peu scandaleux que les avocats commis d'office pour défendre les coupables genre violeurs, tueurs et autres terroristes soient payés par le contribuable. Par le pot commun en quelques sortes. Quand je pensais à la gravité de certains crimes, j'étais révoltée à l'idée que les prélèvements mensuels des feuilles de salaires puissent servir à l'avocat des méchants (bon, en vérité, c'est un peu plus complexe que cela). Tout ça, c'était avant de parler à ma petite sœur, étudiante en dernière année de droit, passionnée par les droits de l'homme. Quand je suis tombée sur cette série podcast de Arte Radio, je la lui ai envoyée après l'avoir moi-même dévorée. Cela nous a menées à avoir des conversations passionnantes. Alors je me suis dit qu'il était fondamental, que moi aussi, je vous en parle. Ces 6 épisodes nous embarquent dans les réflexions et les coulisses de la vie d'un jeune avocat, Alexandre Luc-Walton, avocat commis d'office suite aux attentats de 2015. Il est depuis impliqué dans de nombreux dossiers de terrorisme, et de par son témoignage, ni politiquement correct, ni provocateur, mais vraiment brut on apprend à comprendre comment on peut dormir le soir quand on est l'avocat des méchants. 6 épisodes à écouter dans l'ordre (entre 10 et 20 minutes chacun). Vie au Carré Julie Delvallée & Clotilde Chenevoy Et si on parlait équilibre vie pro et vie perso ? C'est un vrai sujet en ces temps de confinement, non ? Depuis un an, personnellement, je suis en plein rodéo sur ce sujet. Avec des journées par trop mauvaises, et d'autres complètement catastrophiques. Et puis, vous êtes-vous déjà demandé si le boulot de votre collègue de bureau était son seul job au quotidien ? Aujourd'hui je vous propose d'écouter le témoignage d'un employé dans l'édition de jour qui est aussi acteur de films porno. Dans le podcast Vie au Carré (Vie²), Julie Delvallée interroge Alexis Tivoli, quasi trentenaire qui vit une véritable vie au carré entre sa carrière dans une maison d'édition et sa carrière d'acteur porno, qui est en couple. Julie échange avec Alexis sur la transparence et les limites qu'il pose entre ses différentes vies. Alexis est un vrai slasheur, et finalement il nous raconte comment il envisage d'unir ses différents talents pour lancer un business. Comme quoi, dans la vie, il n'y a parfois que les limites que l'on se pose nous-mêmes. Episode 13, Alexis Tivoli "Devenir acteur porno m'a appris à pratiquer le sexe pour de bonnes raisons" (26 min) Nude Julie Marceline Pujol

Sélection : Journée Internationale du Droit des Femmes. Une invitation à la réflexion.

Sélection : Journée Internationale du Droit des Femmes. Une invitation à la réflexion.

Aujourd'hui, c'est la journée internationale du droit des femmes. Et non la journée de la femme. Non, on ne souhaite pas une "bonne fête de la femme" comme on souhaite bonne fête à sa Maman. Le 8 mars c'est un jour de lutte. Car peu importe où que vous soyez dans le monde : il n'y a pas un pays dans lequel les droits des femmes ne sont pas un sujet de réflexion et de débat. L'objectif selon l'ONU est de "revendiquer un avenir égalitaire libre de préjugés, de stéréotypes et de violence ; un avenir durable et pacifique avec les mêmes droits et des chances égales pour toutes et tous. Pour y parvenir, le monde requiert la présence des femmes dans toutes les prises de décisions." Je vous propose une invitation à la réflexion au travers de ce que je sais faire de mieux : une sélection d'épisodes qui je l'espère seront déclencheurs de nombreuses discussions et actions. Une sacrée paire d'ovaires Marie Bongars Une sacrée paire d'ovaires vous embarque tous les jours à la rencontre d'une femme autour du monde qui a été effacée de l'histoire telle qu'on la connait. Attention spoiler, j'ai récemment eu l'immense plaisir d'interviewer Marie Bongars, la créatrice de ce podcast dans le cadre d'un entretien "de l'autre côté du micro" pour Génération Podcast. J'ai hâte de te partager cet échange dans quelques semaines. Dans ce podcast, Marie propose des capsules courtes sur les femmes dont c'est l'anniversaire (ici moins de 3 minutes) ainsi que des formats plus longs 2 fois par mois. Sous forme de lettre d'hommage à ces femmes, j'adore découvrir l'histoire sous ce prisme. Filles de Lutte Merry Royer & Ilham Maad pour Spotify Immense coup de cœur pour ce podcast intelligent, engagé et terriblement inspirant. Merry Royer et Ilham Maad ont grandit dans les traces du féminisme de leurs propres Mamans et partent à la rencontre des filles et petites-filles des militants d'avant - connus et anonymes. C'est quoi l'éducation 100% féministe ? Retient-on tout ? Transmet-on tout à ses enfants et petits enfants ? J'ai dévoré ce podcast, qui malheureusement n'est disponible que sur Spotify. Mon épisode préféré c'est le premier, l'histoire de Marie qui a grandit les yeux rivés sur sa Maman, militante au sein du MLF. Vulgaire Marine Baousson Le procès de Bobigny, je l'avoue : je ne le connaissais que de nom. Gisèle Halimi, je savais que c'était une grande dame, mais je ne savais pas tout (et sûrement toujours pas d'ailleurs). Marine Baousson propose un épisode de vulgarisation comme elle sait si bien le faire et nous explique ce procès dans lequel 4 femmes se battent pour le droit d'avoir d'être maître de leur propre corps. Performance de traiter d'un sujet si sensible et délicat dans un podcast de culture G humoristique. Défi relevé avec brio ! How to Raise a Woman AfroQueer On y découvre l'histoire de Tshepho Rocki Kgositau, femme connue dans la communauté LGBTQ+ pour son activisme au Botswana. Peu de gens savent qu'elle a commencé son militantisme très jeune. Cet épisode raconte son histoire. Passionnante et saisissante. Il s'agit d'un épisode du podcast AfroQueer (21 minutes). Chères Pionnières Podcast de Sarah Clément & Juliane Roncoroni pour la RTS Magnifique série en 5 épisodes qui retrace le combat de Gina, Solstice, Odette, Geneviève et Isaline. Elles se sont battues pour l'avortement, le droit de vote, le port du pantalon en Suisse. J'ai adoré l'approche de ce podcast : le partage de ces 5 femmes avec deux jeunes femmes faisant de cet échange une transmission de pionnières à héritières. Episodes d'environ 12 min chacun. Le podcast : un espace de parole et de liberté pour les femmes Par un collectif de podcasteur.euses Un collectif de podcasteur.euses indépendant.e.s offre un regard unique dans cet épisode spécial de 24 min. Ici, iels vous proposent de découvrir comment ces créateurices ont fait de leurs podcasts des espaces militants, ouverts, de parole libre pour tendre leur micro aux femmes et en s'engageant à leurs côtés. Je trouve l'idée brillante et la réalisation très réussie : elle invite à une réflexion, à la discussion, au partage. Avec la participation de Lauren Bastide (podcast La Poudre). Episode disponible dans Prends Ton Baluchon, Papatriarcat, Maman Bosse, Les Enfants Vont Bien, Grands Défis & Tout-petits, Pourquoi pas Moi ?, Ma passion mon job, Le Tilt, The French Working Mum et L'aléa. Les épines Par le collectif écoféministe Les Engraineuses Ce podcast questionne le monde et veut piquer nos consciences. Seul un épisode est sorti et on espère en avoir d'autres. Celui-ci traite du leadership et interroge comment l'écoféminisme peut aider à déconstruire le leadership si souvent donné en exemple, et nous pousse à imaginer de nouvelles formes de management libérées des rapports de domination. Ecrit et réalisé par Anne-Sophie Valentin et Pauline Blanchard. Juste Avant Nouvelles Ecoutes, issue de Intime & Politique Cette série est issue du podcast Intime & Politique. Réalisée par Ovidie, cette série questionne la façon dont on éduque une adolescente quand on est mère et féministe, à travers une série de conversations avec sa fille de 14 ans. Aux échanges entre la mère et sa propre fille se mélangent d'autres témoignages de l'entourage dans ces 7 épisodes à écouter dans l'ordre. Tout simplement passionnant et merveilleusement bien réalisé ! Et vous ? Vous écoutez quoi ?

De l'autre côté du micro avec Pénélope Boeuf, La Toile sur Ecoute

De l'autre côté du micro avec Pénélope Boeuf, La Toile sur Ecoute

Un dimanche sur deux, je tends mon micro à un.e podcasteur.euse pour découvrir ses inspirations, l'histoire de son ou ses podcasts et pour savoir aussi ce qui se trouve dans son appli de podcasts. Aujourd'hui je suis très heureuse de vous présenter a une podcasteuse en série, aspirante rapeuse - comprendra qui pourra... Mon invitée c'est Penelope Boeuf, créatrice du studio indépendant d'histoires audio La Toile sur Ecoute, podcasteuse avec plus de 10 podcasts à son actif, sans compter les podcasts de marque sur lesquels elle travaille toute l'année, parmi lesquels un podcast pépite réalisé pour Meetic pendant un des confinements de 2020. Si vous êtes grands fans de podcasts comme moi, il est possible que vous ayez vu passer le nom de Penelope dans pas mal de vos podcasts préférés ces derniers temps. Si son histoire est unique et fascinante, j'aime a penser que l'angle aborde dans notre rencontre l'est tout autant. Ainsi, on parle de passion, d'acharnement, de podcasts (duh !), de boulimie créative et de ce qui inspire notre Penelope nationale au quotidien. J'ai adoré, j'espère que cet épisode vous transportera et vous fera le meme effet qu'a moi : une bombe de bonne humeur et d'inspiration. Je vous mets le rap entier dans un épisode bonus ainsi que la réponse que Marie de Maman Bosse et Constance de Les Enfants Vont Bien et moi-même lui avons concoctée il y a quelques semaines. Bref, c'est parti et rendez-vous de l'autre cote du micro avec Penelope Boeuf ! Avec Pénélope, on revient sur sa liste d'écoute, et voici ses inspirations podcasts : les premiers podcasts qu'elle a écouté sont La Poudre (Lauren Bastide pour Nouvelles Ecoutes) et Les Couilles Sur La Table (Victoire Tuaillon pour Binge Audio) Elle ne rate pas un épisode de Guerre de Business Son podcast anglophone du moment c'est Even the Rich Le podcast qui lui a donné envie de créer Pique Parole : Première Loge de Merry Royer (Arte Radio) L'épisode qui l'a profondément marquée : Le Livreur de Cocaïne de Merry Royer (Arte Radio) Ses podcasts chouchou qu'elle a fait avec ses petites mains : Kupla et Pique Parole. Transcription en cours : laissez un commentaire pour être informé de sa mise en ligne.

Sélection : Demain, c'est la fête des Grands-Mères

Sélection : Demain, c'est la fête des Grands-Mères

La fête des Grands-Mères arrive ... et l'éternel débat de savoir si c'est une fête commerciale et si oui ou non il faut finalement la fêter. Peut-être est-ce mon côté fleur bleue, peut-être que ce sont les hormones qui parlent (coucou SPM !), en tout cas moi j'aime bien avoir une petite attention pour ma Maman, surtout depuis que je suis devenue Maman moi-même. Cette année, on lui offre un petit podcast familial comme on en fait de temps en temps, et j'ai trop hâte de le lui offrir ! Un truc fait maison sur lequel tout le monde déploie de l'énergie, et généralement le rendu final est toujours assez proche du joyeux bazar ambiant qui règne chez moi. Bref, demain c'est la fête des grands-mères, que vous ayez la chance ou non de toujours la ou les vôtres auprès de vous, je vous propose une petite sélection de podcasts pour rendre hommage à nos grands-mères. Mamie dans les Orties Héloïse Pierre et Marion de Bouärd Mamie dans les orties c'est un podcast génial qui part du principe que pour savoir où l'on va, il faut comprendre d'où on vient. Pour ce faire, Héloïse et Marion tendent leur micro à nos grands-mères et nous livrent des récits courts, denses et touchants. Ainsi, on découvre des pans de vie des premières femmes françaises à avoir eu le droit de voter, d'avoir un chéquier à leur nom, de divorcer, d'avorter, bref de vivre librement. Difficile voire impossible de ne choisir qu'un épisode, alors je vous encourage à écouter l'histoire d'Yvette, en 4 épisodes très courts : d'histoires d'amour, à la fuite de la guerre en passant par l'Amérique, c'est une pépite. Vieille Branche Marie Misset pour Nouvelles Ecoutes Vieille Branche c'est un podcast dans lequel Marie Misset tend son micro à des personnalités en tous genres, âgées de plus de 70 ans. La promesse ? De partir à la rencontre de quelqu'un dont les souvenirs racontent notre histoire. Et clairement, on est pas déçus. Les discussions sont sans tabou et pleines de bienveillance. Marie Misset est même plutôt drôle et sa personnalité apporte un contraste amusant et fascinant aux conversations. Je vous avais déjà parlé de Vieille Branche dans l'épisode 3 de Génération Podcast avec Marine Laroche-Joubert. Pour l'occasion de cette nouvelle sélection, je vous recommande la rencontre avec Henri Dès, le célèbre chanteur pour enfants. Forever Young Julie Marceline Pujol pour le podcast Nude Je ne veux pas vous en dire trop sur Nude car ... (spoiler !) Julie est une de mes invitées dans une sélection à venir. Cependant, je peux vous parler d'un épisode qui m'a beaucoup marquée : Jacqueline, ou Forever Young. L'histoire de Jacqueline Jencquel a défrayé la chronique car elle clame haut et fort qu'elle aura recours à l'aide au suicide avant d'être "trop vieille". Si on l'a entendu parler de la date de sa mort, peu de médias ont creusé son histoire pour lever le voile sur cette dame. Jacqueline revient sur son profond désir de liberté, sur la sexualité des vieilles, "de son penchant pour la vodka plus que pour le bridge, et de son amour pour son escort boy" de 30 ans son cadet. Cet épisode est magique. Passé Recomposé Mélie Nasr Le podcast Passé Recomposé vous invite à la rencontre des grands-parents racontés par leurs petits enfants. Mélie, sa créatrice, raconte les fragments de l'Histoire avec un grand H par le biais des histoires de famille. C'est assez fascinant d'entendre un.e autre raconter l'histoire de quelqu'un.e. Je vous propose d'écouter l'histoire de Miquelina et Joaquim racontée par leur petite fille Laura (du podcast Môme ?). La narration est très belle, les histoires aussi. Ce podcast est très émouvant, et cet épisode tout particulièrement. TW : on y parle aussi de violences familiales. Et vous, vous allez lui dire "bonne fête !" à votre Grand-Mère ? Que vous ayez la chance d'avoir la vôtre auprès de vous ou non, j'espère que vous saisirez l'occasion de découvrir les histoires de nos anciens à travers un (ou plusieurs) des podcasts sélectionnés pour cet article. Bon weekend !

Sélection : histoires de doublures, de spectre et d'alcool.

Sélection : histoires de doublures, de spectre et d'alcool.

Épisode 15 ... nouvelle sélection podcast ! Au programme aujourd'hui : Constantin Pappas : Comédien de doublage, Manéci (41min) Cher Alcool, Post-Scriptum (34 min) En Tongs au Pied de l'Himalaya, Marie-Odile Weiss et Adélie Poizman-Pontay pour Paradiso (4 épisodes d'environ 30 min) C'est parti ! Manéci épisode 1 - 41 min Est-ce que pour vous aussi, y a des métiers qui vous ont toujours un peu fasciné ? Des métiers auxquels vous n'aviez jamais trop prêté attention jusqu'au jour où vous en prenez pleine conscience et d'un coup vous avez 1000 questions à leur propos ? De mon côté, c'est le cas des doublures de cinéma. Je crois que j'en ai pris conscience lorsque j'ai commencé à bien parler anglais en vivant aux US : je ne cherchais plus systématiquement à changer la version anglaise pour une version française. J'ai commencé à réfléchir à ce métier clairement de l'ombre et pourtant tout aussi passionnant que celui d'acteur en version originale. Parfois, je me suis même surprise à me dire "oh tiens, Steve dans ce film a la même voix que Gertrude dans celui-ci !". Bref, je voulais en savoir plus. Et puis un jour, Laurent m'a écrit sur Instagram pour me parler de son nouveau podcast : Manéci. Ou Cinéma en verlan, ouech. Son objectif : braquer les projecteurs sur les métiers du cinéma, ceux qu'on ne voit pas. tu sais, la longue liste qui défile après les noms des acteurs dans les génériques de fin de films ? Ouais, eux. Je vous recommande donc le tout premier épisode de ce podcast dans lequel Laurent reçoit Constantin Pappas. Si comme moi, ce nom ne vous dit rien, sachez qu'il est le comédien de doublage de pas mal de grands acteurs, parmi lesquels Peter Dinklage, qui est Tyrion Lannister dans Game of Thrones, ou encore le cultissime Steve Carell dans The Office. J'ai adoré cet épisode car il nous offre une plongée aussi surprenante que passionnante dans ce métier assez peu et mal connu du grand public, et pour toutes les anecdotes de tournage que nous livre Constantin. PostScriptum Cher Alcool L'autre jour, sur le Discord d'Acast, une question ouverte a été posée : "quels sont les épisodes que vous avez aimés récemment ?". Ni une ni deux, la fan de recommandations de podcasts que je suis (si à ce stade là, tu ne l'avais pas encore compris, je ne sais plus quoi faire !) se précipite pour lire le sujet. Et je découvre les recommandations de Leila, une autre podcasteuse qui recommande plusieurs podcasts parmi lesquels PostScriptum. Elle en dit quelques mots, ça pique mon intérêt ... et 3 jours plus tard, j'avais écouté tous les épisodes de ce podcast. Postscriptum c'est un podcast de lettres sonores dans lesquelles des personnes ouvrent un dialogue par micros interposés entre elles. La production est canon, les sujets souvent passionnants. Et l'épisode que je souhaite te recommander s'appelle "Cher alcool". Dans celui-ci, on découvre les récits de Clara, 25 ans, et Marie, la cinquantaine qui sont abstinente et encore en plein combat contre la dépendance respectivement. Elles sont suivis au sein du même service du même hôpital. Elles racontent chacune comment l'alcool est banalisé dans nos vies et ce, depuis notre enfance, mais aussi comment cet alcool les a à un moment, libérées de leurs quotidiens, pour ensuite les tirer dans les méandres d'un enfer certain. J'ai trouve cet épisode touchant, passionnant, rythmé mais aussi très informatif. Une véritable immersion dans l'univers de ces deux femmes, parfois très sombre mais aussi plein d'espoir. Il dure 36 minutes. Si ce sujet vous intéresse, je vous recommande également d'écouter l'épisode du podcast Fracas du 7 janvier dernier qui s'appelle 'la joie de se dire sobre avec Claire Touzard" dans lequel elle est interviewée par Charlotte Pudlowski de Louie Media. En tongs au pied de l'Himalaya interview longue Alerte Pépite ! Encore une ! Je vous présentais Le journal de mes 14 ans, produit par le studio Paradiso, il y a quelques semaines. Voici un autre podcast, issu du même studio, à ne surtout pas manquer : En tongs au pied de l'Himalaya. C'est le sentiment que Marie-Odile Weiss (MOW) a éprouvé lorsqu'elle a appris que son fils, Ismaël, était autiste. Dans ce podcast divinement bien écrit, Marie-Odile s'est associée à Adélie Pojzman-Pontay (APP) pour nous livrer avec humour et tendresse le récit de la vie de la maman d'Ismaël et pour apporter des réponses à la multitude de questions que l'on se pose quand on se retrouve en tongs au pied de l'Himalaya. Quatre épisodes d'environ 30 minutes, qui allient informations précises et précieuses mais aussi humour et tranche de vie narrés à la première personne. C'est vraiment un pari réussi pour ce duo de talent. J'ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec Marie-Odile et Adélie le mois dernier. Mais qui sont ces deux nanas? Marie-Odile Weiss est maman comédienne et auteure, elle écrit surtout de la comédie, et Adélie Poizman-Pontay est pigiste spécialisée dans les documentaires audio. Marie-Odile Weiss a donc co-crée le podcast En tongs au pied de l'Himalaya titre d'un podcast qui évoque directement la sensation qu'elle a ressenti lorsqu'elle a découvert que son fils était sur le spectre autistique. Du coup, je lui ai demandé comment est né ce podcast. MOW : Alors en fait, à la toute base, j'ai joué un spectacle « Seul(e) en scène ». Lorenzo Benedetti, un des producteurs de Paradiso podcast est venu voir le spectacle. Ça lui a plu. À partir de là, il m'a proposé de créer un podcast à partir de « Seul(e) en scène ». Je me suis dit que ça serait vraiment intéressant d'aller plutôt vers une forme documentaire parce que je trouvais ça super d'aller à la rencontre d'autres personnes directement concernées par le sujet, que ça soit des autistes adultes, des parents d'enfants autistes, des éducateurs, des professionnels de santé, etc. De là, est venue cette forme de docu-fiction qui mélange des parties de mon spectacle, de la matière documentaire et de la matière journalistique. Alors une fois le scope et le concept du podcast bien définis, Marie-Odile est allée interviewer les intervenants avec Chloé Mahieu qui est une de ses amies, également réalisatrice de documentaires. Chaque personne, elles les ont interviewées pendant à peu près 2h30-3h. Ce qui est long. Donc Marie-Odile se retrouve avec une matière incroyable sauf que l'objectif c'était de faire 4 épisodes de 30 minutes. Alors, il a forcément fallu faire des choix et donc le studio Paradiso l’a présentée à Adélie qui est donc la co réalisatrice du podcast. APP : Je travaille souvent avec Paradiso, c’est une boite de prod avec qui j'ai une collaboration régulière et avec qui j'aime beaucoup travailler. En fait, on m'a parlé du projet et on m'a dit que Marie Odile cherchait une co-autrice et du coup ça me plaisait bien. Je couvre énormément dessus en tant que journaliste, beaucoup de sujets de santé mentale et de psychologie. Ce sont un peu mes sujets de prédilection. J'avais déjà, en plus, complètement par hasard, plusieurs mois auparavant, discuté avec Jeanne, la personne qui est en charge des documentaires audio et des news à Paradiso, du fait que ça faisait longtemps je réfléchissais à faire quelque chose autour de l'autisme donc elle a pensé à moi quand le projet s'est présenté et qu’il y a eu besoin d'un co-auteur, d’une co-autrice. MOW : Et puis, ça a très bien matché entre nous, donc on a travaillé à la construction du podcast pour y incorporer, du coup, ces parties de mon spectacle, la matière documentaire, la voix off et toute la partie journalistique. APP : Il y avait mes compétences d'écriture éditoriale et journalistique : comment structurer quelque chose, comment est-ce qu'on écrit pour de l'audio, parce que je pense qu'il y a une grosse différence entre écrire pour de l'oreille et écrire pour du papier ou même d'écrire pour de la comédie comme ce que Marie a l'habitude de faire et réussir à faire quelque chose de tenu, quelque chose qui soit beau, quelque chose qui respecte la personnalité et le ton de Marie-Odile, ce genre de choses… Et aussi faire, bien sûr, du fact-checking par rapport à ce qu'on mettait en avant dans l'épisode, de ce que nous avaient dit les gens dans les interviews, le côté vraiment très informatif. Je savais qu'on faisait appel à moi pour mes compétences d'écriture, mes compétences journalistiques et mes compétences de savoir prendre 30 heures de son et les transformer en 4 épisodes de 30 minutes qui fassent sens avec un angle qui raconte une histoire qui soit structurée, etc. Marie Odile, avec son histoire, avait plutôt l'expérience du fond et du sujet même si c’étaient des choses avec lesquelles j'étais quand même relativement familière, comme ça fait partie de mes centres d'intérêt. Alors, justement, les 4 épisodes qui composent ce podcast sont tous très particuliers et traitent de thématiques très particulières. Du coup, je me suis demandée si, dès le début, elles savaient qu'elles allaient parler de ces 4 thématiques très particulières et que le podcast se déroulerait en 4 épisodes ou est-ce que, finalement, ça c'était fait en dérushant les nombreuses interviews dont elle nous parlait au début? MOW : Au début, ça devait être en 3 épisodes, c'est ce qu'on s'était dit. Et après, on a finalement fait les 4. Après, ça suit quand même l'âge de l'enfant mais ça a été fait en dérushant et en se demandant comment on peut raconter cette histoire de la manière la plus claire et la plus structurée possible pour, après, finir par un sujet plus précis mais en partant de l'universel, c'est-à-dire la naissance, l'éducation, le parcours scolaire, la mort pour le 4e épisode. En fait, je me dis que chaque personne qui écoute peut se retrouver là-dedans et trouver un écho quand on est parents d’un enfant neuro typique ou neuro atypique. Après, le curseur est différent selon les problèmes évidemment mais je trouve ça important de passer par l’universel pour raconter une histoire. Je me suis demandée s’il était possible, en faisant un podcast documentaire, d’autobiographie slash fiction, de tout de même continuer à apprendre des choses sur le sujet. Parce que c'est vrai, Marie-Odile raconte son histoire et l'histoire de son petit garçon Ismaël, qui a bientôt 9 ans, elle connaît le milieu de l'autisme puisque son petit garçon est autiste et qu’il a été diagnostiqué il y a plusieurs années. Mais où est-ce qu'on place le curseur d'un partage de connaissances à une véritable enquête? MOW : Je connaissais un peu le sujet quand même, mais bien sûr ça m'a appris plein de choses par exemple le professeur Delorme, ce qu'il raconte sur les causes de l'autisme, je ne connaissais pas très bien tout ça… Changer ma vision, je ne sais pas, en tout cas d'aller à la rencontre de, par exemple, Stan… Marie Odile me raconte que sa rencontre avec ce jeune homme autiste devenu donc plus grand a été un grand moment pour elle mais que cet épisode 4 justement, sur le futur, a été le plus compliqué de tous les 4 à créer, à concevoir, à imaginer vraiment de A à Z puisque le futur on ne le connaît pas et que tous les autismes sont différents. Le but de ce podcast c'est aussi de connaître et de lever le voile sur les coulisses des podcasts que je vous recommande alors du coup j'ai demandé à Marie Odile et Adélie de me parler des moments qui les avaient le plus interpellés. MOW : Quand on a interviewé Carlotta qui est autiste avec un asperger, elle nous disait que son film préféré c'était « Gorille dans la brume » parce qu'elle s'était toujours sentie comme Diane Fossey et elle avait toujours eu l'impression qu’elle devait apprivoiser les gens, les nouveaux typiques autour d'elle et qu'elle devrait toujours faire des efforts pour les comprendre eux, que c'était sa passion. Parce que, souvent, on dit que les autistes ont des intérêts privilégiés, qu’ils sont souvent passionnés par un ou deux domaines. J'ai trouvé ça très beau. Alors on n'a pas pu le mettre dans le podcast parce qu'il n’y avait pas la place mais j'ai trouvé ça si beau, son intérêt privilégié, que ça soit justement les autres, les neuro typiques. Génération Podcast ne serait pas Génération Podcast si on ne vous livrait pas un petit peu de coulisses de vos podcasts et de mes podcasts préférés, du coup je leur ai demandé à Marie Odile et Adélie, de nous livrer quelques anecdotes sur les coulisses de l'enregistrement de En tongs au pied de l'Himalaya et sachez déjà que les enregistrements ont eu lieu pendant le tout premier confinement de 2020, ce qui fait, quand même, un challenge supplémentaire dans la réalisation de ce projet. APP : J'écrivais une partie du script, c'était au moment du premier confinement. Le premier confinement nous est tombé dessus, je pense au bout de quoi, 2 semaines après le début de notre collaboration. Il a fallu réinventer notre manière de travailler. Parfois, j'écrivais des trucs hyper informatifs et laissais des commentaires à Marie-Odile en disant : « reformule ça de manière plus drôle, ajoute des blagues, etc. ». MOW : C'est vrai que c'était intéressant de se retrouver en plein confinement, à devoir écrire ce podcast et en plus on avait quand même le calendrier parce qu'en fait on voulait le sortir et ça c'est normal on devait sortir le premier épisode pour le 2 avril, qui est la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Il y a eu le confinement, on avait énormément de travail en plus pour enregistrer le podcast mais les studios étaient fermés, les studios d'enregistrement. Du coup, personne ne s’est démonté, tout le monde était motivé et la prod est venue chez moi construire un studio d'enregistrement, dans ma petite chambre. Donc on travaillait avec Adélie en zoom, on commence les enregistrements et là on se rend compte qu'en fait le micro, je ne sais pas comment, capte une radio pirate dans la rue et là on s’est dit, bon c'est pas possible… C'est vrai qu'à chaque fois que je m'enregistrais, il y avait des bruits de musique et en plus la radio durait H24, c'est-à-dire que ces gens ne prenaient pas de pauses! On s’est dit : on ne va jamais réussir à terminer ! « En tongs au pied de l’Himalaya », on était vraiment dans le sujet… mais bon au final, c'est là où c'est super, c'est que tout le monde a été extrêmement motivé, au taquet… Vous l'aurez compris, Adélie et Marie-Odile ont su mener cette course de saut d'obstacles avec brio en écrivant et en sortant un podcast en plein confinement avec enfants à la maison, la radio pirate, absolument tout… Et puis, vient le 2 avril, la sortie du podcast à l'occasion de la journée internationale de sensibilisation à l'autisme. Alors, je leur ai demandé comment est-ce que ce podcast avait été reçu? Ça fait presque un an aujourd'hui qu'il est sorti et puis je me suis demandée aussi si le fait d'avoir raconté son histoire personnelle dans le podcast ça rajoutait pas un petit trac supplémentaire. MOW : Oui bien sûr, il y avait beaucoup d'appréhension évidemment, beaucoup de peur aussi de l'excitation de pouvoir faire partager ce projet qui me tenait tellement à cœur. On a eu des bons retours, enfin, en tout cas moi personnellement, j'ai eu de très bons retours sur le projet, c’est pour ça aussi qu’on fait des projets comme celui-ci. C’est des mails de gens concernés, de parents, de personnes concernées par le sujet qui m'ont dit que ça les avait touchés qu’ils s'étaient reconnus dans toutes ces histoires. APP : L'accueil presse a été très bon aussi, on avait eu un super article dans Télérama et je pense aussi que le fait que ce soit incarné par Marie-Odile, enfin moi j'ai plusieurs personnes qui ne sont pas journalistes, qui suivent mon travail depuis longtemps et qui ont été beaucoup touchées par « En tongs au pied de l'Himalaya » parce que je pense que c'est des gens qui étaient parents par ailleurs, qui ne connaissaient pas ce que ça voulait dire le milieu de l'autisme, ce que ça voulait dire d'avoir un enfant autiste ou quoi que ce soit. La narration à la première personne et le témoignage de Marie Odile a vraiment été une porte d'entrée qui a permis pour des parents de pouvoir un peu se projeter dans cette position. Ça a touché plus que si ça avait été juste un documentaire sur l'autisme. MOW : C’était vraiment l’intérêt du projet, de mélanger ces parties de mon spectacle qui racontent ma vie avec justement cette matière documentaire, cette matière journalistique et qu’il y ait plusieurs portes d'entrées, que ça soit un objet complet. En voyant, puisqu'on a fait cet enregistrement en vidéo, l’alchimie et la bonne ambiance qui semble régner entre ces deux autrices, je leur ai demandé si on pouvait les retrouver sur un futur projet commun, peut-être, un podcast. A priori, elles n'y avaient pas réfléchi avant ma question mais elles y semblent ouvertes. APP : J'aime beaucoup travailler avec des gens qui ne viennent pas du milieu du son et du milieu de du podcast. Il y a quelques années, quand je travaillais à Louie Media, j'avais accompagné une journaliste de Madame Figaro pour faire un podcast documentaire qui s'appelait « Happiness therapy ». On était toutes les deux journalistes mais c’était quelqu'un qui venait de la presse écrite, du magazine féminin, qui ne sont pas du tout mes milieux et c'est vrai que ce travail de transformer pour que ce soit de l'écriture pour les oreilles est quelque chose qui me plaît beaucoup. Ce ne sont pas les mêmes techniques, ni les mêmes codes d'écriture. Et comme j'ai adoré découvrir l'univers de ces 2 podcasteuses, de ces deux autrices, je leur ai demandées ce que le futur leur réservait. Où est-ce qu'on pouvait les entendre, les lire ou les voir ? APP : Moi, ça fait plusieurs années, ça doit faire 4 ans à peu près que je travaille sur un podcast indépendant en tant que productrice et journaliste. Un podcast indépendant, en anglais, qui s'appelle « Here there be Dragons ». Chaque saison est indépendante l'une de l'autre. Dans chaque saison, on va dans une ville différente pour essayer d'explorer ce que veut dire la notion d'insécurité pour les résidents de la ville en partant un peu du principe que l'insécurité est vraiment quelque chose dont les politiques adorent parler pour dire qu'il y a beaucoup d'insécurité autour de nous mais personne ne se pose vraiment la question de comment est-ce que les résidents vivent leur ville? Où est ce qu'ils ressentent de l'insécurité et pourquoi? C'est un podcast qui est fait en collaboration avec une urbaniste et architecte américaine et on explore une ville à chaque fois. La 3eme saison de ce podcast sort le 28 janvier et on va partir à Stockholm pendant toute une saison. Ça va être diffusée jusque juin prochain. MOW : Il y a des projets sur lesquels je travaille mais je ne peux pas faire d'annonce mais j'ai mon spectacle. Pour l'instant, les théâtres sont fermés donc j'espère pouvoir rejouer bientôt mon spectacle dès que les théâtres seront réouverts. Je pense que j’ai tout donné pour vous donner vraiment envie d'aller écouter « En tongs au pied de l'Himalaya ». Concerné ou pas concerné par l'autisme, c'est un podcast d'utilité publique et vraiment à ne pas manquer. Et puis, une fois que vous écouterez vous comprendrez ce qui suit et sachez que j'ai demandé à Marie Odile, elle a enfin réussi à résilier Canal Plus. Allez, hop, filez écouter ces 3 pépites et venez me raconter ce que vous en avez pensé !

Sélection de podcasts pour enfants : Journée du conte de fées

Sélection de podcasts pour enfants : Journée du conte de fées

Saviez-vous qu'aujourd'hui c'est la journée nationale du conte de fées ? Le Larousse définit le conte de fées comme un récit, en général assez court, de faits imaginaires. Je trouve qu'il manque certaines choses à cette définition (oui, oui, je corrige le Larousse, j'ose !). Pour moi, un conte de fées est merveilleux, il fait appel au fantastique, et transmet des traditions, ou des histoires issues du fameux "folklore populaire". Pour célébrer cette journée, j'ai fait appel aux abonnés du compte instagram de Génération Podcast et je vous ai préparé une sélection de podcasts de contes à écouter avec vos enfants : c'est parti ! SOS Super Maman Une recommandation de Marine Baousson Ce podcast qui se définit comme "le SAV des parents désemparés et enfants à croquer" est drôle et captivant. Feel good assuré ! Une à deux fois par semaine, celle qui est connue sur les réseaux comme One Maman Show propose un nouvel épisode court (moins de 10 minutes). C'est coloré, les bruitages sont faits maison avec des jouets (brillant, je vous dis !) et les chansons sont juste géniales. Les p'tites histoires Une recommandation de moi-même, Anne-Fleur :D Les P'tites Histoires c'est le podcast d'histoires pour les 6-10 ans. Tous les mardis, Mathieu Genelle leur raconte des histoires courtes (2-3 minutes) et tous les jeudis, une histoire plus longue (10-15 minutes). Déjà près de 200 sont déjà disponibles ! Du sound design aux histoires en elles-mêmes : tout est canon ! Envolées contées Une recommandation de Laetitia Envolées contées c'est un nouveau podcast, issue du confinement et sorti à la fin 2020. Ce podcast a pour objectif d'aider les enfants à rêver, imaginer ou même s'évader, alors qu'ils sont confinés. Les épisodes durent entre 5 et 10 minutes. Pour les 3-10 ans, ces histoires sonores m'ont fait voyager : pari réussi ! Une histoire et ... Oli Une recommandation de Dorothée Il s'agit d'une série audio créée par France Inter, proposant des contes pour les 5-7 ans. Les histoires sont racontées par des voix que les plus grands connaissent parmi lesquelles Delphine de Vigan, Guillaume Meurice, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosney ou encore Claude Ponti. Les épisodes durent environ 10 minutes. Encore une histoire Une recommandation de Laetitia, Nadia et Marie On y raconte les histoires des livres jeunesse mais aussi des créations originales. Les épisodes durent entre 5 et 10 minutes. Un podcast produit par Benjamin Muller, interprété par Céline Kallmann et réalisé par Alexandre Ferreira. L'école des loisirs Une recommandation de Sophie et Laetitia Cette production de Paradiso est une pépite. On y raconte les histoires intemporelles de ces livres que je dévorais étant petite : les histoires de l'école des loisirs. Les épisodes durent entre 5 et 10 minutes en général. L'accès se fait sur abonnement (payant). Les histoires de Millie D Une recommandation de Sylvaine Vos enfants ont 1000 questions ? Ça tombe bien. La fée Millie D de ce podcast Suisse, elle aussi, très curieuse et embarque vos enfants à la découverte de la Suisse tout en répondant à leurs questions. Environ 10 minutes, tous les dimanches. Divertissant et éducatif ! Voilà pour ce petit tour d'horizon ! Et vous, vous avez des recommandations à partager ? Direction ce post pour me partager vos suggestions en commentaires ! Génération Podcast c'est le podcast qui t'en recommande d'autres et fait passer les podcasteur.euse.s qui m'inspirent de l'autre côté du micro. Un nouvel épisode sort tous les dimanches ! Voici le dernier épisode ci-dessous.

De l'autre côté du micro avec Fabrice Florent (Histoires de darons, de mecs, de succès)

De l'autre côté du micro avec Fabrice Florent (Histoires de darons, de mecs, de succès)

Tous les 15 jours, j'invite un ou une podcasteur.euse de talent, connu ou moins connu, pour découvrir ce qui l'a inspiré à se lancer, son quotidien de créateur (ou créatrice) de podcasts, ce qu'il ou elle écoute, et ainsi le ou la faire passer de l'autre côté du micro. Aujourd'hui, je te présente Fabrice Florent, aka FabFlo. Fabrice est le créateur de 2 podcasts Histoires de Darons et Histoires de Succès et le co-créateur de Histoires de Mecs, feu Boys Club. Mais si le nom de Fabrice te dit quelque chose, c'est peut-être également car il a créé l'un des tous premiers médias en ligne féministe, le magazine Mad'moizelle, qu'il appelle "Mad" dans l'épisode. Avec Fabrice, nous revenons sur son attrait pour les podcasts, et sur les tous premiers podcasts auxquels il a adhéré dès 2013 et sur la démarche fondamentalement féministe qui l'a mené y a une dizaine d'années à écrire un bouquin sur la première grossesse de la mère de ses enfants, puis à créer Histoires de Darons en 2017. On discute aussi de sujets polémiques comme "pour ou contre filmer les podcasts", et enfin Fabrice partage des conseils pour lancer son propre podcast. Petit disclaimer : au bout d'environ 15 minutes, un invité surprise a débarqué sur mes genoux jusqu'à la fin de notre entretien. Il s'appelle Felix, il a deux ans et est très sympa. Normalement, cela ne pose pas de problème dans l'épisode mais si vous voulez rigoler un peu, je vous ai mis quelques moments coupés au montage après le générique de fin, avec les bloopers que je vous partage toutes les semaines. Allez, installez-vous confortablement, je vous (re) présente Fabrice Florent. Fabrice écoute des podcasts depuis 2013 ! Et il a une culture podcastique assez incroyable. Alors voici sa liste de podcasts : du premier écouté au dernier qu'il a bingé, il nous dit tout ! Le tout premier podcast qu'il a écouté : Le Donjon de Naheulbeuk, les premiers mp3 des récits d'aventure Les premiers 'vrais' podcasts qu'il a écouté : Studio 404 de qualiteR et Les invités de mes invités sont mes invités par Navo Deux épisodes chouchou de Histoires de Darons : Bernard, 70 ans, Mon daron, et ses 40 ans de paternité (son papa) et Barthélémy, papa à 22 ans avec une inconnue thaïlandaise L'épisode qui l'a profondément marqué : La délicatesse des gang bangs de Anouk Perry Le podcast dont il ne manque pas un épisode : Laisse moi kiffer par Mad'moizelle Le dernier podcast qu'il a écouté : 100 VDB par minute Le dernier podcast qu'il a bingé : Qui est Miss Paddle par Judith Duportail pour Pavillon Sonore Écoute l'épisode avec Fabrice Florent juste ici. Crédit photo : Chloé Vollmer-Lo Anne-Fleur Andrle : Salut, comment ça va? Fabrice Florent : Ça va très bien, écoute. Merci de te lever aussi tôt pour moi, c’est sympa. Anne-Fleur Andrle : Avec grand plaisir. Merci en tout cas d'avoir accepté mon invitation à venir me parler un peu de l’autre côté du micro. Est-ce que tu pourrais me décrire, là tout de suite d’où tu me parles? Fabrice Florent : Je te parle depuis mon appartement, dans le 20e arrondissement à Paris où je suis devant mon ordinateur et dans mon bureau où je passe le plus clair de mon temps, entre ici et le canapé à 3 mètres. Anne-Fleur Andrle : Est-ce que tu pourrais te prêter au jeu des présentations? Me dire ce que tu fais dans la vie? J'ai une bonne idée de ce que t'as fait dans la vie mais moins de ce que tu fais aujourd’hui. Fabrice Florent : Je suis papa parce que je pense que c'est un truc que les mecs ne disent pas assez, d'une manière générale. Je suis papa de 2 filles qui commencent à devenir immenses, qui ont 15 et 13 ans. Ce que j'ai fait, en fait, c'est que j’ai monté ce magazine qui s'appelle « MadmoiZelle.com » en 2005, donc il y a un bail maintenant, qui était, enfin qui est toujours, un magazine que j'ai lancé à l'époque comme un magazine féministe et progressiste à l'époque où ce n’était pas aussi cool d'être féministe qu’aujourd’hui. D'ailleurs, je ne l'avais pas appelé féministe à l'époque parce que je ne savais même pas trop ce que le terme voulait dire. C'est venu un peu plus tard vers 2009, 2010. J'ai fait ça pendant 15 ans, beaucoup de travail, beaucoup de prises de tête. En fait, c'était un magazine autofinancé et monter un média sur le web ce n’était pas forcément évident mais alors réussir à faire vivre un magazine web de cette envergure là parce qu'il y avait, quand j'ai quitté, 25 personnes, quand même, qui étaient salariées à plein temps, en étant autofinancé c'est une autre paire de manche. C'était vraiment une magnifique aventure que j'ai décidé d'arrêter et de quitter en fait. Pas arrêter l'aventure parce que c'était pas du tout mon objectif, mon objectif c'était que le magazine perdure après moi. Je l'ai revendu à ce groupe qui s'appelle Humanoïde en juillet dernier, pour faire je ne sais pas quoi. Je ne m'imaginais pas rester dans le projet au sein d'un groupe un peu plus grand ou même d'un groupe pas très grand comme celui d’Humanoïde moi mon idée c'était le jour où je le revends, il faut que je le quitte pour faire autre chose, c'était vraiment mon objectif. En fait, je suis content parce que je crois que j'ai réussi à trouver le bon revendeur, c’était un vrai truc compliqué à faire. L'autre truc dont je suis content, c'est qu’ils ont accepté de racheter le magazine sans moi. Anne-Fleur Andrle : Souvent, ils te demandent de rester au moins un an pour la transition. Fabrice Florent : Au moins un an, en général c'est plutôt 2 ou 3 et en fait moi, vraiment, je sentais que j'avais fait le tour et qu’il était temps de passer à autre chose dans ma life donc ils ont accepté ça aussi et je suis, aussi, fier de ce que j'ai pu accomplir, on va dire ces 2, 3 dernières années parce que j'ai réussi à faire en sorte que le magazine ne repose plus uniquement sur moi et de réussir à faire monter les N-1 en compétences au fur à mesure, d'accentuer cet aspect-là pour que le magazine n’ait plus besoin de moi pour subsister. Quand j'ai quitté le magazine, le seul truc que j'avais en tête c'était de continuer à faire mes podcasts. Donc à l'époque, j'en avais 2 que je faisais déjà depuis quelques temps. « Histoires de Darons » je l'ai lancé en 2017 pour retrouver un projet. Je commençais un peu à tirer la langue en fait à l'époque, en tant que boss de MadmoiZelle, c'était déjà un peu compliqué. Je m'en suis rendu compte vraiment, après coup. J’ai tellement été habitué, quand t'es patron, à baisser la tête et de rentrer dans les obstacles que tu ne fais pas forcément toujours gaffe à ta propre santé mentale et moi je sais que j'étais déjà dans le dur à l'époque et donc je cherchais un projet où j'aurais pu décider tout seul, le lancer tout seul, avoir une idée le matin… En fait, un peu comme quand j'ai démarré Mad, c'était vraiment une toute petite équipe et en fait je pouvais décider d'un truc le soir, le développer pendant la nuit, le lancer le lendemain matin. C'est sûr quand tu es une boite de 25, tu ne peux plus faire ça. Tu ne vas pas te pointer en disant « coucou les gens, bienvenue j'ai tout changé le site », ça ne se fait pas donc je recherchais à retrouver un projet ou je pourrais être seul aux commandes et de pouvoir mettre les mains dans le cambouis… Anne-Fleur Andrle : Tu voulais revenir aux racines de l'entreprenariat. Fabrice Florent : Oui c’est ça, en tout cas, aux racines de l'entreprenariat telle que j'ai monté ma boîte. J'aime beaucoup l’idée artisanale dans laquelle j'ai monté MadmoiZelle et c'est sûr que c'est plus compliqué de faire de l'artisanal à 25 que quand tu es tout seul mais effectivement je voulais retrouver un truc où j'étais le seul décideur bon même si chez Mad j'étais décideur bien sûr à la fin parce que quoi qu'il arrive j’étais le boss mais où j'étais le seul décideur et ou je pouvais refaire des trucs tout seul. En fait, j'ai commencé, à lancer ce podcast, à côté de mon de mon job de boss, pour donner la parole à des pères parce que c'est un truc qui me touche beaucoup depuis quelques années, enfin depuis que je suis père en fait, globalement. J'avais lancé ce blog à l'époque de la première grossesse de mon ex-femme. Je me suis dit, il va se passer des trucs bizarres pendant cette grossesse, il faut que j'écrive quelque part et j'étais en même temps en train de lancer MadmoiZelle donc c'était une période assez créative et créatrice. De fil en aiguille, c'est devenu un livre. C'était pas du tout prévu à la base, moi je voulais juste compiler les textes de blog, les imprimer et les offrir à ma femme le jour de l'accouchement en lui disant : « Tiens, tu as quelques jours à la maternité, ça te ferait marrer de voir un petit peu ce qui s'est passé dans ma tête pendant tout ce temps-là ». En fait, de fil en aiguille elle m'avait fait promettre de ne pas les lire en échange que j'envoie ce que j'avais écrit à un éditeur, idée saugrenue parce que moi je n’avais jamais eu dans l'idée de publier un livre dans ma vie. J'ai fini par faire ça et en fait je suis tombé sur une directrice éditoriale qui sortait de grossesse et à l'époque il n’y avait pas beaucoup de pères qui se livraient sur internet. Moi j'avais décidé de garder l'anonymat sur ce projet-là, je ne voulais pas le mêler à MadmoiZelle d'une manière ou d'une autre donc j'étais très libre d'écrire ce que je voulais écrire et au final l'éditeur m'a proposé de signer un deal avant même que le livre soit fini, avant même que ma fille naisse. C'était bizarre, une histoire assez folle, en fait, quand j'y repense sur le moment, je n’ai pas vraiment calculé ce qui était en train de se passer pour moi, c'était normal. Quand je vois à quel point le livre a eu un franc succès, c’était vraiment une chouette aventure. Anne-Fleur Andrle : Comment il s'appelle le bouquin? Fabrice Florent : Il s'appelle « Futur papa » l'édition originale est sortie en 2007 mais il n’est plus dispo. J'ai racheté les droits et donc il est encore disponible çà et là. En vrai, je ne l’ai jamais lu et je pense qu'il a un peu mal vieilli parce que tu vois, je ne suis pas sûr que je réécrirai tout ce que j'avais écrit à l'époque. Aujourd’hui, j'ai évolué sur tellement de choses. En tout cas, ce que je raconte c'est vraiment ce qui s'est passé parce que je n’ai pas voulu du tout le relire parce que je savais pertinemment que ce que j'avais pu écrire au début de la grossesse, 9 mois plus tard, ça serait un peu ridicule alors qu’à l'époque c'était des vrais trucs que je ressentais, des peurs, des doutes que tu finis par surpasser, par combler, par gérer de plein d'autres façons. Ce qui est marrant c'est qu’après ce bouquin, j'ai reçu plein de mails de père qui me disaient « Merci de dire tout haut ce que je pense tout bas ». Je me suis rendu compte au fil de l'eau que les mecs, non seulement ils ne parlaient pas mais en fait on ne leur offre pas forcément non plus de tribune pour parler. D'une manière générale, les mecs parlent beaucoup dans cette société mais, en tout cas, pas pour parler de trucs qui comptent, c'est à dire de leurs émotions, de ces moments-là particuliers dans la vie d'un mec qui est « OK, je vais devenir père. Qu'est-ce qui va se passer? » ça n’existait pas des masses. Donc je me suis dit : « Let's Go, lance ton podcast ». J'ai utilisé Verino comme cobaye qui est un humoriste, qui est devenu très connu après en France. Il l’était déjà un peu, il avait déjà sa petite notoriété mais on avait un peu parlé de paternité avec lui et je lui avais dit « écoute ça me ferait plaisir que tu viennes parler ». Ce premier épisode était canon vraiment, j'en étais très fier, pas forcément de la façon dont j'ai mené l'interview mais de tout ce qu’il me racontait. Je me suis dit : « ok il y a sans doute un truc à creuser ». Donc, voilà, je me suis lancé là-dedans et j'en sors un tous les 15 jours depuis septembre 2017, donc il commence à y avoir pas mal d'épisodes. Anne-Fleur Andrle : Et puis septembre 2017, c'est les tous premiers podcasts qui cartonnent en France, aussi, non? Fabrice Florent : Chez MadmoiZelle, on en faisait déjà pas mal. La première occasion d’avoir fait des podcasts chez MademoiZelle, c'était cette émission en live qui s'appelait « L'émifion » avec Navie et Sophie-Marie Larrouy qui était une émission sur le sexe. En fait, on le diffusait en live à l'époque, pas sur Twitch mais sur YouTube, deux mardis soirs par mois. Ça cartonnait et je m'étais dit ok en fait il y a cette plateforme qui existe, qu’on n’utilise pas trop mais je te parle de ça, c'était en 2013, 2014. Je m'étais dit que ça serait bien d'utiliser le podcast pour en faire un replay parce que quoi qu'il arrive, ce live qu'on sortait en vidéo, il était très écoutable en podcast, en audio seul. Donc on a commencé par là et au fil de l'eau, Louise Pétrouchka, qui est devenue, aujourd'hui une figure de la scène podcast en France, je lui ai demandée, à l'époque, si c'était okay de produire des podcasts fait maison chez MadmoiZelle. Ça faisait quand même un an qu'on en produisait très régulièrement. Anne-Fleur Andrle : Vous avez dû être parmi les premiers quand même en France. Est-ce que tu te souviens, du coup, du tout premier podcast que toi t'as écouté, qui t'a plu, où tu t'es dit c'est un média que j'ai envie de consommer. Fabrice Florent : Je pense que l'un des tous premiers podcasts que j'ai écouté, c'est à dire avant, tu vois t'avais le fameux « Donjon de Naheulbeuk » qui n’était pas un podcast, qui était juste en MP 3 sur un site que t'écoutais sur ton ordinateur. Ceci dit, aujourd’hui, ça pourrait être un podcast mais c'était juste que tu ne le consommais pas de la même façon, tu ne le consommais pas sur ton smartphone. J'ai écouté pas mal de fichiers MP 3 comme ça, où je me disais que le format audio c’était intéressant mais d'un autre côté on était dans une société qui était vraiment trustée par l'image, à fond. Youtube était en train d'exploser à l'époque. C'est compliqué comme question après comme podcast, je pense que le vrai, l'un des premiers trucs qui m'a fait kiffer, c’était d’écouter le studio 404. Je ne sais pas si tu connais ce podcast avec équipe « Qualiter » qui était une émission, genre sur le numérique. Ils faisaient ça je pense 2 fois par semaine. Sociétal et numérique, il y avait des chroniqueurs et ils prenaient la parole à tour de rôle et à chaque fois il y avait des débats, enfin c'était vraiment très cool. Après, il y avait Navo aussi, qui, je pense vers 2013, 2014, avait fait des podcasts avant que ce soit cool aussi. Navo qui est le coauteur de Kyan (Khojandi) notamment. Il avait acheté tout un tas de matos qu'il a dû utiliser, je pense, 5 fois et puis après il n’en a plus jamais fait. Mais vraiment il avait acheté un matos fou. Il avait un podcast que j'écoutais beaucoup, il s'appelait « les invités de mon invité sont mes invités » où il invitait quelqu'un et cette personne amenait d'autres invités. Ça fait partie des premiers trucs où je me suis dit « OK c'est cool ». En fait, d'une manière générale, moi je faisais déjà beaucoup d'interviews sur MademoiZelle, en vidéo, sur youtube, à l'époque. En fait, le format interview, le format discussion, c'est toujours un truc qui m'a beaucoup plu. Anne-Fleur Andrle : Cool, et c'est vrai que je suis toujours assez impressionnée quand j'écoute tes épisodes. Du coup, on a parlé un petit peu de « Histoires de Darons ». Chronologiquement, comment est-ce que t'es arrivé à créer les 2 autres donc « Histoires de mecs » et « Histoires de succès » et j'aimerais bien en fait comprendre un peu ton cheminement. Quels sont tes objectifs avec ces 3 podcasts? Qu'est-ce que t'essayes de communiquer vraiment à tes auditeurs? Finalement, est-ce que ce sont les mêmes personnes qui écoutent ces 3 formats ou est-ce que tu as 3 audiences différentes? Fabrice Florent : Je vais faire ce qu’en général tous les invités font quand tu poses plusieurs questions, c'est que tu réponds toujours à la dernière. Je ne sais pas, c'est à dire que je pense que j'ai des gens qui m'écrivent en me disant qu’ils écoutent les 3. J'ai des gens qui me disent qu’ils écoutent juste « Histoires de Darons » ou alors qu'ils écoutent « Histoires de succès » mais « Histoires de Darons » ils n’y arrivent pas, la masculinité ne les intéresse pas donc ils n’écoutent pas « Histoires de mecs ». Je t'avoue que c'est l'un des trucs, aujourd’hui, qui fait aussi le charme du podcast, c'est que les analytics, d'une manière générale, et les stats, ne sont pas vraiment au top du game. C'est, à la fois cool et en même temps ça permet à plein de cowboys de raconter n'importe quoi sur leurs audiences mais là c'est bien parce que j'ai l'impression que le marché est en train de se structurer par rapport à ça. Moi c'est un truc que j'ai beaucoup subi sur MadmoiZelle d'une manière générale, par rapport au marché de la pub, notamment, c'est qu’à l'époque les gens racontaient tout et n'importe quoi sur leurs audiences, au tout début, avant que Nielsen arrive ou avant que NetRatings arrive, etc. Après, ces trucs-là sont sortis et tu te rends compte que tu peux acheter des visites, tu peux acheter des clics, tu peux acheter tes trucs et moi c'est toujours un truc qui m'a assez fasciné, je ne comprends pas. Enfin, si, d’un point de vue business, je comprends l'intérêt de faire ça parce que ça permet de pouvoir ramener des campagnes de pub mais moi je n’ai jamais voulu tricher dans quoi que ce soit. Je préfère juste être honnête avec moi-même, avec l'audience que je fais, je trouve que ça ne sert à rien, d'autant plus que l'audience de mes podcasts marchent suffisamment bien aujourd'hui pour que je puisse en vivre donc à quoi ça sert d'aller chercher plus haut quoi? Après, pour te répondre sur ta question de la chronologie, c'est à dire qu’une fois qu’Histoires de Darons est sorti, chez MademoiZelle, j'ai beaucoup formé les équipes et en fait pendant toute une période c'est moi qui faisais les interviews sur YouTube qui sont en vidéo ou je ne suis pas face Cam. Je suis juste derrière la caméra et mon invité est face à la caméra et en fait au fil de l'eau, j'ai commencé à former les équipes à interviewer à leur faire des retours sur leurs interviews, à les laisser aller faire et en fait de fil en aiguille je me suis rendu compte qu’il y avait de plus en plus de monde qui était capable de faire des interviews et après elles se formaient entre elles donc en plus ça marchait très bien au sein des équipes. Je me suis retrouvé à ne plus jamais faire d’interview parce que toutes les interviews cools et les invités cools qui passaient par chez MadmoiZelle, elles les prenaient. Et en fait, moi, d'un autre côté, super cool aussi qu’il y ait des voix féminines derrière MadmoiZelle mais je finissais par ne plus faire aucune interview. Et un peu comme je te disais, j'étais, moi-même, un peu en souffrance et j'avais un peu du mal à vivre le quotidien. J'avais plus aucune zone de plaisir, en fait, c'est à dire que pour moi ces interviews, c’étaient vraiment des bulles d'air. Alors, Je me suis dit « En fait, arrête de t'emmerder, créer ton propre podcast d’interview et fais-le à côté de MadmoiZelle ». Et si le podcast peut être relayé sur MadmoiZelle parce que l'interview peut plaire au public de MadmoiZelle tant mieux, sinon, interview juste les gens que t’as envie d’interviewer quoi. C'est pour ça que j'ai fait « Histoires de succès ». Il y avait un autre truc aussi, l’un des trucs frustrants à la fin chez MademoiZelle, c'est que je faisais en sorte de mettre en avant des jeunes femmes parce que c’était un peu l'objectif aussi donc forcément parfois je passais à côté d'artistes que j'aurais bien aimé interviewer mais on préférait mettre la priorité sur les meufs. Donc je me suis dit c'est cool si tu peux récupérer un podcast où tu peux venir parler de plein de sujets qui t'intéressent toi sans pour autant être dans MadmoiZelle, c'est venu comme ça. J'avais, en plus, en tête à l'époque de commencer à vendre Mad d'une manière ou d'une autre, en tout cas, je commençais à avoir les premiers contacts et je m'étais dit que ça serait pour moi l'occasion de continuer à faire ça. Anne-Fleur Andrle : Okay, donc du coup tu me racontais pour « Histoire de succès » et comment est-ce que tu en es arrivé à créer « Histoires de mecs » ? Alors, je trouve ça vachement intéressant le concept de parler de sa masculinité et est-ce que tu connais les discussions qu’un acteur américain à lancer sur ce sujet, Justin Baldoni, ça te dit quelque chose ? Fabrice Florent : Bien sûr, c'est comme ça que j'ai commencé à réfléchir à ce sujet, il a fait un livre sur ce sujet qui a cartonné où justement il parle de ça, de son rapport à la masculinité. Mais il faut rendre à Mymy ce qui lui appartient, c'est à dire que globalement ce n’est pas moi qui ai lancé « Histoires de mecs » qui à l'époque s'appelait « The boys club » sur MadmoiZelle. C'est un podcast qu’on a lancé quelques mois après « Histoires de Darons » où Mymy, c'est un truc qu'elle avait en tête depuis longtemps, elle bossait sur la rubrique masculinité de MadmoiZelle depuis 2013, 2014 donc en amont de toutes ces questions où, notamment, il y avait une vidéo d’un mec qui racontait qu’il s'était fait violer. C’étaient vraiment des sujets durs et elle a beaucoup bossé là-dessus. Comme elle le dit au début du tout premier épisode, en gros, les mecs j'ai attendu très longtemps que vous sortiez un podcast pour parler de vos problèmes à vous, apparemment, comme aucun d'entre vous ne le fait, je vais finir par le faire. Il s'avère que j'ai coanimé ce podcast pendant plusieurs années pour une raison simple en fait c'est que quand on a un peu testé auprès des premiers invités qu’on voulait avoir, l'idée de parler de masculinité, la plupart lui ont dit écoute nous on veut bien venir parler de ce sujet-là mais, en revanche, d'avoir une discussion en tête-à-tête avec juste une femme, c'est relou donc ça serait bien qu’il y ait un mec dans le Game. Moi je ne voulais pas du tout intervenir là-dedans, Mymy a fini par me dire « viens on va co-animer ensemble ». Elle a fait ça pendant 2 ans avant de le mettre en pause fin 2019 ou début 2020 parce qu’elle avait un peu fait le tour et moi j'avais d'autres chats à fouetter à l'époque, justement, gérer MadmoiZelle. Je ne voulais pas me rajouter un podcast en plus parce que, l'air de rien, j'en sortais quand même un par semaine à côté de mes activités de boss. Ça prend du temps et en fait quand la vente s'est passée j'ai proposé au repreneur de récupérer le flux et le Boys Club pour le reprendre à mon nom, sans Mymy cette fois et ils ont accepté. Ce qui fait que j'ai récupéré un 3e podcast. J'ai mis, longtemps, celui-là, à accepter de m'y mettre parce que j'avais un peu peur de me lancer dans le sujet de la masculinité, assez bizarrement. Anne-Fleur Andrle : Pourquoi ? Fabrice Florent : C'est un sujet sensible en fait aujourd'hui en 2020, 2021 parce qu'en fait je donne la parole à des mecs et je sais que c'est à la fois très libérateur pour plein de mecs et je pense qu’il y a aussi plein de femmes qui ne sont pas forcément prêtes à entendre ce que les mecs ont au fond de leur cœur. Parfois, des trucs sont dérangeants. On a des mecs qui sont venus raconter qu’avant de rencontrer la copine avec laquelle ils sont, ils étaient des scoreurs. Anne-Fleur Andrle : J'en ai écouté et effectivement, il faut, en tant que femme, en tout cas, moi, j'ai dû me faire un petit peu violence pour passer au-dessus et ensuite écouter l’histoire parce qu’au début t’es juste révoltée quand t'écoutes ça, tu te dis : c'est quoi cette histoire. Et en fait, il y a une belle histoire, une belle personne derrière et c'est très intéressant de comprendre le raisonnement, comprendre les schémas la société, finalement, qui forgent les mecs avec lesquels on vit. Fabrice Florent : Exactement, je pense que c'est un truc qui est aujourd'hui un peu touchy pour plein de bonnes raisons et j'ai mis un peu de temps avant de m'y remettre mais globalement, après je l'ai renommé « Histoires de Mecs » pour essayer d'avoir un peu de cohérence entre les 3 podcasts. Anne-Fleur Andrle : Je voudrais juste revenir, du coup, sur les 2 premiers que tu faisais déjà quand tu bossais chez MademoiZelle. On dit que le podcast c’est très très très très chronophage entre la recherche de l'invité, la préparation d'entretien, la post-production, la communication. Concrètement, comment as-tu fait pour gérer un poste de patron de boîte qui marche, du boulot et des podcasts qui marchent ? Ça fait une grosse charge de travail. Fabrice Florent : Les 2 dernières années, j'ai fait monter en compétence les équipes, très fort, et, au fil de l'eau, j'ai fini par récupérer du temps. Globalement, je n’ai jamais trop dormi pendant les années MademoiZelle. Là, je redors de façon folle, je fais des nuits de 8h, avant j'étais incapable de faire des nuits de 8h, j'étais incapable de me coucher avant 2h, 3h du mat donc si tu veux ça te laisse du temps pour faire du montage. Et puis je faisais des allers-retours entre Lille et Paris, à l'époque je vivais dans ma maison à Lille avant que je ne me sépare de ma femme. Et en fait, je prenais ce temps de train pour faire du montage. Mais à côté de ça, après, je vais assez vite à monter, trouver des invités c’est pas ce qu’il y a de très compliqué avec le petit carnet d'adresses que j'avais au départ. Puis, après au fil de l'eau j'ai fini par l'ouvrir à des anonymes et là les appels à témoignages sont arrivés un peu tout seul. Anne-Fleur Andrle : Est-ce que tu pourrais me dire ce que les podcasts que tu crées t’apportent au quotidien? Fabrice Florent : Ça c'est dur à dire parce que, déjà, en tant qu’intervieweur, je crois que j'ai appris tellement de choses de la part de mes invités dans tous les domaines possibles. Que ce soit sur les 3 sujets différents, ces gens-là me nourrissent en fait et j'ai l'impression, en plus, que ça va dans les 2 sens c'est-à-dire qu’en menant l'interview, j'ai l'impression de les nourrir aussi, en tout cas, de les inciter à leur sortir les vers du nez, si tu veux, ou du cerveau. Déjà, ça c'est vraiment beaucoup et puis après le feedback des auditeurs et des auditrices, c'est vraiment un truc qui est hyper important pour moi. C'est l'une des frustrations que j'ai aujourd'hui sur le podcast, c'est que c'est assez compliqué de laisser un commentaire, il n’y a pas de truc centralisé comme YouTube et en même temps c'est ce qui fait que c'est génial aussi, c'est pas centralisé mais c'est un peu compliqué de réussir à avoir un endroit où je peux récupérer tous les commentaires, pouvoir répondre à tout le monde, etc. Quand j'ai des pères ou des futurs pères qui m'écrivent en me disant « merci, grâce à toi j'ai abordé la maternité, cette grossesse, de façon beaucoup plus détendue » je crois que ça n’a pas de prix. Anne-Fleur Andrle : C'est clair, c'est clair ! Tu as fait un sacré boulot pour ça, pas de vulgarisation mais, peut-être, normalisation… Fabrice Florent : Dé démocratisation, de l’amener au plus grand nombre. Anne-Fleur Andrle : De pouvoir l'amener au plus grand nombre et puis de normaliser le fait d'en parler, en fait, en tant que futur papa, en tant que mec, je trouve ça assez génial. Fabrice Florent : MademoiZelle a énormément contribué à libérer la parole des femmes et des jeunes femmes depuis 15 ans. C'était une vraie volonté de ma part quand je l’ai lancé. J'avais l'impression que les filles vivaient vraiment une vie un peu merdique chacune dans leur coin, qu’elles n’osaient pas en parler. Assez rapidement, la rubrique témoignage a pris de l'ampleur et je trouve qu’il n’y'a pas d'équivalent à MademoiZelle, aujourd'hui, pour les mecs. On dit souvent que les mecs, ils ont peur de parler, de partager leurs émotions et c'est très vrai mais d'un autre côté, personne ne leur montre que c'est possible donc c'est compliqué de faire sauter cette barrière-là. Anne-Fleur Andrle : Sans transition, si on devait écouter un seul épisode de chacun de tes 3 podcasts? Si on devait écouter un seul épisode, peut -être qu'on va commencer par le premier « Histoires de Darons », ce serait lequel et pourquoi ? Pour quelqu'un qui ne connaît pas forcément ton podcast, est ce qu’il y'en a un, qui, pour toi exprime vraiment la quintessence de ton projet ? Où tu es particulièrement fier ? Fabrice Florent : Je ne sais pas, c'est comme si tu me demandais quel était mon enfant préféré… Anne-Fleur Andrle : Ça ne veut pas dire que c'est ton préféré tu vois, ça veut dire juste un qui, pour toi, le définit le mieux pour un auditeur qui ne connaît pas. Savoir par où commencer… Fabrice Florent : C'est dur parce qu’en fait les histoires sont tellement différentes. Je crois que l’épisode sur lequel j'ai reçu le plus de retours, c'est celui que j'ai fait sur mon propre père. L'histoire est marrante parce que ça faisait genre 2, 3 mois que le podcast était sorti et je me suis dit qu’à un moment donné il allait falloir que je mette un grand père dans ce truc-là. Je cherchais, je creusais : « Qui je pourrais bien prendre comme grand-père? ». Et, en fait, je me suis dit pourquoi pas mon propre père. Je me suis dit ça va être marrant de faire un épisode mon daron parce que je vais avoir une discussion qu’on n’a jamais eu, comme : « c'était quoi d'être d'avoir été mon père » (ou d'avoir été ma mère d'ailleurs, ça peut marcher aussi). C’est un épisode un peu particulier parce qu’effectivement je connais pas mal de pans de l'histoire, de ce qu’il s'est passé mais d'un autre côté je l'ai vécu moi en tant qu'enfant. Ça m'a appris plein de choses, je vous spoile pas mais en gros mon père il a 73 ans, c'est un vieux daron, c'est un vieux grand-père. Et il s’était énormément préparé, il avait pris pleins de notes. Il est très touchant, pour vous donner un petit peu une idée, même si c'est un épisode un peu particulier. Après, il y en a un autre un peu particulier aussi, ça montre un petit peu la diversité de l'histoire, c'est qu’il y a un mec qui s'appelle Barthélémy, qui s'est retrouvé papa à 22 ans avec une meuf en Thaïlande parce que lui, il était en vacances ou il était césure, je sais plus. Lors d’une soirée un peu arrosée, il a fini par coucher avec cette fille qui l'a rappelé quelques mois plus tard alors qu'il était rentré en France, en lui disant : « alors j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer… ». Et lui a dit : « okay je veux m'en occuper, en fait, comment je fais pour m'impliquer dans la vie de cet enfant? » Anne-Fleur Andrle : Super, je les rajouterai dans les notes de l’épisodes. Comme tu l'as compris, je suis fan de recommandations de podcasts. Et de façon hyper concrète et pratique tu enregistres où ? En 2020, je ne vais pas refaire le film qu’on connait tous par cœur, du coup t'as pu quand même enregistrer plutôt en personne ou est-ce que t'as fait, comme on le fait là, une interview vidéo sur une plateforme en ligne? Fabrice Florent : En fait, moi j'ai fait l'intégralité de mes interviews, avant le premier confinement, en live. Pour moi, une bonne interview ne se fait qu’en live parce que déjà y a un lag de base entre nous. J'ai entendu des américains qui parlait de « zoom fatigue » à cause de ce décalage-là, à cause des discussions qui sont décalées à chaque fois d'1 ou 2 secondes. Ceci dit, ça m'avait obligé à sortir de ma zone de confort et à me dire « okay, maintenant faut y aller quoi : soit t'arrêtes ton podcast, soit tu te lances, t’improvises » et c'était bien en fait parce que j'ai fini par découvrir des logiciels, des façons de faire, puis j'ai compris, qu'en fait, c'était aussi possible de connecter avec des gens même s'ils étaient à 300, 400 km de toi. Parfois, juste de Paris à Paris, peu importe, mais c'est un autre exercice. J'ai aussi fait des interviews par téléphone uniquement, donc sans visio, ça c'est aussi un autre délire où tu restes pendant 1h au téléphone avec la personne, à la fin t'as le téléphone et t’as l'oreille qui chauffe. Avant ça, en fait, j'avais fait quasiment toutes les interviews, sauf avec ce mec qui s'appelle Mathieu, qui est à Nouméa et qui est parti vogué, quand ils avaient 25 ans, avec sa femme et ils ont fini par faire 3 enfants autour du monde, le mec a vraiment une histoire folle et là forcément en fait, à Nouméa, j'ai pas pu faire autrement. Mais avant ça j'avais tout fait de visu. Généralement, je recevais des gens dans les bureaux de Mad, je prenais 1h00 pour faire le tournage avec eux sinon j’allais les voir tu sais, tu n’as pas besoin d'un gros matos, en fait, c'est c'est très cool, t’as juste besoin d'un enregistreur, de micros et ça roule quoi. Anne-Fleur Andrle : Justement, toute la technique tu l'as fait justement toi-même, que ce soit en post-production même comme tu parles de l'équipement même quand tu étais chez MademoiZelle, tu gérais tout ça tout seul? Fabrice Florent : Oui, en fait, j'ai besoin, comme je disais tout à l'heure, d’avoir les mains dans le cambouis. Je n’ai pas du tout une formation d’informaticien ou de développeur et j’ai appris à développer du langage informatique pour monter MademoiZelle tout seul, j’ai vraiment besoin de comprendre, comment ça marche. Anne-Fleur Andrle : Est ce qu’il y a un épisode qui t’a marqué, depuis que tu écoutes des podcasts, tous podcasts confondus, d'ailleurs pas forcément français? Fabrice Florent : Un truc qui me vient c'est un podcast, je ne sais pas si tu connais Anouk Perry, qui est une ancienne de chez MademoiZelle, qui, avant ça, était une lectrice de MadmoiZelle depuis très longtemps donc j'ai fini par l’embaucher, je ne sais plus en quelle année 2015, 2016. Quand elle est partie de chez Mad, elle s'est lancée dans le podcast elle a fait ce fameux épisode sur le Gang Bang. Anne-Fleur Andrle : Incroyable cet épisode, en 2 parties d’ailleurs. Fabrice Florent : Complètement ouf, et en fait c'est marrant parce que je pense que je l'écoutais dans les transports en commun et c'est vraiment là où tu te vois que le pouvoir immersif de l'audio est complètement dingue, je pense que je ne m'en étais pas vraiment rendu compte auparavant à ce point-là où clairement, pour les gens qui ne savent pas, elle enregistre la première partie, une sorte de tour du propriétaire d'un mec qui organise des Gang Bang pour des couples en toute sécurité et dans la 2e partie il y a un couple qui vient et le Gang Bang se passe sous son micro et alors nous clairement, désolé pour le langage, mais on a clairement les couilles qui claquent dans les oreilles quoi. Je trouve que le podcast a un vrai pouvoir immersif dans les conversations, j'ai plein de gens qui m'ont dit « c'est génial, j'ai l'impression d’être dans la pièce avec toi et de pouvoir participer à cette discussion ». Et moi aussi je ressens ça en tant qu’auditeur là, ça me fait cet effet-là, en fait, j'ai vraiment l'impression d'être au milieu du truc et le fait de ne pas avoir d'images rend le truc encore plus fort. C'est l'un des trucs, aussi, sur lequel je milite aujourd'hui, « ne commençez pas à mettre des caméras les podcasteurs » parce qu’en vrai ça ne marche pas. J'ai fait un épisode de ce podcast qui s'appelle « Inspiration créative » avec un gars qui s'appelle Killian qui est vraiment très bien, et en fait, pour cette saison-là, il a sorti les caméras, il est dans un studio et effectivement ça donne une autre dimension à la discussion qu'on a pu avoir mais avant tout, je trouve que c'est cool de de garder l'aspect juste audio. Anne-Fleur Andrle : Je suis complètement d'accord avec toi. Il n’y a pas longtemps j'ai fait une interview pour un journal de la ville d'où je viens et ils ont voulu en faire une vidéo. Et en fait, je me rends compte qu’être derrière le micro, c'est un exercice très différent que d'être derrière la caméra, c’est un exercice beaucoup moins naturel aussi pour nous. En fait, je pense que d'être stimulé par plus d'un sens, du coup, tu as moins de place à l'imaginaire. Fabrice Florent : Oui et pour les gens qui sont interviewés, je crois qu'il y a un autre truc aussi qui se joue, c'est que quand tu reçois quelqu'un qui a l'habitude des caméras, une personnalité, cette personne va avoir tendance à jouer avec la caméra et à sortir de la discussion qu'on a ensemble. Au contraire, quand t'es avec quelqu'un qui n’a pas l'habitude d'être devant une caméra ou d'être même d'être derrière un micro tout simplement, j'ai plein de darons anonymes qui n’ont jamais fait ça de leur vie et qui étaient hyper perturbés au départ et qui me disaient «je n’ai jamais fait ça, comment je fais, etc. » je lui parle, parle-moi, ne t’inquiète pas. Alors eux, je pense que ça les tétaniserait d’avoir une caméra. J’ai testé, j'ai fait 2 épisodes, un épisode d’« Histoires de succès » et un épisode d’« Histoires de Darons » avec une caméra et en fait je me suis juste dit c'est nul parce que ça coupe la conversation, il y a un 3e œil. Anne-Fleur Andrle : Oui littéralement. Est-ce que t'as déjà eu le trac avant de sortir un épisode ? Peut-être avant de rencontrer quelqu'un? Je sais que tu avais déjà un joli carnet d'adresses avant ton podcast. Fabrice Florent : Écoute, non pas vraiment. Je pense que j'ai eu le trac quand j'ai relancé « Histoires de mecs » parce que je ne savais pas trop comment ça serait pris et après globalement, pour l'instant ça n'est pas arrivé. C'est assez rare que j’aie le trac avant une interview. J'en ai fait beaucoup tu vois donc maintenant effectivement, j'avais le trac quand j'étais plus jeune et que je faisais mes premières, là j'étais tétanisé, mais aujourd'hui, ça va beaucoup mieux et en fait, je sais un peu où je vais. C'est un peu triste à dire mais je n’ai quasiment même pas besoin de préparer mes interviews pour juste discuter pendant 1h avec quelqu'un quoi tu vois, je vais découvrir des trucs en direct, ça peut être un peu relou mais en fait je pourrais tenir pendant 1h à discuter avec cette personne sans aucun souci du vois. Anne-Fleur Andrle : Je sais que ce n’est pas forcément évident mais est-ce que tu sais ce que le podcast t'a appris sur toi ? J'ai l'impression que le podcast t'a aidé à rebondir, en tout cas, à te ré ancrer dans une nouvelle réalité post MademoiZelle mais qu'est-ce que ça t'a appris vraiment sur sur toi ? Fabrice Florent : Alors c'est compliqué parce que tout va un peu ensemble, c'est à dire qu’en fait, post MademoiZelle, je me suis retrouvé à passer de journées de 10, 12, 15h à parfois, je n’ai rien à faire, strictement rien à faire, je n’ai rien sur mon agenda et je me suis rien prévu. Et en fait, ça a été une vraie bagarre pour moi de me retrouver à devoir, c'est bizarre à dire hein, tu vois, mais vraiment à devoir combler un peu le vide. Ça fait un peu problème de riche, je m’en rends bien compte en le disant mais c'était vraiment compliqué, c'était une vraie galère pour moi, une bataille. Je suis très heureux d'avoir pu continuer à me relancer avec les podcasts, pas partir sans avoir rien à faire parce que je pense que vraiment ça aurait été compliqué. Là, au moins, j'avais un truc qui pouvait un peu structurer mes semaines et mes journées. Après, je ne sais pas ce que le podcast m'a appris sur moi, c'est un peu compliqué à dire et tu vois aujourd'hui je suis encore en train de me demander ce que je vais faire de ces podcasts mais est-ce que ces podcasts je les augmente, qu'est-ce que j'en fais, en fait, globalement? Est-ce que je me remets à bosser, peut-être un peu plus? Je ne sais pas quoi, tu vois. C’est encore un peu « work in progress », désolé je n'ai pas plus de réponses que ça à te donner. Après, ce que ça m'a appris sur moi en fait, je pense, c'est que je me suis rendu compte que c'était vraiment une vraie qualité de savoir bien écouter les gens et de savoir bien les interviewer, d'être capable de tenir une conversation comme ça. Pour moi, ça coule un peu de sources. Il y avait plein de gens qui me disaient sur YouTube avant « tes interviews, elles sont bien » mais pour moi c'était juste parce qu’en fait la personne en face elle était en train de donner un truc intéressant et après je me suis rendu compte en en faisant de plus en plus, notamment avec les podcasts, que c'est un vrai skill d'être capable d'aller chercher chez les gens des trucs qu’ils ne seraient pas forcément prêts a dire où qu'ils auraient même pas forcément en tête. Régulièrement, j'ai dans « Histoire de succès » des gens qui ont fait beaucoup d'interviews et qui me disent « c'est chelou parce que je n’ai jamais parlé de ça » et là d'un coup d'un seul tu te dis je gagne, tu vois, je gagne au jeu de l'interview. Anne-Fleur Andrle : Mais c'est clair, la manière dont tu conduis les interviews, moi je la trouve hyper fine. Des fois, t'entends des interviews et tu vois le mec venir à 10 kilomètres, là où il veut en venir mais il ne met pas le mot dessus, puis il met 15 minutes y arriver et tu arrives de manière très fine à découvrir des facettes de personnalité de chacun de tes interviewés, c'est vraiment canon. Fabrice Florent : Merci, c'est cool. Mais tu vois, je t'avoue que ça fait assez peu de temps que j'en ai pris conscience. Anne-Fleur Andrle : Ecoute, il faut que tu continues. Est-ce que dans le podcast, puisque c'est le sujet dont on parle aujourd'hui, est-ce que tu aurais une idée d'un de tes plus gros fail ? Fabrice Florent : Alors, je vais raconter encore cette histoire, mon dieu, cette histoire va me poursuivre jusqu’à la fin de l’éternité mais en gros l'un des invités que j'aurais bien aimé avoir dans « Histoire de Darons » c'est Alexandre Astier parce qu’il a eu plein d'enfants et en fait ils ont vécu avec son ex-femme, si je me trompe pas, dans des appartements séparés, juste à côté, en gros, à 5 minutes l'un de l'autre. Ils avaient une vie de famille un peu particulière, si tu veux, par rapport à ça et en plus si je me trompe, pas il vient de faire un nouvel enfant, y'a pas très longtemps alors que son aînée elle est grande. J'aurais bien aimé parler de paternité avec lui et en fait c'est, pour une raison simple, c'est mon plus gros ratage d'interview de tous les temps, c'est l’interview avec Alexandre Astier que j'ai totalement raté sur MademoiZelle. J’en ai même fait un article sur Mad en fait pour partager un petit peu mon fail. En fait, je me suis dit, si jamais il y a des étudiants en journalisme qui peuvent prendre un conseil. Anne-Fleur Andrle : Pourquoi c’était raté ? Fabrice Florent : En gros, j'ai cette chance en, genre, 2012 d'être au festival d'Angoulême pour faire un reportage et en fait, il y a assez peu de gens, que moi, dans ma vie j'avais voulu interviewer mais Astier en faisait partie. Je m'étais dit que ça pourrait être cool d'avoir Astier un jour sur MademoiZelle et je me retrouve sur le stand Casterman, à l'époque Astier a sa BD là-bas, de Kaamelott et donc l'attaché de presse, que je connaissais par ailleurs, me dit, est-ce que ça t’intéresserait d’avoir Alexandre Astier. Moi, je me dis, yes, let’s go. Et en fait, je me suis retrouvé à interviewer Alexandre Astier et son dessinateur, je savais pas que j'allais interviewer son dessinateur et je ne savais pas qui était son dessinateur, j'ai démarré l'interview sans savoir. Anne-Fleur Andrle : Je t'ai entendu le raconter dans « Nouvelles écoles » cette histoire… En fait, tu ne disais pas les noms mais tu disais qu’il était important que l’attaché de presse soit ton allié, qu'il faut lui poser des questions, il ne faut pas avoir peur de poser des questions. Fabrice Florent : C'est ça, j'ai pas donné le nom. Écoute, voilà c'est ça et en fait j'ai envoyé un mail, un message à son attaché de presse, c'est tout, qui m'a dit Alexandre ne souhaite pas discuter de ces sujets-là, ce que je peux comprendre quoi tu vois parce que ça peut aussi aller sur la vie privée même si d'une manière générale je pense qu'on peut parler de paternité sans parler de vie privée de façon plus globale mais voilà ça c'est pour rebondir sur ce fail et en gros il vient pas dans mon podcast quoi, tu vois, donc, j'ai une revanche à prendre. Anne-Fleur Andrle : Donc Alexandre Astier, le message est passé. C'est quoi l'invité que tu rêverais d'avoir, là en 2021? On est en janvier c'est le moment des intentions. Fabrice Florent : Tu sais c'est dur parce que je n’ai pas, comme ça, de rêve d'invité que je voudrais avoir à tout prix et qui serait wouaw, trop bien. Ça vient vraiment au fil de l'eau, selon l’actualité de quelqu’un j'ai envie de l’avoir. Je pense que si tu me dis aujourd’hui qui t’aimerait avoir dans « Histoires de succès » par exemple j’adorerais avoir Chabat ou De Caunes parce que c'est les 2 têtes qui ont vraiment bercé mon adolescence et qui ont, je trouve, un parcours très cool mais globalement, en fait, à part ça, je n’ai pas vraiment d'envies particulières, j'aimerais pouvoir interviewer tout le monde, je pense que tout le monde est intéressant. Anne-Fleur Andrle : Et est-ce que t'as un sujet, peut-être, par rapport à la paternité, la masculinité ou les succès ne que t’as jamais abordé et t'as pas forcément trouvé l’angle ou la personne mais vraiment c'est un truc qui te titilles. Fabrice Florent : Dans « Histoires de mecs », j'aimerais bien avoir un bon masculiniste des familles. Anne-Fleur Andrle : C'est quoi un masculiniste? Fabrice Florent : C'est un anti féministe, c'est un mec qui est ouvertement contre les droits des femmes en fait ou alors qui serait un mec à l’opposé de mes valeurs et ça pour l'instant, je crois que c'est peut-être un peu tôt, je ne sais pas, je verrai mais ça fait partie des choses ou je me dis ça pourrait être intéressant. Mais je ne sais si ça pourrait en faire une interview très intéressante parce que je ne sais pas si on arrivera à s'écouter. Anne-Fleur Andrle : C'est ce que j'allais te demander. Tu sais, la déontologie quoi. Est-ce que tu écoutes la personne et tu ne réagis pas. C'est la différence entre la discussion et l'interview. Est-ce que j'écoute et je retranscris ou est-ce que j'écoute et j’échange. Quand les convictions et les paroles proposées vont complètement à l'encontre mais genre à 10000 lieues de ce en quoi tu crois comment est-ce que tu fais tout pour rester, justement, dans ta réserve? Je ne sais pas si ça t’est déjà arrivé ou pas? Fabrice Florent : Bien sûr et en fait, ce que je fais en général, j'interviens en posant la question, en cherchant à creuser un peu, donc je me mets toujours dans la question : « mais, en fait, t'es en train de dire ça, mais tu te rends compte que si on le regarde sous un autre angle ça fait ça? » et je ne viens pas pour juger. J'ai eu un Daron une fois, qui m'a vendu, entre guillemets, en amont un truc qui s'est avéré être extrêmement éloigné de la réalité de ce qu'on avait fini par faire. En fait, Je ne l'ai jamais sorti parce qu’en fait j'ai essayé de creuser sur ses contradictions tout en étant toujours cool mais en fait ça ne donnait rien donc je trouvais que l'épisode ne donnait rien et ça ne m'intéressait pas d’aller plus loin que ça avec lui. Je ne lui ai pas dit, sur le moment, parce que sur le moment, je me suis dit que j’étais peut être chafouin après l'interview, je me suis dit « tu vas la réécouter peut être qu’en fait, dans quelques jours, dans quelques semaines tu réécouteras, étudieras et trouveras que c'est diffusable » à la réécoute, pas du tout. Anne-Fleur Andrle : Justement, j’entends bien ce que tu dis, parfois tu lis une actualité, tu te dis tiens, j'aimerais bien en parler, j'aimerais parler de cette personne? Est-ce que tu considères que tu castes des personnes ou des histoires pour tes podcasts et qu'est-ce qui fait, du coup, que c'est un casting, je ne sais pas si le mot te plaira, réussi pour tes podcasts? Fabrice Florent : En fait, c'est compliqué de dissocier la personne de l'histoire, d'une manière générale mais je crois que je cherche avant tout à caster des histoires et puis après les personnes elles viennent avec, elles ont été façonnées par leur histoire, d'une manière ou d'une autre. J’ai du mal à parler de casting parce que je prépare très peu mes interviews. Les mecs m’écrivent parfois, genre quelques lignes, en disant voilà mon histoire, c'est ça, j'aimerais bien en parler et ils me donnent un point ou deux spécifiques de leur truc et puis après je leur dis Let's Go, viens on le fait ensemble. Les mecs qui m'écrivent des mails trop longs, par exemple, ils m'écrivent toute leur vie, ils veulent me raconter tout le podcast, je pense que ça leur fait du bien, mais moi je ne lis pas en fait, je le lis en diagonale. Je n’ai pas envie d'en savoir beaucoup plus. Anne-Fleur Andrle : Est ce qu’il y a un conseil que t'aurais aimé qu'on te donne quand tu as lancé l'un ou l'autre de tes podcasts? Fabrice Florent : Je crois que d'abord, le truc que, je pense, il faut faire avant de lancer un podcast c'est de faire 3, 4, 5 épisodes que t'enregistres à l'avance, que tu crées à l'avance, que tu fais à l'avance parce qu'en fait normalement au bout de 5, si c'est vraiment un truc qui te plaît, normalement, ça sera toujours là. En revanche, si t'en fais un, tu le lances et qu'en fait t'as du mal à en faire un 2e ou un 3e c'est peut-être qu’il ne faut pas faire de podcast. Je dis ça parce que je crois que c'est simple aujourd'hui de lancer un podcast, c'est très bien parce que c'est devenu très démocratique et c'est super, je dis juste qu’en fait je crois qu'il faut d'abord un peu tester la capacité à durer dans le temps. Ça serait un conseil que je voudrais donner et l'autre ça serait : Ne regardez pas trop vos feuilles, ne regardez pas trop vos fiches, essayez plutôt d'être dans la conversation, si vous voulez lancer un podcast d'interview, de discussion. Je crois que c'est un truc que j'ai mis beaucoup de temps à comprendre, de façon très empirique. Les premières interviews j'étais vraiment en train de réfléchir, c'est quoi la suite, c'est quoi la question suivante… Je crois que ce seraient ces 2 conseils là. Ça serait « enregistrez en plein afin de savoir un peu où vous foutez les pieds et puis après, si vous faites des podcasts interview, essayez d'être dans la discussion plus que dans l'interview ». Anne-Fleur Andrle : J'ai compris que toi, en tant que podcasteur, c'était assez facile en écoutant tes podcasts, que tu aimes les interviews. Est-ce que t'es plutôt, toi en tant qu’auditeur, podcast court ou podcast long? Fabrice Florent : Podcast long. Après, ça dépend ce que t'appelles format long. Par exemple, je sais que Mymy, de la rédaction de MadmoiZelle, elle aime les formats longs genre de 2h30, 3h. Pour moi, c'est trop. Anne-Fleur Andrle : Genre « Générations do it yourself ». Fabrice Florent : Ce format là est trop long. Après, s'il y a des gens à qui ça plait, tant mieux mais moi j'aime bien les podcasts qui font 1h, 1h30 grand max 2h. Et, 2h, il faut que tu m'emportes. Anne-Fleur Andrle : C’est quoi le podcast, actuellement, dont tu ne loupes pas un épisode? Fabrice Florent : Ah, c'est très simple c'est « Laisse-moi kiffer », je ne sais pas si tu connais, c'est le podcast qu'on avait lancé chez Mad, il y a quelques années et aujourd'hui je ne suis plus chez MademoiZelle mais c'est vraiment le truc que je continue d’écouter. C'est aussi un truc de santé mentale pour moi d'avoir réussi à m'éloigner de MademoiZelle, ne pas aller lire tous les jours mais le truc que je ne rate pas c'est celui-là. Là, ce matin l'épisode est sorti, j'ai écouté tranquille en buvant mon café, en me réveillant d'abord dans mon lit mais vraiment c'est un rendez-vous hebdo, je n’en rate aucun. Déjà, à l'époque, quand j'étais le boss, je n'en ratais pas. C’était marrant parce que je pense que j'étais le seul de la boîte à écouter le podcast qu’on faisait. On avait 2 équipes à l'époque et en fait les équipes entre elles ne s’écoutaient pas. C'est un grand truc dans les équipes, dans les boîtes comme ça, en général, ce n’est pas évident de consommer ce que tu produis parce que les gens n’ont pas forcément le temps mais moi c'est un truc que j'écoutais religieusement et ça faisait partie des blagues que je disais à chaque fois, « écoutez-vous entre vous, ça serait sympa ». Anne-Fleur Andrle : Est-ce que tu pourrais me parler du dernier podcast que t'as bingé, genre t'as découvert une pépite et t’as enchaîné les épisodes parce que t’étais trop content de ta trouvaille ? Fabrice Florent : Le dernier que j'ai mangé littéralement c'est ce podcast de Thomas VDB qui s'appelle « 100 VDB par minutes » qui était à la base un podcast original de Deezer donc ça date d’il y a quelques années, je ne savais pas, c’est à crever de rire. En plus, j'avais vu que Thomas faisait des podcasts, c'est un travail vraiment fin, ça dure une demi-heure, c'est entre sketchs et interviews. Je ne sais pas si tu connais Thomas VDB, qui est un humoriste, c’est une sorte de fausse émission de radio. Enfin bref, c'est Thomas VDB et j'ai bingé ça en pleurant de rire chez moi. D'habitude, je pleure de rire en écoutant LMK (Laisse-moi Kiffer), ça m'est arrivé de pleurer de rire en écoutant LMK dans le métro et là t'as souvent l'air idiot mais là pour le coup j'étais tout seul. Après, non j'ai écouté ce podcast qui a fait un petit buzz qui s'appelle « Qui est Miss Paddle ». Anne-Fleur Andrle : Je l’ai écouté avant-hier, je l’ai bingé ! Fabrice Florent : Voilà, clairement, je n’ai rien d'autre à dire, j'ai passé un excellent moment. Ça part d'une histoire de clic, de like sur les réseaux sociaux et ça amène à beaucoup plus loin, donc vraiment chapeau. Anne-Fleur Andrle : J'ai prévu d'en parler justement dans la sélection de Podcast, très bonne idée. Qu'est-ce que je peux te souhaiter là pour la suite? Fabrice Florent : De la paix et de la sérénité. Anne-Fleur Andrle : Je te le souhaite à 300%. En tant que podcasteur en série, t'as d'autres idées, justement, de création de contenu? D'autres podcasts auxquels t'aurais envie de donner vie dans les mois, les années à venir? Fabrice Florent : Peut-être mais tu sais j'ai appris un truc c'est qu’il ne faut jamais teaser un truc avant qu’il ne soit prêt, donc, en fait, je ne vais pas en parler. Mais c'est un peu la question dont je te parlais tout à l'heure, c'est à dire à quel moment je vais décider de passer, peut-être pas la 2nde, mais la 3e, tu vois, sur les podcasts. C'est ce que je vais décider de faire ou pas enfin ça fait partie des questions que j'ai la chance, aujourd'hui, de me poser, de me laisser le temps de me poser. Donc je ne m'énerve pas non plus avec ça, même si, tu sais, j'ai toujours ce truc qui me dit : « faudrait te remettre à travailler pendant 15h /jour » car quand tu l'as fait pendant 15 ans, c'est un peu réflexe, c'est dur d'en sortir. Anne-Fleur Andrle : Écoute, en tout cas, moi je souhaite que tu continues sur les podcasts et j'ai hâte de savoir ce que t'as en tête, ce qui va se passer. J'espère que tu donneras vie à tout ça en 2021 en tout cas. En attendant, on continue à t'écouter dans « Histoires de Darons », « Histoires de succès », « Histoires de mecs ». Est-ce que t’aurais un petit mot de la fin, pour dire au revoir. Fabrice Florent : Au revoir. Anne-Fleur Andrle : Un petit mot et c'était très efficace, je te remercie. Je te souhaite une très bonne journée et puis je te dis à bientôt. Fabrice Florent : Merci, à toi aussi puis des bisous au bébé. Et voilà, c'est terminé pour aujourd'hui. J'espère que cette rencontre de l'autre côté du micro avec Fabrice Florent vous aura plu autant qu’à moi et à Félix… Vous l'aurez compris, on a eu un petit invité surprise qui a débarqué au milieu de l'interview, c'est pas faute de la faire pendant la nuit. En tout cas, je vous remercie d'avoir écouté jusqu'au bout. Comme d'habitude, vous le savez, après le générique, vous pouvez retrouver les bloopers, pour ceux que ça amuse. En tout cas, merci à Fabrice, aussi, pour sa patience puisque ce fut une interview dans des conditions un petit peu rock n roll. Si vous souhaitez retrouver toutes les recommandations de Fabrice, rendez-vous dans la description de l'épisode. Je vous y consigne tous les épisodes que Fabrice vous a recommandé et puis n'oubliez pas que sur Spotify, il y a la playlist du podcast Génération podcast la playlist, c'est assez simple à se souvenir, dans laquelle vous retrouvez tous les épisodes qui ont été recommandés par tous mes invités ainsi que par moi dans les sélections je vous propose tous les 15 jours. Episode retranscrit et adapté par la géniale Emilie Chabenat : immense merci à elle !

Sélection : des histoires de familles extraordinaire, de célibat et de petits vieux amoureux

Sélection : des histoires de familles extraordinaire, de célibat et de petits vieux amoureux

C'est la St Valentin ! Alors certains diront que c'est une fête commerciale (et ils n'auraient pas complètement tort), d'autres diront qu'on a tous besoin d'amour (et eux non plus, n'auront pas tort). Saviez-vous que quand j'ai rencontré mon mari il y a ... 14 ans, je lui ai formellement interdit les diners aux chandelles et St Valentin. À l'époque, j'en étais convaincue : ce n'était pas mon truc. Et puis en vieillissant, bin ... on change il faut croire ! Je vis à Boston aux Etats-Unis. Ici la St Valentin c'est la fête de l'amour et de l'amitié. Alors on écrit des cartes pour remercier les amis, les voisins, les profs, au moins autant que les amoureux. Alors bien sûr, aux Etats-Unis, on est aussi au pays où tout le monde cohabite alors bien évidemment il y a des excès, mais aujourd'hui j'ai envie de fêter la St Valentin américaine. Et de fêter les liens forts qui nous unissent à d'autres. Pour l'occasion, j'ai décidé de vous parler d'amour donc et surtout d'amour dont on n'entend pas ou peu parler. Dans l'épisode d'aujourd'hui, je vous parle donc d'infidélité, de différence d'âge, de familles extraordinaires ... mais surtout d'amour avec un grand A. Allez, hop. Allume ton chandelier, mets en route ta musique de choppe, c'est parti pour cette sélection spéciale St Valentin. Au programme de l'épisode 13 de Génération Podcast : Dans la peau de Nanou : une infidèle très fidèle, Frederique Lebel, RFI (26 min) Feux Croisés : Caroline et Alain, Julie Alibaux et Virginie Bioret, série de 4 épisodes (épisode 1, 10 min) Amours Plurielles : Polyamour, jalousie et ouverture du couple, Lauren Mary (26 min) Les Enfants Vont Bien : Juliette, Constance Demettre (18 min) Dans la peau de Nanou : une infidèle très fidèle J'aimerais vous présenter un podcast sur l'amour et les grandes amoureuses. Il s'appelle Dans La Peau (merci Marie pour la recommandation !). Ce podcast a été créé l'année dernière pour la St Valentin pour RFI et est animé par Frederique Lebel. Ce podcast vous propose 5 épisodes, 5 histoires, 5 personnages, 5 femmes fortes qui nous racontent leurs vies d'amoureuses. Leurs longues vies d'amoureuses même. Elles ont toutes entre 70 et 92 ans, et sont bien loin de nous faire la leçon. Elles sont surprenantes, pas très sages mais en même temps regorgent d'anecdotes dont on pourra tirer quelques enseignements. L'épisode qui m'a le plus marquée, puisque je dois en choisir un, c'est Nanou. Nanou a 92 ans et elle nous parle de son mari, l'homme de sa vie. Mais aussi de son amant. Comme elle l'explique, elle a été fidèle aux deux. Elle est drôle, très cash, pas naïve mais elle pardonne aussi. Nanou, une infidèle très fidèle (26 min) Feux Croisés : Caroline et Alain Ah, je suis ravie d'avoir l'occasion de vous parler d'un de mes podcasts préférés : Feux Croisés. Et ici plus spécifiquement, nous allons parler de différence d'âge en amour. Dans Feux Croisés, Julie Alibaux et Virginie Bioret tendent chacune leur micro. Leur approche est fascinante : chacune d'entre elle tend en fait son micro à un des protagonistes de l'histoire, puis elles mettent en commun et nous racontent une histoire. J'ai souvent entendu dire que dans chaque histoire, il y 3 versions : celle de l'un, celle de l'autre et la vérité. Je trouve que c'est pari réussi avec Feux Croisés. L'histoire que je vous recommande c'est celle que Caroline et Alain nous racontent. Il s'agit du grand amour, de la passion, des papillons dans le ventre. Une histoire de contes de fée ? À ceci près que Caroline et Alain ont 33 ans d'écart. S'ils s'en étaient tenus à ce que la société attend de nous, ils ne nous auraient pas raconté cette histoire pleine d'espoir et d'émotion. Ils nous démontrent que l'amour, c'est finalement ce que l'on veut, à partir du moment où chaque héros de chaque histoire d'amour est en adéquation avec les règles. Et c'est tellement ça l'essentiel ! Ça ne regarde que ceux qui la vivent l'histoire d'amour, non ? Caroline et Alain, c'est une histoire racontée en 4 épisodes d'une dizaine de minutes. Foncez la découvrir ! Amours Plurielles : Polyamour, Jalousie et Ouverture du couple Dans ma quête d'histoires d'amour pas "mainstream" dans le cadre de cet épisode de St Valentin, j'ai eu envie de comprendre un peu mieux ce que l'on appelle le polyamour. Merci à Olivier pour la suggestion. J'ai choisi l'épisode de Delph intitulé "polyamour, jalousie et ouverture du couple" car il m'a semblé très interessant pour comprendre la pratique amoureuse qu'est le polyamour. On y parle de consentement, de jalousie et de privation. J'allais vous dire que Delph est en couple, dans plusieurs couples, mais je ne sais pas si ça se dit. Delph est en relations polyamoureuses. Il raconte son cheminement d'amoureux et comment il s'est ouvert au polyamour. J'ai trouvé très intéressant de comprendre comment il avait ouvert sa première relation au polyamour tout en prenant garde à ne pas faire souffrir son partenaire. J'y ai ainsi appris le mot "compersion" : l'inverse de la jalousie, le contentement de savoir que son partenaire est heureux d'avoir rencontré quelqu'un d'autres. Un sentiment que je ne connais pas mais que j'ai trouvé fascinant. Et puis, pour les couples exclusifs qui s'interrogent, Delph partage quelques conseils aussi pour sauter le pas. Les Enfants Vont Bien, Juliette Il y a quelques mois, Constance Demettre du podcast Les Enfants Vont Bien, sortait un épisode qui m'a profondément marquée et qui s'appelle sobrement, Juliette. Il s'agit du premier épisode de la saison 2 de son podcast. Et il s'agit d'un entretien entre Constance et sa fille ainée, Juliette, alors âgée de 8 ans. La famille de Constance est aimante, heureuse et constance a a cœur de montrer que les enfants vont bien, comme l'énonce fièrement le titre de son podcast. À propos de Juliette, j'imagine que donner la parole à sa propre fille sur des sujets aussi profonds et intimes que le bonheur en famille ne fut pas un exercice facile ni pour la mère ni pour la fille. Dans l'interview que j'ai réalisée pour cet épisode, j'ai demandé à Constance comment elle avait préparée sa fille à leur enregistrement. Elle m'a expliqué qu'elle lui avait laissé plusieurs jours pour réfléchir avant d'accepter de participer, puis elle lui a parlé du sujet sans pour autant lui donner les questions à l'avance pour conserver la spontanéité de l'échange. Ce qui l'inquiétait le plus restant que Juliette puisse réponse ce qu'elle pensait que Constance voulait entendre. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas. Pour tout vous dire, j'avais prévu de parler à Constance de son podcast dans Génération Podcast depuis quelques temps. Mais pas tout de suite. Sauf que ce qui est en train de se jouer au niveau du sénat et de l'assemblée nationale en France avec la loi de bioéthique et la PMA pour tou(te)s m'a donné envie de faire du bruit et de faire connaitre sa famille, son histoire. A la manière du podcast Entre, saison 2, dans lequel Brune Bottero parle avec ses enfants chaque semaine, j'ai demandé à Constance si elle envisageait de faire intervenir Juliette, tous les ans par exemple. Elle m'a confié qu'elle aimerait l'inviter à partager son évolution au sein de sa famille extraordinaire chaque année, et qu'elle aimerait ainsi en faire le 1er épisode de chaque saison. Constance et sa femme, Aude, réfléchissent également à organiser un moment toutes les 6, avec Juliette et ses 3 petites soeurs triplées, et à enregistrer cette réunion de famille en invitant leurs 4 enfants à leur poser toutes les questions qu'elles ont en tête à propos de leur famille et de leur conception. Je trouve l'idée brillante. J'ai demandé à Constance où l'on pouvait se renseigner pour en savoir plus sur ce que ça demande à des familles comme la sienne de pouvoir en devenir une. Elle m'a conseillé d'aller faire un tour du cote d'Instagram et de suivre le hashtag #famillehomoparentale par exemple. Je vous conseille d'aller jeter un oeil à sa page @lesenfantsvontbienpodcast également. Elle me conseille aussi d'écouter l'épisode sur l'adoption de pupille d'état jusqu'alors impossible pour les couples homosexuels, (épisode 2 saison 2). Alors voila, j'espère que cet entretien vous aura donné envie d'écouter l'histoire de Juliette : c'est un entretien court et magnifique, plein d'amour. Pourquoi ai-je tenu à vous en parler dans un épisode spécial St Valentin ? Tout d'abord car je vous avais prévenus, je voulais mettre en lumière des histoires d'amour différentes, et parce que justement c'est une histoire d'amour. Et que pour certaines familles, l'amour ne suffit pas toujours pour se construire. L'épisode Juliette dure 18 minutes. Et voilà, c'est fini ! J'espère que cette sélection un peu différente à l'occasion de la Saint Valentin vous aura plu. Un grand merci a Constance d'avoir bien voulu répondre a mes questions. Je vous souhaite une très joyeuse Saint Valentin, que vous soyez seul(e) ou accompagné, l'essentiel c'est d'être bien dans ses baskets et d'aimer, à sa manière. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel entretien de l'autre cote du micro avec Fabrice Florent des podcasts histoires de darons, de mecs et de succès. Bon dimanche !

De l'autre côté du micro avec Alexandra de Histoires de Prénoms

De l'autre côté du micro avec Alexandra de Histoires de Prénoms

Tous les 15 jours, j'invite un ou une podcasteur.euse de talent, connu ou moins connu, pour découvrir ce qui l'a inspiré à se lancer, son quotidien de créateur (ou créatrice) de podcasts, ce qu'il ou elle écoute, et ainsi le ou la faire passer de l'autre côté du micro. Aujourd'hui, je te présente la jolie voix qui se cache derrière le podcast « Histoires de prénoms » : Alexandra. Avocate de jour, podcasteuse le reste du temps, maman aussi… Le quotidien d’Alexandra est bien rempli! J'ai adoré la découvrir et en apprendre encore plus sur la genèse de « Histoires de prénoms ». Une anecdote qui a retenue mon attention : Est-ce que tu savais que si le concept était super clair dans la tête d’Alexandra, elle avait un petit peu peur, un petit peu du mal, comme beaucoup d'entre nous, à franchir le pas, à se lancer et finalement c'est son mec, qui, après avoir regardé la chaîne youtube de Pauline Laigneau, à noter le matériel dont elle avait besoin, lui a commandé et elle a pu enregistrer son premier épisode et se lancer? En plus, Alexandra est une ÉNORME fan de podcasts alors accrochez-vous car elle a une tonne et demie de recommandations pour vous. Dans cet épisode, Alexandra nous parle de ses épisodes et podcasts préférés, et les voici : Le premier podcast anglais qu'elle a écouté : La saison 1 de Serial, podcast américain d'investigation en anglais : ; Ses épisodes chouchou de Histoires de Prénoms : Hippolyte (ep 43), Elie (ep 21) et Roma (ep 4) ; Ce qui l'a aidée à lancer son podcast : la chaîne Youtube de Pauline Laigneau ; L'épisode qui l'a profondément marquée : l'épisode 12 "Emilie et la césarienne d'urgence" (Bliss Stories) ; Les podcasts séries qu'elle a bingé : Entre, de Louie Média (saison 1) et dans Les Pieds sur Terre, de France Culture ma fille sous influence mais aussi Homecoming (en anglais, depuis adapté en série tv) Les podcasts dont elle ne manque pas un épisode : Bliss Stories de Clémentine Galey, La Matrescence de Clémentine Sarlat et Nouveau Chapitre, de Joli Bump Écoute l'épisode avec Alexandra de Histoires de Prénoms juste ici. Allez hop, plongée dans l'univers d'Alexandra. Anne-Fleur Andrle Coucou Alexandra ! Bienvenue dans Génération Podcast. Comment ça va? Alexandra Ca va, ça va merci beaucoup. Je suis impressionnée parce que c'est la première fois que c'est moi qui passe de l'autre côté, qui ne suis plus hôte mais interviewée. Anne-Fleur Andrle Je suis d'autant plus fière d'être la première, très honorée merci beaucoup. Est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots et présenter ton podcast « Histoires de prénoms ». Alexandra Je suis maman d'une petite fille qui va avoir 2 ans. Je suis avocate à plein temps à Paris et à côté de ça j'ai lancé il y a une petite année un podcast qui s'appelle « Histoires de prénoms » dans lequel j’interroge des parents sur l'histoire cachée derrière le prénom de leur enfant. Ils viennent m'expliquer le cheminement et le pourquoi du comment ils ont décidé d'appeler leur enfant de tel ou tel prénom. Anne-Fleur Andrle Tu le sors tous les combien de temps, du coup, ton podcast? Alexandra On va dire que depuis septembre où c'est devenu un peu plus sérieux je le sors une fois par semaine, tous les mercredis. Anne-Fleur Andrle Le jour des enfants ! Alexandra Exactement ! Mais ce n’était pas le cas avant, donc c'est vraiment depuis septembre que je suis très régulière. Anne-Fleur Andrle Ca a été quoi le déclic pour toi? Tu dis justement que tu es la maman d'une petite fille en bas âge, est-ce que ça a contribué à ton envie de raconter des histoires de prénoms ou rien à voir? Comment ça s'est passé? Alexandra En fait, j'ai toujours écouté beaucoup beaucoup de podcasts depuis, peut-être 6 ans. Anne-Fleur Andrle Ah ouais, une des toutes premières à les écouter en France, non? Alexandra Je pense que j'ai écouté au tout début et j'ai commencé avec « Serial » quand le podcast américain est sorti, voilà. La première saison, c'était une enquête judiciaire et la journaliste refaisait le procès, enfin toutes les enquêtes c'était passionnant! Donc moi j'ai écouté ça et après j'ai écouté plein plein plein de podcasts américains toujours un peu ça, toujours des procès, des enquêtes, j’adorais. J'ai écouté, en France, « Affaires sensibles » et c'est à peu près tout. J'en n’écoutais pas beaucoup en fait des podcasts en France et après je suis tombée enceinte. J'ai eu une grossesse compliquée, un accouchement compliqué mais j'écoutais toujours pas de podcast sur la maternité parce que franchement, je ne savais pas que ça existait. Et quand j'ai repris le boulot, donc quand ma fille avait 6 mois, là j'ai découvert « Bliss », le podcast de Clémentine Gallet. Je l'ai découvert parce qu'elle était interviewée dans un autre podcast qui s'appelait, je crois, « Déviation » ou les gens venaient parler de reconversion. Du coup, en l’entendant, je me suis dit: « Ah bah tiens je vais aller écouter Bliss », j'ai adoré ! Surtout, ça fait vraiment écho à ce que j'avais vécu. Voilà, je me suis sentie moins seule, enfin j'ai trouvé ça génial génial génial et du coup j'ai été en écouter d'autres. Donc, j'ai surtout été écouter la « Matrescence », enfin voilà ces podcasts autour de la maternité. Les deux gros en tout cas. Je parle d’il y a plus d'un an et demi, j'ai l'impression qu'il y en a plein qui sont arrivés depuis mais voilà. Non mais c'est pas vrai, j'avais aussi écouté « Nouveau chapitre ». Anne-Fleur Andrle Ah je ne connais pas celui-là ! Alexandra Et c'était aussi là, il y avait pas mal d'épisodes et du coup je me suis dit : « Ah bah j'adore le principe, j'aimerais bien essayer de faire un podcast ». Ça me paraissait infaisable en fait. Tu sais, tout en ne quittant pas mon emploi parce que déjà j'aime mon emploi puis financièrement, c'était juste pas possible en fait de me lancer dans un truc qui ne gagne pas beaucoup d'argent. On n’en gagne pas, en fait. Donc, du coup, je me suis dit il faut que je fasse un truc court parce qu'il me faut le temps de pouvoir monter, faire les interviews, etc. Et j'avais envie de faire quelque chose qui n'existait pas, qui n'avait pas du tout été fait. Et je voulais un podcast joyeux léger sur la maternité. Tu vois, je voulais, en fait, donner un moment aux auditeurs très sympa. Je ne dis pas, il faut bien sûr aborder tout ce que fait Bliss et la Matrescence, notamment, je trouve ça génial. Moi, je suis la première auditrice mais je voulais moi un truc qui soit avec un ton beaucoup plus léger voilà. Et puis, que ce soit un moment doux et avec un format court et du coup j'ai pensé à « Histoires de prénoms » parce que j'étais la seule de mon entourage, enfin de mes amis proches en tout cas, à avoir un enfant et c'était vraiment LA question ! C'était même pas quand est-ce que j'aurai un enfant? Avec qui j'aurai un enfant? C'est comment je vais appeler cet enfant? Anne-Fleur Andrle C’est vrai? Alexandra Ouais, dans mon entourage, c'était vraiment LA question ! Et dès qu'on disait « Ah, machin a eu un enfant! » machin qu’on ne connaît même pas, la seule, la première question c'est comment il s'appelle ? Comment il s'appelle et pourquoi ? Donc je me suis dit les gens adorent connaître le prénom mais par contre on ne connaît pas beaucoup l'histoire du prénom parce que comme la majorité des gens le disent après la naissance, justement pour pas se prendre des réflexions, c'est un peu trop tard pour demander pourquoi. Parce que, déjà, ça peut être mal pris ! Tu vois si on dit « Ah bon, bah pourquoi tu l'as appelée Sofia ? » par exemple pour le prénom de ma fille et tu vois je trouve que ça ne se fait pas de poser cette question. Ça peut être un peu abrupte et puis en plus quand l'enfant vient de naître bon bah t'es tellement dans autre chose et pendant plusieurs mois tellement dans autre chose qu’après, en fait, le sujet n'est plus trop abordé et c'est dommage parce que les parents se sont tellement pris la tête ! Anne-Fleur Andrle C'est vrai. Alexandra C'est tellement un énorme truc avant la naissance que voilà du coup j'avais envie de remettre un peu ce moment-là au centre et cette décision-là, qui avant que l'enfant naisse est quand même la décision très très importante que tu prends pour lui ou pour elle. Et voilà donc c'est comme ça que j'ai eu l'idée, assez simplement. Anne-Fleur Andrle Trop bien ! Du coup, j'aimerais bien savoir entre l'idée et la sortie du premier épisode, il s’est passé quoi? Tu sembles, dans ce que tu expliques, avoir été déterminée assez rapidement à sortir un podcast? Comment est-ce que ça s'est passé concrètement, en vrai? Alexandra Ouais mais alors en fait par contre, j'ai mis quand même du temps. On va dire que j'ai eu l'idée, vraiment hyper rapidement, peut-être une semaine après avoir écouté le premier podcast « Bliss ». Anne-Fleur Andrle Ah ouais ! Alexandra Vraiment, je me dis je vais le faire et je veux que ce soit sur les prénoms et tout ça. Donc ça, c'était en septembre et j'ai enregistré mon premier épisode en janvier et pourtant je savais qui était l'amie que j'ai interviewé en premier et j'ai eu quand même assez vite une idée des questions, de tout ça, mais en fait je n’arrivais pas à passer le cap d'acheter du matériel qui est quand même coûteux. C'est pas non plus un gros investissement quand on voit d’autres personnes qui font de l'entreprenariat mais bon je me disais : « Oh là là, mais c'est trop bête, si tu dépenses ça et qu'en fait tu ne fais qu'un épisode » ou « Tu le fais jamais » ou finalement que tu ne t’y tiens pas… Voilà j'arrivais pas à passer le cap et c'est vraiment mon mec, tout le temps, il me disait : « Mais pourquoi tu le fais pas? Mais c'est une super idée, ça va marcher, fais-le ! Fais-le ! Fais-le ! » Et un jour il a pris son ordinateur et c'est lui qui a commandé ! Anne-Fleur Andrle C'est génial, J’adore ! Alexandra C’est vraiment à lui que je dois l'existence du podcast parce que c'est lui qui l'a fait ! Anne-Fleur Andrle Du coup, là, ça fait un an presque tout pile que tu t'es lancée. Tu t'es lancé au mois de janvier 2020 et on est, au jour où on enregistre cet épisode, au mois de janvier 2021, qu’est-ce qu’il t'apporte au quotidien ce podcast finalement? Alexandra Bah déjà c'est plein de rencontres, plein d'histoires, c'est plein d'échanges. Je reçois beaucoup beaucoup de messages d’auditrices, parce que c'est quand même à 99%, je pense, écouté par des filles. Beaucoup de témoignages aussi parce qu'il y a beaucoup de gens qui veulent venir raconter l'histoire de leur prénom donc ça, c'est hyper chouette, tous ces moments d'échange et de partage. Il y a beaucoup de mamans que j'ai interviewé avec qui je me suis très bien entendue et avec qui c'était de chouettes rencontres et puis en plus ça me sort tellement de mon métier et ma vie que c'est hyper enrichissant pour moi. Après, je ne connaissais pas Instagram avant de commencer le podcast donc du coup, tu vois, ça a été un peu aussi une découverte Instagram! La maternité enfin surtout le mouvement de la maternité sur Instagram, la libération de la parole et tous les podcasts sur la maternité qui existent comme le tien, même des podcasts, un peu de niche, mais qui aident car on se sent moins seule. Anne-Fleur Andrle Si on devait écouter un épisode uniquement de ton podcast, ce serait lequel et pourquoi? Alexandra Bah le plus dingue, c'est celui que j'ai sorti cette semaine. L'histoire la plus dingue! C'est l'histoire du prénom Hippolyte, c'est Estelle qui la raconte. Je ne vais pas dire pourquoi, parce que c'est dingue et c'est tout l'intérêt de l'épisode ! Et c'est l'épisode où j'ai eu le plus de messages et de retours. Les gens étaient bluffés et en plus elle a une manière de la raconter qui était très drôle. Donc moi j'ai passé un très bon moment et les gens à l'écoute aussi. Et après, au-delà de ça, parce que son histoire est unique et je pense qu'il n'y en n’aura pas vraiment d'autres comme ça, après je conseillerais les épisodes Elie ou même Roma. Dans un genre différent, qui correspond à l'idée que j'avais du podcast c'est de raconter et d'aller expliquer la signification, le choix, l'idée de faire hommage à quelque chose ou au contraire pour l'épisode d’Elie, comme des fois tu te rends compte que le choix d'un prénom peut être hyper troublant parce qu'il peut renvoyer à plein plein de choses, qu'en fait, t'avais jamais conscientisé, que tu ne savais pas que ça allait arriver et en fait ça colle parfaitement. Anne-Fleur Andrle J'ai déjà écouté celui de cette semaine sur Hippolyte, j'ai déjà écouté Roma mais Elie ne me dit rien donc je serais contente de découvrir ça Alexandra Et puis, en plus, Danielle a une super manière de raconter des choses. Je pense à l'épisode de Jasmine avec Clémentine Sarlat, que tu as reçu aussi, dans un genre proche de l'épisode Hippolyte parce que son histoire est assez dingue. Je l'ai trouvé vraiment sympa aussi, très sympa. Et j'ai eu beaucoup beaucoup de de retours, les gens ont adoré. Anne-Fleur Andrle Justement, comment est-ce que tu choisis tes invités? Alexandra Alors, au tout début, quand j'ai commencé je ne connaissais pas Instagram donc je ne connaissais pas d’influenceuses, je ne connaissais pas du tout les mamans Instagram. Puis, j'en ai contacté quelques-unes et j'ai quand même souvent eu des retours positifs. Par exemple, j'avais contacté Émilie Daudin de The brunette parce que le prénom de sa fille, je le trouvais très rare, c'était Pernille. Pareil, Audrey Azzed sur Instagram le prénom de sa fille c'est Joey et du coup c'était deux prénoms assez uniques et donc je m'étais dit : « Ah derrière, il doit y avoir une histoire ! » ou de toute façon ça suscitera la curiosité. Et après, en fait, à un moment donné, au début de l'été je crois, j'ai demandé aux gens qui m'écoutaient qui ils avaient envie d'entendre et j'ai eu tellement de réponses que j'ai des idées maintenant pour longtemps. Après j’interview pas que des influenceuses ou pas que des personnalités mais il y a aussi des témoignages d'anonymes. Et là, j’en reçois spontanément beaucoup beaucoup. Donc après ça met du temps, tu sais, d'écouter, de répondre et tout ça mais bon il y a aussi par ce biais là que j'ai des histoires. Par exemple, la semaine prochaine ce sera une histoire que j'aime beaucoup, elle m'avait écrit pour me raconter son histoire et après on s'est rencontré et on a enregistré. Anne-Fleur Andrle D’ac ! Alors du coup je me demandais, tu enregistres plutôt en personne ou à distance ? Enfin, j'imagine que l'année passée et peut-être une partie de l'année à venir apporte quand même son lot de challenges et difficultés pour les rencontres en personne. Alexandra Je mettais vraiment un point d'honneur, quand j’ai commencé, à enregistrer en personne. Enfin, en fait, je ne savais même pas qu'on pouvait enregistrer à distance donc voilà. Après il y a eu le confinement donc moi ça a complètement stoppé le podcast. Enfin, je ne savais plus comment faire quoi, je n'avais pas compris qu’on pouvait enregistrer à distance et j'avais peur que le son soit hyper mauvais bon ce qui était un peu le cas en plus au début pour moi. Enfin c'était pas hyper mauvais mais c'était vraiment pas aussi bon et puis j'ai pris un peu le pli de l'enregistrement à distance et maintenant j’enregistre quand même tout ce que je peux faire en personne, je le fais en personne mais clairement entre les confinements, les couvre-feux et les gens aussi qui vivent à l'étranger ou qui vivent pas à Paris et dont j'ai envie d'entendre les histoires, c'est 50/50. Anne-Fleur Andrle Comment est-ce que tu prépares, du coup, tes rencontres avec tes invités? Est-ce que tu fais beaucoup de recherches en amont? Est-ce que tu as des conversations poussées un petit peu avant les enregistrements ou est-ce qu’au final, tu te laisses vraiment porter par la découverte de l'histoire de chacun et tu en fais un peu un épisode unique comme ça? Alexandra Non mais même pas sauf quand c'est des témoignages d'anonymes parce qu'elles m'écrivent et qu'elles m’expliquent l'histoire et donc, en effet, je l'ai sélectionné mais quand c'est des gens que j'ai sélectionné sur Instagram je ne connais même pas l'histoire, je connais juste le prénom mais après moi c'est un format qui a un peu peut-être un peu comme le tien tu sais, c'est un peu les mêmes questions qui vont revenir. Alors après la conversation va prendre un tour particulier mais du coup tu vois je connais mes questions. C'est un peu une chronologie, je suis la chronologie et puis après je me laisse porter par la conversation. Anne-Fleur Andrle Et du coup, en post de production est-ce que c'est toi qui réalise, qui fait le montage ou qui édite? Ou est-ce que tu as un coup de main là-dessus? Alexandra Non, maintenant c'est moi ! De la même manière que j'étais incapable d'acheter mon micro, j'étais incapable de m’y mettre. Si, j'avais quand même suivi des petits tutos, c'était Pauline Laigneau, qui a une chaîne youtube là-dessus. Moi j'ai beaucoup écouté, ça m'a beaucoup aidé mais d'ailleurs c'est comme ça que j'ai choisi le matériel à acheter. Et donc, c'est elle qui avait aussi un peu expliqué, le montage et tout. Mais moi, j'arrivais pas à monter donc c'est mon mec qui l'a fait aussi alors qu'il est avocat donc encore sympa. Et c'est son frère qui travaille dans la musique qui est artiste et qui du coup lui, forcément, il était beaucoup plus au fait, c'est donc mon beau-frère qui a monté les 2 premiers puis il a montré à mon compagnon. Anne-Fleur Andrle C'est génial ... Alexandra Ouais et après je m’y suis mise au confinement et maintenant je fais tout toute seule. Anne-Fleur Andrle Trop bien, bravo ! Alors, du coup, maintenant tu maîtrises! Tu montes sur quoi? Alexandra Je monte sur Ripper. Oui, oui, je maîtrise. En fait, en réalité, c'est que moi je suis nulle en technique. Mais, en fait, ce n’est vraiment pas très compliqué mais une fois que t'as pris le pli c'est à fond! Anne-Fleur Andrle Je suis carrément d'accord avec toi, je crois que quand on se lance dans des projets comme ça on se trouve tous des ressources qu'on ne soupçonnait pas hein? Alexandra Ouais sûrement ! Anne-Fleur Andrle Oui et la technique fait souvent peur mais, en fait, un peu à défaut parce que finalement ça se passe plutôt bien ! Alexandra C'est ça mais moi c'est vrai que ça c'était un gros frein, et même l'utilisation du micro, du zoom. Mais d'ailleurs, c'est là que ça m'a sauvé la vie les vidéos de Pauline Laigneau. Anne-Fleur Andrle Est-ce que, du coup, tu édites, enfin tu montes beaucoup ou est-ce que tu laisses vraiment le flux de la conversation tel quel? Alexandra Ça dépend. Mais si je monte quand même mais parce que je veux conserver un format plutôt court donc je monte quand même mais pas tant que ça parce que bon une histoire de prénom c'est rare que ça dure 1h. Anne-Fleur Andrle Est-ce que tu as déjà eu le trac avant la sortie d'un épisode ou avant d'avoir rencontré un de tes invité par exemple? Alexandra Ah oui, avant la sortie d'un épisode, non. Le seul truc c'est que je me disais « Mince, J'espère que j'ai tout vérifié, qu'il n'y a pas de bug technique » et puis une fois, il y en a eu un, et je me dis ce n’est pas grave je m’y remets, je refais, je remonte, j’enlève et voilà ça me prend 10 secondes et c'est plus très grave finalement ça. Avant les rencontres, oui, je pense mais tu vois le fait que ce soit à distance finalement… Pendant Clémentine Sarlat, je pense que j'aurais eu le trac parce que moi j'ai écouté ses podcasts religieusement et puis elles sont deux à vivre de podcasts sur la maternité. Anne-Fleur Andrle Moi aussi j'étais hyper impressionnée quand je l'ai rencontrée. Alexandra Moi, comme c'était à distance, du coup c'était plus facile quoi. Tu vois, c'était plus facile et puis en plus elle est très avenante. Peut-être aussi le premier que j'ai fait mais l elle était hyper sympa aussi. Anne-Fleur Andrle Tant mieux. Est-ce que tu pourrais partager un des plus gros fail de cette année écoulée de podcasts ? Une galère et comment tu t'en es sortie? Alexandra Je n’ai pas vraiment eu de vraie galère. Je dirais les galères peut être ça a été de se mettre à l'enregistrement à distance, de prendre le pli et de de se dire si c'est un petit peu moins bien ce n’est pas grave. Justement, de passer encore outre l'obstacle un peu technique et d'aller regarder comment on faisait sur des blogs. Et puis de s'y mettre quoi ! Donc il fallait juste s'y mettre. Peut-être, finalement, ce n’est pas des fail mais tu sais, peut-être comme toi, des fois, tu contactes des gens, ils ne te répondent pas, ils te répondent pas, te répondent pas parce que sur Instagram, enfin toi, t'es personne comparé à eux et en fait c'était Clémentine Sarlat justement qui dans un podcast sur Le Gratin… Anne-Fleur Andrle Non sérieux, c'est énorme parce que c'est, moi aussi en fait, en l’entendant dire ça dans Le Gratin, en disant qu'il fallait la contacter, la harceler, bien sûr avec tous les guillemets, que j'ai pris mon courage à deux mains et que je l'ai contactée. Alexandra Exactement et elle dit qu’il ne faut pas avoir peur de relancer, relancer, relancer parce qu’elle disait « même moi je passe ma vie à relancer des gens ». Ouais en fait je le comprends et du coup ça et tu vois bah c'est quand je l'ai écouté, je l'ai relancée et du coup elle m’a dit oui et en fait j'en ai relancé plein. Et puis, tu vois, des fois, quand je relance, les gens finissent par me dire oui. Non pas que je me sois acharnée mais en fait ils finissent par voir mon message parce qu’ils en reçoivent tellement. Enfin, je pense à des gens assez connus, enfin très suivis, elles reçoivent tellement de messages que je comprends bien que le mien passe à la trappe ! Et en fait maintenant je n’hésite pas à relancer, à renvoyer des mails. Quand on m'a dit : « non » je j'accepte. Disons quand même, je ne suis pas folle! Donc ce n’est pas des fail finalement. Enfin, sur le coup, je le prenais très mal qu’on ne me réponde pas. Maintenant, je comprends bien. Ou après, sur les écoutes, il faut accepter qu’il y ait des épisodes qui soient plus écoutés que d'autres. Mais ce n’est pas des échecs dans la mesure où on t'écoute quand même. L'audience c'est peut-être le truc ou j'ai du mal c’est qu’évidemment, je l’ai fait comme un hobby à la base mais après je trouve que c'est comme un écrivain qui écrit un livre, tu as envie que ce soit quand même écouté et où tu mets la barre pour t’estimer satisfaite Anne-Fleur Andrle Et alors comment est-ce que tu le places ce curseur? Alexandra Je pense que je le place très haut et c'est pour ça que j'ai du mal à m’estimer satisfaite, ce qui est un peu dommage parce que c’est un truc qui démarre, comme un truc qui est censé être un hobby et qui te rend contente et je devrais l'être parce qu'en plus pour un podcast qui démarre, et puis je ne fais pas du tout ça à plein temps, j'ai quand même des belles audiences mais bon j'ai du mal à être satisfaite. Mais je ne sais pas où je mets le curseur pour autant ! Tu vois, je ne sais pas si je me dis : « Ah bah tiens, à 100 000 écoutes par mois, je serai contente ». Je pense que oui mais tu vois j'ai fait 65000 écoutes en décembre. C’est quand même pas mal, j'étais contente mais pas non plus hyper satisfaite. Ça, c'est mon problème dans d'autres domaines aussi. Anne-Fleur Andrle Est-ce que tu te souviens d'un épisode qui t'a particulièrement marquée depuis que tu écoutes des podcasts en général ? Un épisode spécifique ? Alexandra Tous podcasts confondus ? Anne-Fleur Andrle Ouais parmi tous les podcasts que tu écoutes en tout cas? Alexandra Je vais parler plutôt des podcasts français parce que j'écoute beaucoup beaucoup de podcasts américains mais c'était mon parcours personnel et le podcast que j'avais besoin d'entendre à ce moment-là c'était Bliss : Le témoignage d'Emilie Daudin sur la césarienne d'urgence parce que j'avais vécu la même chose et personne autour de moi ne l’avait vécu et ça, ça m'a fait vraiment me sentir moins seule donc je dirais celui-là. Anne-Fleur Andrle OK très bien. Actuellement, je ne sais pas du coup si ça a changé, c'est quoi ton podcast préféré? Le podcast dont tu ne loupes aucun épisode? Alexandra Je dirais que c'est « Bliss » encore, « Bliss » et « La matrescence ». Anne-Fleur Andrle Ah ouais quand même, déclaration d'amour total pour les podcasts sur la maternité. Alexandra Et ce que j'écoute beaucoup mais ce n’est pas des choses qui sortent toutes les semaines, j'écoute beaucoup de séries et donc par exemple des séries qui m'ont marquées aussi mais c'est pas un épisode mais une série, c’est « Entre » Anne-Fleur Andrle Les 2 saisons sont canons d'ailleurs, Laquelle? Alexandra La saison 1 de « Entre » de Louie Media. Vraiment c'est un des trucs les plus incroyables… Anne-Fleur Andrle Tu veux en parler un petit peu pour ceux qui ne connaissent pas? leur expliquer un peu le concept de ce podcast? Alexandra Ouais, je ne veux pas trop dire mais c'est vraiment incroyable. C'est une petite fille, enfin, une petite fille, non ! Elle a 12 ans donc c'est vraiment l'entrée au collège. Elle livre un peu sa vie comme un journal intime, un petit peu et en fait c'est pas du tout cucu ou quoi enfin au contraire, c'est très profond. Et bon, la petite fille est incroyable donc je pense que ça en est pour beaucoup dans la qualité du podcast. J'ai trouvé ça hyper touchant, très beau. Ça me concerne pas du tout parce que j'ai personne autour de moi qui soit en pré adolescence, ma fille a 2 ans. Mais vraiment j'ai trouvé que c'était magnifique et vraiment je recommande ce podcast! En plus c'est très cout. Ça dure 10 minutes et il y en a 10 donc limite j'avais du tout écouter d'une traite, j'ai adoré. Et aussi dans le genre série qui m'a vraiment marquée c'était une série : « Les pieds sur terre ». Donc c'est un podcast de France Culture : c'était une famille dont la fille est enrôlée dans Daesh. C'était incroyable aussi, incroyable à tous les points de vue, tu suis vraiment la famille, tu plonges dans l'intérieur de cette famille et la mère, en plus, était assez extraordinaire et j'avais trouvé ça vachement bien aussi. Anne-Fleur Andrle Il ne me dit rien celui-là alors que je suis une grande fan des « Pieds sur terre » ! Je vais le retrouver, je le mettrai dans les notes du podcast avec tous les épisodes que tu recommandes. France Culture franchement d'ailleurs, « Les pieds sur terre » plus particulièrement, je le trouve exceptionnel en termes de portraits, de racontage d'histoires, ils sont vraiment fous. Alexandra C'est ça ! Moi les mini séries, j'adore et il n’y en a limite pas assez à mon goût. Anne-Fleur Andrle Je te rejoins complètement là-dessus. Je crois que moi j'ai commencé à l'inverse plutôt par des podcasts avec des témoignages assez longs, à des interviews et de plus en plus, je me tourne vers des podcasts pas hyper produits du coup, des documentaires, des mini-séries et je suis archi fan donc merci pour ces recommandations parce que je connais tout! Alexandra Ça je suis fan et alors pour le coup, je connais qu’en version anglaise et bien sûr, il doit y avoir une version française, les mini séries fictions. J'en ai écouté aussi que j'ai adoré. Homecoming, par exemple. Maintenant, c’est une série sur Netflix mais à la base c'était un podcast. Anne-Fleur Andrle Est-ce qu'il y a un conseil que tu aurais aimé qu'on te donne quand tu t'es lancée et qui pourrait, du coup, bénéficier à des aspirants podcasteurs ou même des podcasteurs tout court? Alexandra Moi c'était vraiment sur la technique. Donc, finalement on ne me les a pas donnés directement mais via la chaîne Youtube de Pauline Laigneau, je les ai eu. Puis je sais que maintenant, il y a de plus en plus de formations là-dessus donc moi ça m'a aidée. Après, peut-être le truc que j'aurais aimé qu'on me dise, que j'ai envie de dire aux gens qui sont un peu comme dans ma situation, tu sais on entend beaucoup de gens qui disent : « moi j'ai eu l'idée et puis ça s'est fait, mais vraiment, en 10 minutes ! C'était fait le lendemain ! J'ai acheté mon micro et j'enregistrais, ça cartonnait ». Tant mieux pour ces gens-là ! Il y a des fonceurs et c'est top mais pour les gens qui ne sont pas comme ça ou qui ont des hésitations, j'ai envie de dire que c'est pas grave. Enfin, pour certaines personnes, c'est pas grave de prendre son temps et à la limite ça peut être valorisé et ça n'empêchera pas de s'y mettre à fond derrière. Donc accepter qu’il puisse nous falloir plusieurs semaines ou plusieurs mois pour passer le cap d'acheter son matériel ou d'avoir vraiment son idée ou même de passer à l'enregistrement du premier épisode qui peut faire un peu peur. D'accepter que ça puisse prendre du temps, même dans sa tête mais qu’après, par contre, une fois que s'est lancé, ça roule! Anne-Fleur Andrle Très joli conseil ! On te souhaite quoi du coup, là, pour la suite? Alexandra Que ça continue ! Des écoutes ! Anne-Fleur Andrle Les fameux 100000 téléchargements par mois ! Alexandra Parce qu'en fait le nerf de la guerre c'est d'espérer être sponsorisé : plus t’as d’écoutes, plus tu peux espérer être sponsorisé et donc avec cet argent avoir quelqu'un qui monte et pouvoir, toi, faire plus de choses quoi ! Parce que bon moi là clairement j'ai un emploi d'avocate à plein temps, une petite fille, un podcast une fois par semaine, je peux difficilement faire plus ! Et pourtant j'aimerais faire plus ! Et tu vois, j'ai d'autres idées mais là, à moins d’arrêter de dormir ça me paraît compliqué ! Donc c'est plus pour ça, parce que je me dis que ça m'aiderait à développer parce que même, enfin je sais pas toi mais moi je fais aussi tout l’Instagram et ça prend du temps. Même démarcher les gens, tout prend du temps pour que ça évolue bien. Anne-Fleur Andrle Est-ce que tu aurais un petit mot de la fin? Alexandra Belle écoute de tous les podcasts le mien et ceux des autres parce que je considère vraiment qu'il y a de la place pour tout le monde, en tout cas, pour tout type de podcasts à la condition, en effet, de choisir un truc qui soit un peu original mais voilà lancez-vous pour celles qui veulent se lancer et puis continuez d’écouter pour les auditrices fidèles. Texte adapté à partir de l'épisode 12 de Génération Podcast. Edité pour la compréhension. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à me rendre service et à aider le podcast un peu à gagner en visibilité. Pour cela, direction Apple podcast si vous avez un iPhone ou un Mac : laissez 5 étoiles au podcast et un petit mot doux. Ça fait, d'abord, hyper plaisir et ça aide vraiment au développement du podcast. Si vous n'avez pas accès à un iPhone ou un Mac, sachez qu’en parler autour de vous sur les réseaux sociaux ça m'aide aussi énormément. Écoute l'épisode avec Alexandra juste ici.

Sélection hors série : journée de lutte contre le cancer

Sélection hors série : journée de lutte contre le cancer

« Le mot cancer fait peur ! Il m’a fait peur… Je pense que c'est la plus grande peur de beaucoup de personnes donc pourquoi pas aller à l'écoute de cette peur pour montrer ce que c'est… » Emilie Daudin, blogueuse, podcasteuse, récemment diagnostiquée d'un cancer triple négatif du sein. Je me permets de prendre le micro (et la plume) avant notre traditionnel rendez-vous du dimanche, aujourd'hui 4 février, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre le cancer. Chaque année, le 4 février, l'OMS, qui est l'Organisation Mondiale de la Santé, s'associe au centre international de recherche sur le cancer, aussi connu sous l'acronyme CIRC, afin de promouvoir les moyens de faire reculer la morbidité que l'on doit à cette maladie. Car oui, chaque année 9,6 millions de personnes décèdent du cancer. C'est plus que le VIH sida, la malaria et la tuberculose réunis. Selon l'OMS toujours, environ un tiers de ces décès peuvent être évités et si détectés suffisamment tôt alors un autre tiers d'entre eux seraient même guérissables. C'est pas complètement dingue. Alors vous le savez peut-être si vous m'écoutez ailleurs qu'ici mais les sujets dont on n'ose pas parler sont des sujets qui me passionnent et qui collent à mon micro. Je ne suis ni médecin, ni chercheur, enfin je ne le suis plus, mais je pense que parler peut contribuer à la prévention. Alors, aujourd'hui j'ai eu envie de vous proposer une sélection d’épisodes et de podcasts qui traitent du cancer parce que je reste convaincue que le savoir : c'est le pouvoir. Pour l'occasion, je vous propose des podcasts et vous (re)présente à une podcasteuse, Émilie Daudin, qui a récemment lancé le podcast Triple négatif. La sélection inclue les podcasts suivants : Combattre le cancer par l'Institut Pasteur (16 min) Les combattantes par Marielle Fournier, pour RTL Originals (épisode 1, 21 min) Interception de France Inter (Les enfants de Gustave Roussy, la vie malgré le cancer, 50 min) Patients Ensemble de Céline (Franck Marandet, le cancer du sein chez l'homme, 18 min) Expat Families par Cindy Cauley (épisode 29, Jenny - Combat contre un cancer du sein pendant sa grossesse en Australie, 80 min) Triple Négatif par Emilie Daudin (épisode 1, 10 min) Triple Négatif Triple négatif est sorti tout récemment et est produit par Émilie Daudin. Vous la connaissez peut-être sur les réseaux sous le pseudo de Émilie Brunette. Émilie a lancé le podcast « Triple négatif » il y a à peine quelques jours mais elle n'en est pas à son coup d'essai en termes de podcasts… J'ai co-crée deux podcasts. Le premier s'appelle « Pow[her] » avec Émilie Le Guiniec qui est une de mes meilleures amies et également « Pow[her] Mama ». Le premier podcast « Pow[her] » parle de l’empowerment des femmes et « Pow[her] Mama » parle de la maternité déculpabilisante. J'ai aussi créé récemment le podcast « Triple négatif » qui va parler, du coup, du cancer triple négatif. Émilie a découvert son cancer du sein à l'âge de 32 ans, il y a quelques mois tout juste. Un cancer agressif un triple négatif. En fait le cancer du sein triple négatif concerne environ 15 à 20 % des cancers du sein. Il faut savoir qu'il y a 4 cancers du sein différents, pas qu'un seul et qu’ils ne se guérissent pas tous très bien malheureusement. Le problème du cancer du sein triple négatif c'est qu’en fait il y a 50 % des cancers du sein triple négatif qui se soignent bien, d'autres qui sont résistants à la chimiothérapie donc ça va être plus compliqué de les soigner. Il y a un très gros risque de récidive. Il ne répond pas aux œstrogènes, ni à la progestérone, ni la surpression de récepteurs à la protéine R 2 donc c'est pour ça qu'ils sont négatifs à chaque fois d'où le terme triple négatif. Un cancer vraiment difficile à soigner et on espère, enfin moi j'espère en tout cas, en guérir. Il touche beaucoup de femmes qui ont moins de 40 ans dont moi. Je vous le disais, ce podcast a quelques jours à peine. J'ai demandé à Émilie si elle pouvait nous raconter ce projet et comment est-ce qu'elle avait décidé que ce serait un podcast et non une vidéo ou encore un livre par exemple. Quand j'ai découvert mon cancer, j’ai fait un épisode de podcast dans « Pow[her] » pour en parler puisque je savais qu'on allait toucher beaucoup de personnes. Il a été énormément écouté et ce qui a permis aussi, du coup, d'avoir ces personnes qui vont aller se dépister, qui vont prendre soin d'elles, c'était, vraiment, un peu, un cri d'alarme cet épisode de podcast. Tout de suite, en fait, je me suis dit bien sûr j'aimerais créer un livre sur mon épisode de cancer pour pouvoir aider beaucoup de personnes, les personnes aussi qui sont sourdes et qui ne peuvent pas écouter les podcasts. Mais c'était plus facile pour moi de créer un épisode de podcast parce que c'est ce que je sais faire de mieux, que c'est beaucoup plus facile pour moi de parler et que ça permettrait du coup d'échanger et d'avoir ce soutien moral et d’écoute quand on vient d'être diagnostiquée d'un cancer, qui était hyper important. Moi quand on m'a diagnostiqué ce cancer, j'ai bien sûr écouté le podcast « Impatiente » qui est incroyable. C'est un podcast féministe un peu sur le cancer du sein. Il n’y avait pas de podcast sur le cancer à proprement parler à part des épisodes, effectivement, comme le mien ou j’ai parlé du cancer, il y avait d'autres qui parlent aussi de leur cancer mais c'était important d'avoir un podcast dédié au cancer. Il s'agit d'un podcast sous forme de journal, qui accompagne Émilie dans son parcours au jour le jour. On y parle chiffres, on y donne vraiment du concret et Émilie y a l'ambition de partager quelques astuces du quotidien et espère vraiment démystifier les mots un peu barbares et parfois tabous autour du cancer afin d'en libérer la parole. Je vais parler des proches, je vais parler de la sexualité, je vais parler de la chirurgie, je vais parler de la ménopause parce que je suis concernée en ce moment puisque je suis ménopausée. Je vais parler vraiment de tous les sujets : la peur, l'angoisse… Ce sera à la fois un journal audio et à la fois informatif. Et puis bien sûr, c'est important pour moi d’interviewer des personnes qui ont à la fois le cancer du sein triple négatif et qui sont en rémission parce que c'est important d'avoir des témoignages de rémission. C'est ce qu'on recherche en priorité quand on est malade. Et aussi avoir des témoignages de personnes qui sont actuellement en traitement pour qui ça se passe moins bien, qui sont soit métastasées, soit en fin de vie, soit en plein traitement comme moi actuellement. Et puisque cette sélection est une sélection hors-série à l'occasion de la journée internationale de lutte contre le cancer, j'ai demandé à Émilie qu'est-ce que cette journée internationale, cette journée si particulière lui évoque. La journée internationale de lutte contre le cancer pour nous, pour moi, en tout cas, très important parce qu'on va faire une grande action avec « les triplettes » (c'est donc mon groupe de personnes qui ont le triple négatif). On est un petit collectif, on veut vraiment faire découvrir notre cancer. On avait prévu une grosse campagne d'affichage qu'on va repousser un peu plus tard. C'est un peu compliqué avec le Covid actuellement mais on va faire une vidéo. On va parler et montrer les visages des personnes qui ont ce cancer puisqu'il n'y a pas que moi. C'est pour le faire connaître, pour, aussi, avoir des traitements parce qu’on aimerait bien avoir accès à des traitements novateurs qui fonctionnent à l'étranger et qui ne sont pas encore reconnus en France. Et on aimerait vraiment éviter que les femmes dépensent des fortunes pour se faire soigner à l'étranger. Donc pour moi la journée internationale de lutte contre le cancer c'est faire honneur à tous les cancers, les montrer, éviter de les invisibiliser et faire en sorte de récolter de l'argent. Au moment où j'enregistre ces quelques mots, il y a seulement un épisode qui est sorti ainsi qu’une bande annonce et le premier épisode dure une dizaine de minutes environ. J'aimerais bien, effectivement, le sortir à intervalles réguliers, tous les 10 jours ou toutes les 2 semaines, toutes les semaines… C'est compliqué donc vu que je suis sur en chimiothérapie actuellement je ne me mets pas de pression parce que les épisodes je les écris à l'avance contrairement aux autres podcasts où c'est juste des interviews. Alors voilà, je trouve que ça résume vraiment bien l'idée de cette sélection spéciale que l'on soit concerné de près, de loin ou pas encore par le cancer, je pense que c'est super important de se renseigner, de savoir ce que c'est de vivre avec le cancer, ce que c'est d'aider quelqu'un qui est touché par le cancer et en écoutant ces histoires, en écoutant ses voix d'hommes et de femmes, ça permet aussi de ne pas invisibiliser ces humains qui sont très nombreux et qui ont besoin d'être entendus. Combattre le cancer, Institut Pasteur C'est un épisode qui permet de définir de quoi on parle justement aujourd'hui : du cancer. C'était un épisode qui est produit par l'Institut Pasteur. Il revient sur la définition du cancer, sur les enjeux de la recherche sur le sujet, sur le dépistage et les pistes de traitement. Cela dure 15 minutes et vous y apprendrez des choses comme est-ce qu'on doit parler du ou des cancers par exemple. Les combattantes, RTL Originals C’est un podcast qui s'appelle « Les combattantes » qui a été réalisé par RTL Originals et qui est présenté par Marielle Fournier qui est, elle aussi journaliste sur M6 il me semble. Dans ces 5 épisodes, Marielle interviewe Lili Sohn, qui est une célèbre autrice de BD, Aurélie Lamy, Viviane et Géraldine Dormoy qui est reporter à L'Express, il me semble également. Toutes reviennent sur le cancer du sein, sur leur cancer du sein. Dans ces 5 épisodes, 4 femmes témoignent donc en parallèle sur 5 thèmes à raison d'un thème par épisode. Ainsi, on traite de l'annonce, de voir son corps changer, du rapport aux autres, aux proches, de gérer et de vivre l'après maladie et enfin de comment rebondir après la maladie. Les interviews sont bienveillantes, très authentiques, absolument aucun tabou et même parfois marrantes. Je vous conseille de commencer par l'épisode numéro 1 qui dure 21 minutes. Interception Un autre podcast dont je vous recommande l'écoute, c'est un podcast de France Inter. Les mots « cancer » et « enfants » c’est une association de mots qu’on n’espère ne jamais entendre, c'est une association terrifiante. Dans son émission « Interception » les producteurs de ce podcast nous proposent une immersion totale à l'étage pédiatrique de l'institut Gustave Roussy, le tout premier centre de lutte contre le cancer en Europe. On passe donc cette petite heure avec plusieurs patients à découvrir leur quotidien et à découvrir comment est-ce qu’eux même vivent ces traitements et cette maladie. C'est vraiment très fort et je vous le recommandé très sincèrement Patients Ensemble J'aimerais vous recommander un autre épisode qui parle à nouveau du cancer du sein mais cette fois-ci chez l'homme. Je vous propose le témoignage de Franck Marandet qui en a souffert et qui en souffre. Alors Franck, l'invité de cet épisode de « Patients ensemble » a créé un blog qui s'appelle Fin du monde et poissons rouges, il vous explique d'ailleurs pourquoi dans son entretien avec Alice. Ce blog est d'ailleurs une mine d'informations sur son parcours. Si vous cherchez des informations sur le cancer du sein chez l'homme, c'est vraiment une bonne base de départ je pense. Et il raconte dans ce podcast comment le diagnostic de cette maladie, à tort comprise et imaginée un peu comme une maladie de femme, l'a forgé. Cet épisode, c'est l'épisode 26, il dure 18 minutes. Je vous conseille, d'ailleurs ce podcast « Patients ensemble » pour retrouver tous types de témoignages de patients, d'experts, d'associations, de médecins. C'est une vraie mine d'or Expat Families Dans ce podcast qui parle de parentalité et d'expatriation, Cindy Cauley donne la parole à Jenny, jeune maman française, expat en Australie, qui a découvert son cancer du sein pendant sa seconde grossesse. Alors qu'elle sent une boule qui ne lui semble pas complètement normale dans un de ses seins, Jenny décide de consulter un médecin qui la renvoie chez elle en lui disant : « t'es bien gentille mais c'est une boule de calcium ». Sauf que Jenny, elle savait qu'il y avait un truc qui clochait. Elle a insisté pour avoir des examens complémentaires et c'est comme ça que son triple négatif a été diagnostiqué. Vous verrez dans cet épisode, c'est assez impressionnant parce qu'on parle de sa grossesse et on parle aussi du pouvoir de la communauté pour mener à terme cette grossesse en sauvant non pas une, mais bien deux vies. C'est un épisode qui est certes très émouvant et si, bien sûr, je suis complètement admirative de toutes ces femmes et de tous ces patients atteints de cette maladie assez terrible, je dois dire que Jenny m'a particulièrement scotchée par la manière dont elle a vraiment décidé de mener cette grossesse à son terme malgré les circonstances qui étaient particulièrement difficiles et sans même chercher à rentrer dans un système de santé qu’elle connaissait par exemple. L'épisode dure 1h20. (Im)patiente Le quatrième podcast dont je vais vous parler tombe dans la catégorie du journal personnel. Je vous avais déjà parlé du podcast Impatiente dans l'épisode numéro 7 de Génération podcast début janvier 2021. Si vous ne l'avez pas encore écouté, je vous le recommande à nouveau. Voilà le pitch que l'on trouve sur le site de Nouvelles Ecoutes : Maëlle a 30 ans quand elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein métastatique, réputé incurable. En traitement continu depuis 3 ans, elle fait petit à petit l’expérience inattendue des injonctions à la féminité comme principale urgence face à cette maladie qui tue 12 000 femmes par an en France. En partant de son expérience, et en allant à la rencontre d’autres patient.e.s, d’oncologues, de chirurgiens, de psychologues mais aussi d’associations, de travailleur.se.s socia.le.ux, d’entrepreneur.e.s, de laboratoires pharmaceutiques et de personnalités politiques, cette série questionne la narration stéréotypée des cancers du sein, interroge les attentes de genre des patientes posées sur elles par la société, et invite tou.te.s les citoyen.ne.s à sortir de l’apathie pour lutter ensemble contre la maladie du siècle. Je vous en parlais juste ici (transcription á venir) Inspire Dans un autre registre, je vous recommande aussi d'écouter cet épisode de Inspire : Judith et Juliette, rien ne se passera comme prévu, mais tu vas y arriver (52 min). Cet épisode raconte comment le cancer de la Maman de l'une des cofondatrices de la marque Meme les a menées à créer la première marque de cosmétiques et de soins pour la peau adaptées aux malades du cancer. Et vous, est-ce que vous connaissez d'autres podcasts sur le sujet du cancer ? Si oui, ça m'intéresse, écrivez-moi. Aussi, c'est la toute première sélection « hors-série » que je vous propose alors n'hésitez pas à me faire vos retours directement sous la vignette de l'épisode, sur Instagram, pour me dire si ça vous a plu, si vous trouvez ça complètement inutile ou si ça vous a peut-être aidé. Je reste persuadée que se documenter sur le cancer, c'est pas un luxe qui est réservé aux malades, ni aux familles de malades alors si vous ne les écoutez pas tous choisissez en un et renseignez-vous un petit peu. Ce sera une écoute citoyenne. Et comme pour chaque sélection que je vous propose dans « Génération podcasts », retrouvez la liste des épisodes dont je vous parle dans la playlist Spotify du même nom, que vous retrouverez juste sous cet article. Épisode transcrit et adapté par Emilie Chabenat. Merci à elle !

Sélection : histoires de courrier, de meurtres et de temps qui passe

Sélection : histoires de courrier, de meurtres et de temps qui passe

Aujourd'hui, on va parler courrier et lettres en tous genres (Missives, en exclu sur Spotify), mais aussi histoires de couples et de temps qui passe (La séparation, Les Pieds sur Terre sur France Culture), et enfin petits meurtres... en famille (Home(icides) pour Bababam). Allez, hop, mets ton casque (et tes lunettes) et mets-toi à l'aise, c'est parti pour la sélection de la quinzaine, je n'ai que du très très bon à te faire découvrir ! Pour écouter cette sélection dans Génération Podcast, c'est par ici. Missives Alerte trouvaille ! Je te préviens tout de suite, tu risques de devenir accro. D'habitude, j'écoute tous les épisodes de podcasts sur Apple Podcast. Mais depuis que j'ai créé Génération Podcast, j'ajoute toutes les semaines tous les épisodes que je vous recommande dans la fameuse playlist du podcast sur Spotify. Et je dois bien avouer qu'à force d'y passer de plus en plus de temps, j'aime cette plateforme de plus en plus. Notamment ses recommandations. Alors je ne sais pas exactement comment je suis arrivée sur le podcast dont je vais te parler mais j'en suis ravie. Et si je te parle de Spotify, c'est parce que ce podcast est exclusivement dispo dessus. Missives est un podcast créé par Clémence Hacquart. Ça parle, comme son nom l'indique, de lettres. Dans Missive, des anonymes racontent comment la réception d'un message a changé leur rapport au monde, aux autres et à eux-mêmes. Bon, spoiler : il semblerait que ce podcast hautement addictif se soit terminé l'été dernier. Mais il n'empêche que tu as tout de même 10 épisodes pour te faire plaisir, 10 messages incroyables qui ont changé la vie d'anonymes narrateurs. On y parle d'amour et de haine envers une mère, d'histoires d'amour interdites, de correspondances sulfureuses, de joies immenses, de drames aussi. Impossible de rester de marbre à l'écoute de ces épisodes intenses. Le ton est juste et posé. A mi-chemin entre Transfert et les lettres de ton correspondant au collège, je ne peux que t'encourager à écouter ces épisodes. J'ai eu un peu de mal à n'en choisir qu'un à écouter. Je les ai tous écoutés cette semaine. Alors je vais te parler de deux d'entre eux : une dernière lettre qui est l'histoire d'ambition et d'amitié d'une enfant de 9 ans avec l'ambassadeur de France au Danemark, au fil des années. Grâce à ces échanges, Pauline la narratrice découvre le monde et se construit. Jusqu'à la dernière lettre ... (25 min) sinon il y a aussi le tout premier épisode de Missives, Ce qui concerne maman (23 min). La narratrice est une maman, une mère qui n'a pas aimé sa fille, Ariane, de son vivant. Jusqu'à son décès à l'âge de 18 ans, Ariane a tenu un journal intime dans lequel elle a scrupuleusement corrigé les preuves de désamour de sa mère, Gisèle. Plus de 20 ans plus tard, Gisèle raconte ce journal qu'elle a découvert à la mort de sa fille et pourquoi elle a décidé de publier celui-ci. Déchirant et incroyable. Bref, fonce vite découvrir Missives ! Home(icides) Le second podcast dont je vais te parler est à nouveau une mini-série. Alors perso les séries, audio comme télé, j'aime bien les découvrir après tout le monde. Ouais je sais qu'au niveau créateur de tendances on repassera. Mais en fait quand j'arrive après et bien je peux binger car j'ai tous les épisodes de prêts qui n'attendent que moi ! La dernière série dont je te parlais c'était le cas. J'avais fait ça aussi pour Lost, et avait bingé je-ne-sais-plus-combien de saisons et c'était génial (maintenant vous savez tous que je suis vieille). Aujourd'hui je fais une exception et je suis en plein suspens c'est insupportablement bon. As-tu entendu parler de Home(icides) ? c'est un jeu de mot avec le mot home, maison en anglais donc icides est entre parenthèses. Get it ? Bref, c'est un podcast Bababam dans lequel la journaliste Caroline Nogueras raconte les histoires des meurtres en famille, un peu à la Dupont de Ligonnes. Pour lancer cette série, elle nous dévoile tous les mystères des meurtres de Jean-Claude Romand, faux médecin, escroc en série et mythomane fini qui tue femme, enfants et parents. Une histoire qui a défrayé la chronique il y a une vingtaine d'années. Les épisodes sont courts, une dizaine de minutes, très précis et denses. Immense bravo. Une seule frustration : on en veut plus et vite. À écouter dans l'ordre. Tu peux commencer juste ici ! La Séparation Pendant les vacances de Noël, c'est la première fois depuis très longtemps que j'ai effectué une vraie déconnexion du boulot. Le boulot hors podcast, le boulot qui paye mes factures. C'était, bien entendu, très agréable, très reposant et ça m'a vraiment permis de me plonger et de binger un peu des épisodes de podcast, tout en passant du temps en famille. Bref, je ne suis pas là pour raconter ma vie, en tout cas, c'est comme ça que je suis tombée sur le podcast dont je vais vous parler maintenant. Il s'agit d'une série docufiction qui est passée dans Les pieds sur terre. Il s'agissait d'une rediffusion de la première diffusion telle quelle date du mois de septembre 2020. Ça s'appelle La séparation et c'est compose de 7 épisodes d'une trentaine de minutes, le format classique de « Les pieds sur terre ». Il s'agit de portraits intimes réalisés par une biographe sonore. J'ai eu le plaisir de m'entretenir avec Sophie Simonot qui est la créatrice de cette série de docufiction et de cet épisode dans « Les pieds sur terre ». Je lui ai demandé de quoi il s'agissait et puis surtout d'où lui était venue cette idée ? Quelle avait été l'impulsion ? Comment est-ce qu'on décide d'aller interviewer des gens pendant 25 ans ? Sophie Simonot Au départ, en fait, ce n’est pas du tout ni une émission de radio, ni un podcast, ni un projet. L'idée, c'est un cadeau parce que ce sont des amis proches et que dans notre groupe d'amis ils ont une place à part. Ils sont très amoureux à un moment où on a 25 ans, on est encore en train de batifoler, on va dans les bars, on rencontre des gens, etc. Eux, ils ont déjà acheté leur maison, construit leur maison de leurs mains. C'est un très beau couple, c'est ce qu'on appelle un couple mythique. En fait, moi, je fais déjà de la radio à ce moment-là : « Là-bas si j’y suis » sur France Inter. Je leur dis : « mon cadeau de mariage, ce sera un reportage sur le mariage » et je leur fais, je leur donne, ils sont ravis et c'est super bien, on est tous contents. Anne-Fleur Andrle Donc ça c'est le point de départ de l'histoire. Du coup, comment est-ce que tout ça est devenu une émission de radio ? Un podcast ? Sophie Simonot Je me mets à travailler aussi pour le tout début des « Pieds sur terre », je crois que l’émission a plus de de 15 ans, avec Sonia Kronlund. Je lui dis : « il se trouve que j'ai fait ça et que je trouve ça super. Est que t'aurais pas envie qu'on essaie d'en faire quelque chose? ». Je demande à Manue et Karim et ils donnent leur accord, c'était en 2003, la première diffusion du mariage. On décide d'en faire 3 épisodes, ça s'appelle « 3 jours dans la vie de Manue et Karim » c’est la plus belle et la plus universelle des histoires d'amour. Anne-Fleur Andrle Donc d'un cadeau de mariage à une série de 3 épisodes pour « Les pieds sur terre » il y a 15 ans, comment est-ce qu'on en est arrivé à une série de 7 épisodes? Sophie nous le raconte. Sophie: Ce sont des amis donc je continue de les voir pas très régulièrement mais on reste quand même amis et puis un jour, 14 ans après, j'apprends qu’ils vont se séparer. En tout cas, il y a de l'eau dans le gaz, ça ne se passe pas bien et d'ailleurs ils veulent commencer une médiation familiale. Là, je me dis : « mais c'est pas possible ». Moi j'ai beaucoup de mal avec les choses qui s'arrêtent et je veux comprendre pourquoi, qu'est-ce qui se passe. Intimement, je me dis que si j'arrive à comprendre comment un couple comme ça se sépare, peut-être que je vais réussir à fabriquer l'antidote de l'amour pour toujours… Je pars avec un peu ce fantasme et décide de comprendre comment une telle chose est possible. Je les appelle et leur dis : « en fait je suis venue 3 jours avant le mariage, est-ce que vous seriez d'accord que je revienne 3 jours avant la séparation? ». Et là, c'est un truc incroyable : ils disent oui ! Je pars en me disant, mais pas vraiment encore très consciemment, je ne veux pas qu’on puisse juger, je ne veux pas qu'on puisse prendre parti. Je veux comprendre la logique de chacun et je veux comprendre ce qu'ils ont dans le crâne. Je veux comprendre pourquoi on peut, un jour, arrêter d'aimer, comme ça. Quand Manue parle, je la comprends, quand Karim, parle je le comprends. Je les aime très fort et ce n’est pas forcément à ce moment-là le lieu d'en faire quelque chose. C’est un petit peu malhonnête de ma part de dire ça parce que j'ai dit, je crois, que depuis toujours bizarrement que j'ai commencé à enregistrer des sons, j'ai toujours eu la certitude que je ferai quelque chose de tout ça. Même le répondeur téléphonique sur Arte, quand je gardais les messages, je savais intuitivement … Mais, je ne me suis pas dit « tiens je vais aller faire la suite sur France culture ». On est parti, j'ai enregistré, je suis restée 3 jours. Je les ai laissés et je suis rentrée. J'ai mis les bandes dans mon ordinateur et je n’ai pas réécouté pendant une petite dizaine d'années… Je ne savais pas trop quoi en faire. J’ai eu besoin de laisser mûrir le truc. Voilà, c'est resté longtemps. Il y a 2 ans, j'ai commencé à me dire : « non mais quand même, faudrait que je réécoute ». Après, je me suis dit : « de toute façon j'ai envie d'en faire quelque chose et évidemment ce sera pour Les pieds sur terre ». D'abord, j'ai demandé à Manue et Karim. Je leur ai dit : « Voilà, je vais réécouter et j'aimerais en faire quelque chose pour proposer à Sonia Kronlund pour « Les pieds sur terre » mais je ne fais rien si vous n’êtes pas d'accord », même s‘ils avaient donné leur accord il y a 10 ans, on a droit de changer d'avis. Ils m'ont dit : « ouais pas de problème ». Ils ne se rappelaient absolument pas ce qu'ils avaient dit, ils me faisaient confiance. J'ai vu Sonia Kronlund, je lui dis : « j'aimerais faire la suite. Manue et Karim sont d’accord. Est-ce que ça te branche? » Elle m'a dit oui évidemment. C'est Sonia qui m'a dit : « ce serait quand même bien si on faisait une série qui a un épilogue, on a envie de savoir ce qu'ils sont devenus maintenant! ». C'est pour ça que j'ai rappelé Manue et Karim. Je leur ai dit que j'aimerais bien revenir 10 ans après et ils ont encore dit oui ! Je suis repartie, je suis rentrée le premier jour du confinement. Ça a été une aventure rocambolesque pour faire ce dernier tournage qui a failli ne pas avoir lieu à cause du confinement. Anne-Fleur Andrle C'est très réussi comme je vous le disais ! Au final, ça donne 7 épisodes qui racontent de manière chronologique l'histoire de ce couple, de son mariage à sa séparation. À priori, Sophie a encore pas mal de bandes à explorer donc gardez un œil de ce côté-là. Et elle est en train de réfléchir à mettre en lumière en 3 dimensions, finalement, ces histoires qu'elle raconte à l'audio. Elle s'intéresse tout particulièrement à la création d'une exposition qui unirait plus d'un sens. Affaire à suivre, je vous tiendrai informés. Et puis, si ces plongées dans le temps vous intéressent tout particulièrement, je vous invite à aller écouter l’autre podcast que Sophie a réalisé pour Arte radio. Il s'agit de 3 épisodes dans lesquels elle retrace l'histoire de son répondeur pendant 20 ans. Ça ne s'invente pas, c'est un petit bijou que je vous recommande également et je vous ajoute ça dans les notes de l'épisode. Je trouve ça absolument fascinant de se dire que c'est comme ça que notre présent et notre passé seront peut-être racontés à nos enfants dans le futur ! Allez, sur ce, je vous propose qu'on se laisse avec la bande-annonce. Bande annonce du Podcast « La séparation » Sophie : « J'ai commencé à enregistrer Manue et Karim quand ils se sont mariés il y a presque 25 ans. Dans notre cercle d'amis, c'était un couple mythique : ils partageaient la même passion pour le bricolage, les métaphores culinaires et une bonne dose d'anticonformisme. Surtout, ils arrivaient à nous faire croire à l'amour pour la vie. C'était en 1997, Manue avait une belle robe rose et ils se sont dit oui pour la vie. Quatorze ans plus tard, j'ai reçu des nouvelles de Manue et Karim. Ça n'allait pas très fort. Quand j'ai compris qu'ils parlaient même de séparation, je suis tombée des nues. Manue : « Je ne comprends pas pourquoi on n'arrive pas à être heureux dans cette vie-là. Elle est super ». Karim : « Les vacances je hais, Manue elle aime bien. Moi l'activité j'adore, Manue n’aime pas. Quand elle fait des fruits de mer, elle aime mais pas moi. Bon… A la rigueur ce n’est pas ça qui va faire une séparation de couple » Sophie : Alors je suis retournée les voir quelques jours avant le début de leur médiation de couple, je voulais savoir si c'était rattrapable… » Et voilà ! La sélection de cette quinzaine est au complet. J'espère que celle-ci vous plait et que ce format écrit vous aura donné envie d'écouter encore plus de podcasts. Tu peux retrouver tous les épisodes que je te recommande dans la playlist Spotify juste ici. Épisode retranscrit par Emilie Chabenat. 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