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  • Anne-Fleur Andrle

C'est décidé ... j'arrête d'allaiter !

Et je vous jure que ça ne fait pas de moi une mauvaise mère.


Pendant ma grossesse, j'ai été intriguée et intéressée par l'allaitement. Pour ses bienfaits innombrables pour bébé surtout, et puis à mesure que je faisais des recherches j'ai aussi découvert les avantages d'allaiter pour la maman. C'était donc plus ou moins décidé dans ma tête, j'avais envie d'essayer tout en étant certaine d'une chose : je n'avais pas envie de m'en rendre malade. Quelques mots sur mon histoire de maman allaitante pour commencer.




Une histoire de colostrum

Lorsque le travail de mon accouchement a démarré, le personnel de la maternité qui s'occupait de moi m'a demandé de confirmer mes souhaits, je leur ai donc expliqué que dans un monde idéal, j'aimerai allaiter mon bébé à naître et que mon objectif était de pouvoir lui donner le colostrum.


Le colostrum c'est ce liquide visqueux de couleur dorée que le corps de la femme enceinte commence à sécréter vers le 4ème mois de grossesse et qui précède le lait tel que nous le connaissons, c'est à dire blanc et très liquide. On n'en sécrète pas énormément, pendant 3 ou 4 jours post accouchement à raison de 50ml par jour grand maximum. Mais cela est grandement suffisant. Le corps humain est plutôt bien conçu.


Ce liquide doré est en fait très riche et concentré et il comporte vitamines, sels minéraux, protéines à gogo. Sa composition permet de protéger bébé lors de cette grande transition qu'est l'accouchement et donc son passage de la vie stérile à celle avec nous, peuplée - entre à y très cher odds - de bactéries. Bref, je voulais donc essayer de donner ce fameux colostrum au cours d'une tétée d'accueil lors de la naissance et la suite, ce ne serait que du bonus.


Décidée à ne pas paniquer

Je dis essayer et je prends un maximum de pincettes puisque c'était vraiment mon état d'esprit à l'époque. J'ai vu trop d'amies se rendre malade de ne pas réussir à allaiter et je ne voulais vraiment pas passer par là.


Allaiter ? Oui, si possible. Mais pas au détriment de ma santé mentale. Etant bébé, je n'ai pas été allaitée et je n'ai jamais douté de l'amour de ma maman pour moi ... et puis, je suis en parfaite santé !



Puis Bébé arriva

Un certain 24 décembre, Felix prit son Papa et moi par surprise en arrivant un peu plus tôt que prévu ! Sa légère prématurité rendit le début de l'allaitement un peu difficile car soit il n'arrivait pas trop à téter, soit il était tellement bien au sein de sa maman qu'il s'endormait (du coup, il ne prenait pas de poids et c'était un peu stressant).


Les médecins ont donc décidé de compléter avec du lait maternisé mais Bébé ne le digérait pas. Du coup, exit mes plans de "juste essayer", il m'a fallu me faire un peu violence. J'ai tiré mon lait toutes les 3 heures, nuit et jour, pour stimuler ma montée de lait précoce et ainsi lui donner des biberons de mon lait et/ou allaiter tout simplement.  


En parallèle, une consultante en lactation m'accompagnait au moins une fois par jour à l'hôpital pour apprendre à Bébé à téter au sein et pour m'apprendre à moi et à Papa quelques astuces pour que cela se passe bien.


Flash Forward jusqu'à aujourd'hui !

Avance rapide, cela m'a permis d'allaiter et de donner mon lait (dans un biberon ou au sein donc) à bébé jusqu'à ses 6 mois. On a introduit le lait maternisé vers 6 mois ainsi que les solides. Je commençais un nouveau job (avant je bossais de chez moi surtout) et la perspective de tirer mon lait au boulot ainsi que la logistique qui y est ire ne me réjouissait pas vraiment. Aujourd'hui, bébé a 7 mois et moi, je l´avoue  j'en ai marre de tirer mon lait ! Voilà je l'ai dit. Sur certains sites, je me fais appeler "mère indigne", "égoïste", "carriériste" (si, si !) parce que je désire arrêter d'allaiter mais je l'assume pleinement.


Mon coup de gueule c'est que la communauté très bienveillante des mères allaitantes ne l'est plus vraiment dès lors que l'on n'en fait plus partie. De plus, je trouve que l'on est très bien entourées lorsque l'on désire allaiter : entre les groupes Facebook dédiés au sujet , les comptes Instagram d'entraide géniaux (#mamalactee #lolohelpeuse), les groupes de soutien locaux, sans compter les innombrables sites Internet regorgeant d'informations et de conseils ; mais finalement il y a assez peu d'information sur l'arrêt de l'allaitement et aucune sorte de soutien. Il est grandement temps d’être bienveillantes entre nous, d’encourager les mamans dans leurs choix et de ne pas questionner (et encore moins juger) leurs décisions !


Bref, fini les #momguilt and #momshaming, si vous avez décidé d'arrêter d'allaiter, voici les conseils et infos que j'ai récupérés auprès de médecins, ostéopathes, consultantes en lactation et autres mamans qui sont tout simplement passées par là !



  1. Si tu veux arrêter, sache que ton pouvoir magique ne s'arrête pas instantanément (la production de lait). S'il est possible d'arrêter d'un coup "en urgence" (si tu dois prendre un médicament par exemple), il est préférable quand cela est possible d'accompagner ton corps et bébé dans cette transition et donc de ne pas tout arrêter du jour au lendemain.

  2. Les consultant(e)s en lactation (IBCLC) sont tout aussi qualifiées pour aider à l'apprentissage de l'allaitement qu'à son arrêt. Les groupes de soutien locaux aux US "breastfeeding group" dans presque toutes les villes sont aussi là pour ça. Bien souvent animés par des consultant(e)s professionnel(le)s, il ne faut pas hésiter à s'y rendre pour poser toutes ses questions et être accompagné. Cela permet aussi pour vous de rencontrer d'autres mamans qui traversent un peu la même chose au même moment et je sais que cela m'a beaucoup aidé pendant mon congés maternité.

  3. si vous cherchez à déculpabiliser (alors que vous devriez juste vous souvenir que vous êtes une héroïne !), sachez que les recommandations de l’OMS préconisent une alimentation exclusivement au lait maternel pendant les premiers 6 mois de la vie de bébé puis en parallèle de la diversification jusqu’à deux ans. Mais absolument tous les professionnels de santé vous le diront : ça ne vaut pas le coup de sacrifier votre santé, votre enfant et votre famille ont besoin de vous ! Vous avez allaité, en soi c'est une victoire, c'est loin d'être facile ce que vous avez accompli jusqu'à maintenant et tout ça, ce ne fut que du bon pour bébé ! Alors faut pas oublier de se féliciter aussi et de regarder le chemin parcouru. Les petites jambes potelées de bébé qui sont à croquer ? Eh bien c'est grace à vous !

  4. Il n'y a pas de bonne ni de mauvaise raison d'arrêter l'allaitement (pareil pour la décision de commencer ou non d'ailleurs). Ça peut paraitre évident dit comme ça mais ça ne l'est pas pour tout le monde. Il n'y a pas de raison plus légitime qu'une autre pour décider d'arrêter, chaque histoire est personnelle, entre vous et bébé. Les conseils - plus ou moins bienveillants - de votre entourage, collègues, amis ou même famille ne sont que cela : des conseils (et surtout des avis, ha !). Ce n'est pas leur cheminement, faites vous confiance et suivez votre feeling et vos envies surtout.

  5. Si vous pouvez arrêter progressivement, arrêter une tétée à la fois. Personnellement, j'ai d'abord arrêté en journée. J'ai retiré un repas (j'ai quand même nourri mon fils, hein ! mais avec du lait maternisé) pendant 1 semaine, puis un second. Au final j'ai continué comme ça encore un peu : j'ai continué à tirer mon lait en me levant le matin et en allant me coucher, si il se réveille la nuit j'allaite encore aussi car c'est quand même hyperpratique. D'ailleurs si vous vous demandez quel lait infantile proposer à votre bébé aux US, Isabelle de AmerikSanté a écrit un super article sur le sujet que je vous recommande.

  6. Si vos seins sont très lourds et douloureux, vous pouvez les exprimer à la main en évitant de stimuler l'aréole (car cela stimulerait la production de lait). C'est aussi ce qui est recommandé pour soulager les mamans qui doivent arrêter du jour au lendemain pour ne pas être trop inconfortable.

  7. Si la douleur continue, les médecins ici recommandent paracétamol ou ibuprofen (vérifiez avec le vôtre car je ne suis pas médecin).

  8. On considère que la production de lait s'arrête complètement environ 7 à 10 jours après l'arrêt complet de l'allaitement. Mais il est tout à fait possible que quelques semaines voire même mois après vous observiez de très faibles fuites de lait : c'est normal !

Et puis surtout vous n'êtes pas seule !

Je vais tenir à jour cet article avec vos astuces également alors écrivez-moi ici ou sur instagram pour partager les vôtres.


Et puis ...

Chère petite Maman, souviens toi que tout ce que tu fais pour ta merveille est fantastique !








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