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  • Anne-Fleur Andrle

Sélection : histoires de courrier, de meurtres et de temps qui passe

Mis à jour : févr. 4

Aujourd'hui, on va parler courrier et lettres en tous genres (Missives, en exclu sur Spotify), mais aussi histoires de couples et de temps qui passe (La séparation, Les Pieds sur Terre sur France Culture), et enfin petits meurtres... en famille (Home(icides) pour Bababam).


Allez, hop, mets ton casque (et tes lunettes) et mets-toi à l'aise, c'est parti pour la sélection de la quinzaine, je n'ai que du très très bon à te faire découvrir !


Pour écouter cette sélection dans Génération Podcast, c'est par ici.



Missives


Alerte trouvaille ! Je te préviens tout de suite, tu risques de devenir accro. D'habitude, j'écoute tous les épisodes de podcasts sur Apple Podcast. Mais depuis que j'ai créé Génération Podcast, j'ajoute toutes les semaines tous les épisodes que je vous recommande dans la fameuse playlist du podcast sur Spotify. Et je dois bien avouer qu'à force d'y passer de plus en plus de temps, j'aime cette plateforme de plus en plus. Notamment ses recommandations.


Alors je ne sais pas exactement comment je suis arrivée sur le podcast dont je vais te parler mais j'en suis ravie. Et si je te parle de Spotify, c'est parce que ce podcast est exclusivement dispo dessus.


Missives est un podcast créé par Clémence Hacquart. Ça parle, comme son nom l'indique, de lettres. Dans Missive, des anonymes racontent comment la réception d'un message a changé leur rapport au monde, aux autres et à eux-mêmes.


Bon, spoiler : il semblerait que ce podcast hautement addictif se soit terminé l'été dernier. Mais il n'empêche que tu as tout de même 10 épisodes pour te faire plaisir, 10 messages incroyables qui ont changé la vie d'anonymes narrateurs. On y parle d'amour et de haine envers une mère, d'histoires d'amour interdites, de correspondances sulfureuses, de joies immenses, de drames aussi. Impossible de rester de marbre à l'écoute de ces épisodes intenses. Le ton est juste et posé. A mi-chemin entre Transfert et les lettres de ton correspondant au collège, je ne peux que t'encourager à écouter ces épisodes. J'ai eu un peu de mal à n'en choisir qu'un à écouter. Je les ai tous écoutés cette semaine. Alors je vais te parler de deux d'entre eux :

  • une dernière lettre qui est l'histoire d'ambition et d'amitié d'une enfant de 9 ans avec l'ambassadeur de France au Danemark, au fil des années. Grâce à ces échanges, Pauline la narratrice découvre le monde et se construit. Jusqu'à la dernière lettre ... (25 min)

  • sinon il y a aussi le tout premier épisode de Missives, Ce qui concerne maman (23 min). La narratrice est une maman, une mère qui n'a pas aimé sa fille, Ariane, de son vivant. Jusqu'à son décès à l'âge de 18 ans, Ariane a tenu un journal intime dans lequel elle a scrupuleusement corrigé les preuves de désamour de sa mère, Gisèle. Plus de 20 ans plus tard, Gisèle raconte ce journal qu'elle a découvert à la mort de sa fille et pourquoi elle a décidé de publier celui-ci. Déchirant et incroyable.

Bref, fonce vite découvrir Missives !




Home(icides)


Le second podcast dont je vais te parler est à nouveau une mini-série. Alors perso les séries, audio comme télé, j'aime bien les découvrir après tout le monde. Ouais je sais qu'au niveau créateur de tendances on repassera. Mais en fait quand j'arrive après et bien je peux binger car j'ai tous les épisodes de prêts qui n'attendent que moi ! La dernière série dont je te parlais c'était le cas. J'avais fait ça aussi pour Lost, et avait bingé je-ne-sais-plus-combien de saisons et c'était génial (maintenant vous savez tous que je suis vieille).




Aujourd'hui je fais une exception et je suis en plein suspens c'est insupportablement bon. As-tu entendu parler de Home(icides) ? c'est un jeu de mot avec le mot home, maison en anglais donc icides est entre parenthèses. Get it ?


Bref, c'est un podcast Bababam dans lequel la journaliste Caroline Nogueras raconte les histoires des meurtres en famille, un peu à la Dupont de Ligonnes. Pour lancer cette série, elle nous dévoile tous les mystères des meurtres de Jean-Claude Romand, faux médecin, escroc en série et mythomane fini qui tue femme, enfants et parents. Une histoire qui a défrayé la chronique il y a une vingtaine d'années. Les épisodes sont courts, une dizaine de minutes, très précis et denses. Immense bravo.


Une seule frustration : on en veut plus et vite.


À écouter dans l'ordre. Tu peux commencer juste ici !


La Séparation


Pendant les vacances de Noël, c'est la première fois depuis très longtemps que j'ai effectué une vraie déconnexion du boulot. Le boulot hors podcast, le boulot qui paye mes factures. C'était, bien entendu, très agréable, très reposant et ça m'a vraiment permis de me plonger et de binger un peu des épisodes de podcast, tout en passant du temps en famille. Bref, je ne suis pas là pour raconter ma vie, en tout cas, c'est comme ça que je suis tombée sur le podcast dont je vais vous parler maintenant.


Il s'agit d'une série docufiction qui est passée dans Les pieds sur terre. Il s'agissait d'une rediffusion de la première diffusion telle quelle date du mois de septembre 2020. Ça s'appelle La séparation et c'est compose de 7 épisodes d'une trentaine de minutes, le format classique de « Les pieds sur terre ». Il s'agit de portraits intimes réalisés par une biographe sonore.


J'ai eu le plaisir de m'entretenir avec Sophie Simonot qui est la créatrice de cette série de docufiction et de cet épisode dans « Les pieds sur terre ». Je lui ai demandé de quoi il s'agissait et puis surtout d'où lui était venue cette idée ? Quelle avait été l'impulsion ? Comment est-ce qu'on décide d'aller interviewer des gens pendant 25 ans ?


Sophie Simonot

Au départ, en fait, ce n’est pas du tout ni une émission de radio, ni un podcast, ni un projet. L'idée, c'est un cadeau parce que ce sont des amis proches et que dans notre groupe d'amis ils ont une place à part. Ils sont très amoureux à un moment où on a 25 ans, on est encore en train de batifoler, on va dans les bars, on rencontre des gens, etc. Eux, ils ont déjà acheté leur maison, construit leur maison de leurs mains. C'est un très beau couple, c'est ce qu'on appelle un couple mythique. En fait, moi, je fais déjà de la radio à ce moment-là : « Là-bas si j’y suis » sur France Inter. Je leur dis : « mon cadeau de mariage, ce sera un reportage sur le mariage » et je leur fais, je leur donne, ils sont ravis et c'est super bien, on est tous contents.


Anne-Fleur Andrle

Donc ça c'est le point de départ de l'histoire. Du coup, comment est-ce que tout ça est devenu une émission de radio ? Un podcast ?


Sophie Simonot

Je me mets à travailler aussi pour le tout début des « Pieds sur terre », je crois que l’émission a plus de de 15 ans, avec Sonia Kronlund. Je lui dis : « il se trouve que j'ai fait ça et que je trouve ça super. Est que t'aurais pas envie qu'on essaie d'en faire quelque chose? ». Je demande à Manue et Karim et ils donnent leur accord, c'était en 2003, la première diffusion du mariage. On décide d'en faire 3 épisodes, ça s'appelle « 3 jours dans la vie de Manue et Karim » c’est la plus belle et la plus universelle des histoires d'amour.


Anne-Fleur Andrle

Donc d'un cadeau de mariage à une série de 3 épisodes pour « Les pieds sur terre » il y a 15 ans, comment est-ce qu'on en est arrivé à une série de 7 épisodes? Sophie nous le raconte.

Sophie: Ce sont des amis donc je continue de les voir pas très régulièrement mais on reste quand même amis et puis un jour, 14 ans après, j'apprends qu’ils vont se séparer. En tout cas, il y a de l'eau dans le gaz, ça ne se passe pas bien et d'ailleurs ils veulent commencer une médiation familiale. Là, je me dis : « mais c'est pas possible ». Moi j'ai beaucoup de mal avec les choses qui s'arrêtent et je veux comprendre pourquoi, qu'est-ce qui se passe. Intimement, je me dis que si j'arrive à comprendre comment un couple comme ça se sépare, peut-être que je vais réussir à fabriquer l'antidote de l'amour pour toujours… Je pars avec un peu ce fantasme et décide de comprendre comment une telle chose est possible. Je les appelle et leur dis : « en fait je suis venue 3 jours avant le mariage, est-ce que vous seriez d'accord que je revienne 3 jours avant la séparation? ». Et là, c'est un truc incroyable : ils disent oui ! Je pars en me disant, mais pas vraiment encore très consciemment, je ne veux pas qu’on puisse juger, je ne veux pas qu'on puisse prendre parti. Je veux comprendre la logique de chacun et je veux comprendre ce qu'ils ont dans le crâne. Je veux comprendre pourquoi on peut, un jour, arrêter d'aimer, comme ça. Quand Manue parle, je la comprends, quand Karim, parle je le comprends. Je les aime très fort et ce n’est pas forcément à ce moment-là le lieu d'en faire quelque chose. C’est un petit peu malhonnête de ma part de dire ça parce que j'ai dit, je crois, que depuis toujours bizarrement que j'ai commencé à enregistrer des sons, j'ai toujours eu la certitude que je ferai quelque chose de tout ça. Même le répondeur téléphonique sur Arte, quand je gardais les messages, je savais intuitivement … Mais, je ne me suis pas dit « tiens je vais aller faire la suite sur France culture ». On est parti, j'ai enregistré, je suis restée 3 jours. Je les ai laissés et je suis rentrée. J'ai mis les bandes dans mon ordinateur et je n’ai pas réécouté pendant une petite dizaine d'années… Je ne savais pas trop quoi en faire. J’ai eu besoin de laisser mûrir le truc. Voilà, c'est resté longtemps. Il y a 2 ans, j'ai commencé à me dire : « non mais quand même, faudrait que je réécoute ». Après, je me suis dit : « de toute façon j'ai envie d'en faire quelque chose et évidemment ce sera pour Les pieds sur terre ».

D'abord, j'ai demandé à Manue et Karim. Je leur ai dit : « Voilà, je vais réécouter et j'aimerais en faire quelque chose pour proposer à Sonia Kronlund pour « Les pieds sur terre » mais je ne fais rien si vous n’êtes pas d'accord », même s‘ils avaient donné leur accord il y a 10 ans, on a droit de changer d'avis. Ils m'ont dit : « ouais pas de problème ». Ils ne se rappelaient absolument pas ce qu'ils avaient dit, ils me faisaient confiance. J'ai vu Sonia Kronlund, je lui dis : « j'aimerais faire la suite. Manue et Karim sont d’accord. Est-ce que ça te branche? » Elle m'a dit oui évidemment. C'est Sonia qui m'a dit : « ce serait quand même bien si on faisait une série qui a un épilogue, on a envie de savoir ce qu'ils sont devenus maintenant! ». C'est pour ça que j'ai rappelé Manue et Karim. Je leur ai dit que j'aimerais bien revenir 10 ans après et ils ont encore dit oui ! Je suis repartie, je suis rentrée le premier jour du confinement. Ça a été une aventure rocambolesque pour faire ce dernier tournage qui a failli ne pas avoir lieu à cause du confinement.


Anne-Fleur Andrle

C'est très réussi comme je vous le disais ! Au final, ça donne 7 épisodes qui racontent de manière chronologique l'histoire de ce couple, de son mariage à sa séparation. À priori, Sophie a encore pas mal de bandes à explorer donc gardez un œil de ce côté-là. Et elle est en train de réfléchir à mettre en lumière en 3 dimensions, finalement, ces histoires qu'elle raconte à l'audio. Elle s'intéresse tout particulièrement à la création d'une exposition qui unirait plus d'un sens. Affaire à suivre, je vous tiendrai informés. Et puis, si ces plongées dans le temps vous intéressent tout particulièrement, je vous invite à aller écouter l’autre podcast que Sophie a réalisé pour Arte radio. Il s'agit de 3 épisodes dans lesquels elle retrace l'histoire de son répondeur pendant 20 ans. Ça ne s'invente pas, c'est un petit bijou que je vous recommande également et je vous ajoute ça dans les notes de l'épisode.


Je trouve ça absolument fascinant de se dire que c'est comme ça que notre présent et notre passé seront peut-être racontés à nos enfants dans le futur ! Allez, sur ce, je vous propose qu'on se laisse avec la bande-annonce.


Bande annonce du Podcast « La séparation »


Sophie : « J'ai commencé à enregistrer Manue et Karim quand ils se sont mariés il y a presque 25 ans. Dans notre cercle d'amis, c'était un couple mythique : ils partageaient la même passion pour le bricolage, les métaphores culinaires et une bonne dose d'anticonformisme. Surtout, ils arrivaient à nous faire croire à l'amour pour la vie. C'était en 1997, Manue avait une belle robe rose et ils se sont dit oui pour la vie. Quatorze ans plus tard, j'ai reçu des nouvelles de Manue et Karim. Ça n'allait pas très fort. Quand j'ai compris qu'ils parlaient même de séparation, je suis tombée des nues.

Manue : « Je ne comprends pas pourquoi on n'arrive pas à être heureux dans cette vie-là. Elle est super ».

Karim : « Les vacances je hais, Manue elle aime bien. Moi l'activité j'adore, Manue n’aime pas. Quand elle fait des fruits de mer, elle aime mais pas moi. Bon… A la rigueur ce n’est pas ça qui va faire une séparation de couple »

Sophie : Alors je suis retournée les voir quelques jours avant le début de leur médiation de couple, je voulais savoir si c'était rattrapable… »



Et voilà ! La sélection de cette quinzaine est au complet. J'espère que celle-ci vous plait et que ce format écrit vous aura donné envie d'écouter encore plus de podcasts. Tu peux retrouver tous les épisodes que je te recommande dans la playlist Spotify juste ici.


Épisode retranscrit par Emilie Chabenat.



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Et toi, t'écoute quoi ?