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  • Anne-Fleur Andrle

De l'autre côté du micro avec Fabrice Florent (Histoires de darons, de mecs, de succès)

Tous les 15 jours, j'invite un ou une podcasteur.euse de talent, connu ou moins connu, pour découvrir ce qui l'a inspiré à se lancer, son quotidien de créateur (ou créatrice) de podcasts, ce qu'il ou elle écoute, et ainsi le ou la faire passer de l'autre côté du micro.



Aujourd'hui, je te présente Fabrice Florent, aka FabFlo. Fabrice est le créateur de 2 podcasts Histoires de Darons et Histoires de Succès et le co-créateur de Histoires de Mecs, feu Boys Club. Mais si le nom de Fabrice te dit quelque chose, c'est peut-être également car il a créé l'un des tous premiers médias en ligne féministe, le magazine Mad'moizelle, qu'il appelle "Mad" dans l'épisode. Avec Fabrice, nous revenons sur son attrait pour les podcasts, et sur les tous premiers podcasts auxquels il a adhéré dès 2013 et sur la démarche fondamentalement féministe qui l'a mené y a une dizaine d'années à écrire un bouquin sur la première grossesse de la mère de ses enfants, puis à créer Histoires de Darons en 2017. On discute aussi de sujets polémiques comme "pour ou contre filmer les podcasts", et enfin Fabrice partage des conseils pour lancer son propre podcast. Petit disclaimer : au bout d'environ 15 minutes, un invité surprise a débarqué sur mes genoux jusqu'à la fin de notre entretien. Il s'appelle Felix, il a deux ans et est très sympa. Normalement, cela ne pose pas de problème dans l'épisode mais si vous voulez rigoler un peu, je vous ai mis quelques moments coupés au montage après le générique de fin, avec les bloopers que je vous partage toutes les semaines. Allez, installez-vous confortablement, je vous (re) présente Fabrice Florent.


Fabrice écoute des podcasts depuis 2013 ! Et il a une culture podcastique assez incroyable. Alors voici sa liste de podcasts : du premier écouté au dernier qu'il a bingé, il nous dit tout !

Écoute l'épisode avec Fabrice Florent juste ici.

Crédit photo : Chloé Vollmer-Lo


Anne-Fleur Andrle : Salut, comment ça va?


Fabrice Florent : Ça va très bien, écoute. Merci de te lever aussi tôt pour moi, c’est sympa.


Anne-Fleur Andrle : Avec grand plaisir. Merci en tout cas d'avoir accepté mon invitation à venir me parler un peu de l’autre côté du micro. Est-ce que tu pourrais me décrire, là tout de suite d’où tu me parles?


Fabrice Florent : Je te parle depuis mon appartement, dans le 20e arrondissement à Paris où je suis devant mon ordinateur et dans mon bureau où je passe le plus clair de mon temps, entre ici et le canapé à 3 mètres.


Anne-Fleur Andrle : Est-ce que tu pourrais te prêter au jeu des présentations? Me dire ce que tu fais dans la vie? J'ai une bonne idée de ce que t'as fait dans la vie mais moins de ce que tu fais aujourd’hui.


Fabrice Florent : Je suis papa parce que je pense que c'est un truc que les mecs ne disent pas assez, d'une manière générale. Je suis papa de 2 filles qui commencent à devenir immenses, qui ont 15 et 13 ans. Ce que j'ai fait, en fait, c'est que j’ai monté ce magazine qui s'appelle « MadmoiZelle.com » en 2005, donc il y a un bail maintenant, qui était, enfin qui est toujours, un magazine que j'ai lancé à l'époque comme un magazine féministe et progressiste à l'époque où ce n’était pas aussi cool d'être féministe qu’aujourd’hui. D'ailleurs, je ne l'avais pas appelé féministe à l'époque parce que je ne savais même pas trop ce que le terme voulait dire. C'est venu un peu plus tard vers 2009, 2010. J'ai fait ça pendant 15 ans, beaucoup de travail, beaucoup de prises de tête. En fait, c'était un magazine autofinancé et monter un média sur le web ce n’était pas forcément évident mais alors réussir à faire vivre un magazine web de cette envergure là parce qu'il y avait, quand j'ai quitté, 25 personnes, quand même, qui étaient salariées à plein temps, en étant autofinancé c'est une autre paire de manche. C'était vraiment une magnifique aventure que j'ai décidé d'arrêter et de quitter en fait. Pas arrêter l'aventure parce que c'était pas du tout mon objectif, mon objectif c'était que le magazine perdure après moi. Je l'ai revendu à ce groupe qui s'appelle Humanoïde en juillet dernier, pour faire je ne sais pas quoi. Je ne m'imaginais pas rester dans le projet au sein d'un groupe un peu plus grand ou même d'un groupe pas très grand comme celui d’Humanoïde moi mon idée c'était le jour où je le revends, il faut que je le quitte pour faire autre chose, c'était vraiment mon objectif. En fait, je suis content parce que je crois que j'ai réussi à trouver le bon revendeur, c’était un vrai truc compliqué à faire. L'autre truc dont je suis content, c'est qu’ils ont accepté de racheter le magazine sans moi.


Anne-Fleur Andrle : Souvent, ils te demandent de rester au moins un an pour la transition.


Fabrice Florent : Au moins un an, en général c'est plutôt 2 ou 3 et en fait moi, vraiment, je sentais que j'avais fait le tour et qu’il était temps de passer à autre chose dans ma life donc ils ont accepté ça aussi et je suis, aussi, fier de ce que j'ai pu accomplir, on va dire ces 2, 3 dernières années parce que j'ai réussi à faire en sorte que le magazine ne repose plus uniquement sur moi et de réussir à faire monter les N-1 en compétences au fur à mesure, d'accentuer cet aspect-là pour que le magazine n’ait plus besoin de moi pour subsister. Quand j'ai quitté le magazine, le seul truc que j'avais en tête c'était de continuer à faire mes podcasts. Donc à l'époque, j'en avais 2 que je faisais déjà depuis quelques temps. « Histoires de Darons » je l'ai lancé en 2017 pour retrouver un projet. Je commençais un peu à tirer la langue en fait à l'époque, en tant que boss de MadmoiZelle, c'était déjà un peu compliqué. Je m'en suis rendu compte vraiment, après coup. J’ai tellement été habitué, quand t'es patron, à baisser la tête et de rentrer dans les obstacles que tu ne fais pas forcément toujours gaffe à ta propre santé mentale et moi je sais que j'étais déjà dans le dur à l'époque et donc je cherchais un projet où j'aurais pu décider tout seul, le lancer tout seul, avoir une idée le matin… En fait, un peu comme quand j'ai démarré Mad, c'était vraiment une toute petite équipe et en fait je pouvais décider d'un truc le soir, le développer pendant la nuit, le lancer le lendemain matin. C'est sûr quand tu es une boite de 25, tu ne peux plus faire ça. Tu ne vas pas te pointer en disant « coucou les gens, bienvenue j'ai tout changé le site », ça ne se fait pas donc je recherchais à retrouver un projet ou je pourrais être seul aux commandes et de pouvoir mettre les mains dans le cambouis…


Anne-Fleur Andrle : Tu voulais revenir aux racines de l'entreprenariat.


Fabrice Florent : Oui c’est ça, en tout cas, aux racines de l'entreprenariat telle que j'ai monté ma boîte. J'aime beaucoup l’idée artisanale dans laquelle j'ai monté MadmoiZelle et c'est sûr que c'est plus compliqué de faire de l'artisanal à 25 que quand tu es tout seul mais effectivement je voulais retrouver un truc où j'étais le seul décideur bon même si chez Mad j'étais décideur bien sûr à la fin parce que quoi qu'il arrive j’étais le boss mais où j'étais le seul décideur et ou je pouvais refaire des trucs tout seul. En fait, j'ai commencé, à lancer ce podcast, à côté de mon de mon job de boss, pour donner la parole à des pères parce que c'est un truc qui me touche beaucoup depuis quelques années, enfin depuis que je suis père en fait, globalement. J'avais lancé ce blog à l'époque de la première grossesse de mon ex-femme. Je me suis dit, il va se passer des trucs bizarres pendant cette grossesse, il faut que j'écrive quelque part et j'étais en même temps en train de lancer MadmoiZelle donc c'était une période assez créative et créatrice. De fil en aiguille, c'est devenu un livre. C'était pas du tout prévu à la base, moi je voulais juste compiler les textes de blog, les imprimer et les offrir à ma femme le jour de l'accouchement en lui disant : « Tiens, tu as quelques jours à la maternité, ça te ferait marrer de voir un petit peu ce qui s'est passé dans ma tête pendant tout ce temps-là ». En fait, de fil en aiguille elle m'avait fait promettre de ne pas les lire en échange que j'envoie ce que j'avais écrit à un éditeur, idée saugrenue parce que moi je n’avais jamais eu dans l'idée de publier un livre dans ma vie. J'ai fini par faire ça et en fait je suis tombé sur une directrice éditoriale qui sortait de grossesse et à l'époque il n’y avait pas beaucoup de pères qui se livraient sur internet. Moi j'avais décidé de garder l'anonymat sur ce projet-là, je ne voulais pas le mêler à MadmoiZelle d'une manière ou d'une autre donc j'étais très libre d'écrire ce que je voulais écrire et au final l'éditeur m'a proposé de signer un deal avant même que le livre soit fini, avant même que ma fille naisse. C'était bizarre, une histoire assez folle, en fait, quand j'y repense sur le moment, je n’ai pas vraiment calculé ce qui était en train de se passer pour moi, c'était normal. Quand je vois à quel point le livre a eu un franc succès, c’était vraiment une chouette aventure.


Anne-Fleur Andrle : Comment il s'appelle le bouquin?


Fabrice Florent : Il s'appelle « Futur papa » l'édition originale est sortie en 2007 mais il n’est plus dispo. J'ai racheté les droits et donc il est encore disponible çà et là. En vrai, je ne l’ai jamais lu et je pense qu'il a un peu mal vieilli parce que tu vois, je ne suis pas sûr que je réécrirai tout ce que j'avais écrit à l'époque. Aujourd’hui, j'ai évolué sur tellement de choses. En tout cas, ce que je raconte c'est vraiment ce qui s'est passé parce que je n’ai pas voulu du tout le relire parce que je savais pertinemment que ce que j'avais pu écrire au début de la grossesse, 9 mois plus tard, ça serait un peu ridicule alors qu’à l'époque c'était des vrais trucs que je ressentais, des peurs, des doutes que tu finis par surpasser, par combler, par gérer de plein d'autres façons. Ce qui est marrant c'est qu’après ce bouquin, j'ai reçu plein de mails de père qui me disaient « Merci de dire tout haut ce que je pense tout bas ». Je me suis rendu compte au fil de l'eau que les mecs, non seulement ils ne parlaient pas mais en fait on ne leur offre pas forcément non plus de tribune pour parler. D'une manière générale, les mecs parlent beaucoup dans cette société mais, en tout cas, pas pour parler de trucs qui comptent, c'est à dire de leurs émotions, de ces moments-là particuliers dans la vie d'un mec qui est « OK, je vais devenir père. Qu'est-ce qui va se passer? » ça n’existait pas des masses. Donc je me suis dit : « Let's Go, lance ton podcast ». J'ai utilisé Verino comme cobaye qui est un humoriste, qui est devenu très connu après en France. Il l’était déjà un peu, il avait déjà sa petite notoriété mais on avait un peu parlé de paternité avec lui et je lui avais dit « écoute ça me ferait plaisir que tu viennes parler ». Ce premier épisode était canon vraiment, j'en étais très fier, pas forcément de la façon dont j'ai mené l'interview mais de tout ce qu’il me racontait. Je me suis dit : « ok il y a sans doute un truc à creuser ». Donc, voilà, je me suis lancé là-dedans et j'en sors un tous les 15 jours depuis septembre 2017, donc il commence à y avoir pas mal d'épisodes.


Anne-Fleur Andrle : Et puis septembre 2017, c'est les tous premiers podcasts qui cartonnent en France, aussi, non?


Fabrice Florent : Chez MadmoiZelle, on en faisait déjà pas mal. La première occasion d’avoir fait des podcasts chez MademoiZelle, c'était cette émission en live qui s'appelait « L'émifion » avec Navie et Sophie-Marie Larrouy qui était une émission sur le sexe. En fait, on le diffusait en live à l'époque, pas sur Twitch mais sur YouTube, deux mardis soirs par mois. Ça cartonnait et je m'étais dit ok en fait il y a cette plateforme qui existe, qu’on n’utilise pas trop mais je te parle de ça, c'était en 2013, 2014. Je m'étais dit que ça serait bien d'utiliser le podcast pour en faire un replay parce que quoi qu'il arrive, ce live qu'on sortait en vidéo, il était très écoutable en podcast, en audio seul. Donc on a commencé par là et au fil de l'eau, Louise Pétrouchka, qui est devenue, aujourd'hui une figure de la scène podcast en France, je lui ai demandée, à l'époque, si c'était okay de produire des podcasts fait maison chez MadmoiZelle. Ça faisait quand même un an qu'on en produisait très régulièrement.


Anne-Fleur Andrle : Vous avez dû être parmi les premiers quand même en France. Est-ce que tu te souviens, du coup, du tout premier podcast que toi t'as écouté, qui t'a plu, où tu t'es dit c'est un média que j'ai envie de consommer.


Fabrice Florent : Je pense que l'un des tous premiers podcasts que j'ai écouté, c'est à dire avant, tu vois t'avais le fameux « Donjon de Naheulbeuk » qui n’était pas un podcast, qui était juste en MP 3 sur un site que t'écoutais sur ton ordinateur. Ceci dit, aujourd’hui, ça pourrait être un podcast mais c'était juste que tu ne le consommais pas de la même façon, tu ne le consommais pas sur ton smartphone. J'ai écouté pas mal de fichiers MP 3 comme ça, où je me disais que le format audio c’était intéressant mais d'un autre côté on était dans une société qui était vraiment trustée par l'image, à fond. Youtube était en train d'exploser à l'époque. C'est compliqué comme question après comme podcast, je pense que le vrai, l'un des premiers trucs qui m'a fait kiffer, c’était d’écouter le studio 404. Je ne sais pas si tu connais ce podcast avec équipe « Qualiter » qui était une émission, genre sur le numérique. Ils faisaient ça je pense 2 fois par semaine. Sociétal et numérique, il y avait des chroniqueurs et ils prenaient la parole à tour de rôle et à chaque fois il y avait des débats, enfin c'était vraiment très cool. Après, il y avait Navo aussi, qui, je pense vers 2013, 2014, avait fait des podcasts avant que ce soit cool aussi. Navo qui est le coauteur de Kyan (Khojandi) notamment. Il avait acheté tout un tas de matos qu'il a dû utiliser, je pense, 5 fois et puis après il n’en a plus jamais fait. Mais vraiment il avait acheté un matos fou. Il avait un podcast que j'écoutais beaucoup, il s'appelait « les invités de mon invité sont mes invités » où il invitait quelqu'un et cette personne amenait d'autres invités. Ça fait partie des premiers trucs où je me suis dit « OK c'est cool ». En fait, d'une manière générale, moi je faisais déjà beaucoup d'interviews sur MademoiZelle, en vidéo, sur youtube, à l'époque. En fait, le format interview, le format discussion, c'est toujours un truc qui m'a beaucoup plu.


Anne-Fleur Andrle : Cool, et c'est vrai que je suis toujours assez impressionnée quand j'écoute tes épisodes. Du coup, on a parlé un petit peu de « Histoires de Darons ». Chronologiquement, comment est-ce que t'es arrivé à créer les 2 autres donc « Histoires de mecs » et « Histoires de succès » et j'aimerais bien en fait comprendre un peu ton cheminement. Quels sont tes objectifs avec ces 3 podcasts? Qu'est-ce que t'essayes de communiquer vraiment à tes auditeurs? Finalement, est-ce que ce sont les mêmes personnes qui écoutent ces 3 formats ou est-ce que tu as 3 audiences différentes?


Fabrice Florent : Je vais faire ce qu’en général tous les invités font quand tu poses plusieurs questions, c'est que tu réponds toujours à la dernière. Je ne sais pas, c'est à dire que je pense que j'ai des gens qui m'écrivent en me disant qu’ils écoutent les 3. J'ai des gens qui me disent qu’ils écoutent juste « Histoires de Darons » ou alors qu'ils écoutent « Histoires de succès » mais « Histoires de Darons » ils n’y arrivent pas, la masculinité ne les intéresse pas donc ils n’écoutent pas « Histoires de mecs ». Je t'avoue que c'est l'un des trucs, aujourd’hui, qui fait aussi le charme du podcast, c'est que les analytics, d'une manière générale, et les stats, ne sont pas vraiment au top du game. C'est, à la fois cool et en même temps ça permet à plein de cowboys de raconter n'importe quoi sur leurs audiences mais là c'est bien parce que j'ai l'impression que le marché est en train de se structurer par rapport à ça. Moi c'est un truc que j'ai beaucoup subi sur MadmoiZelle d'une manière générale, par rapport au marché de la pub, notamment, c'est qu’à l'époque les gens racontaient tout et n'importe quoi sur leurs audiences, au tout début, avant que Nielsen arrive ou avant que NetRatings arrive, etc. Après, ces trucs-là sont sortis et tu te rends compte que tu peux acheter des visites, tu peux acheter des clics, tu peux acheter tes trucs et moi c'est toujours un truc qui m'a assez fasciné, je ne comprends pas. Enfin, si, d’un point de vue business, je comprends l'intérêt de faire ça parce que ça permet de pouvoir ramener des campagnes de pub mais moi je n’ai jamais voulu tricher dans quoi que ce soit. Je préfère juste être honnête avec moi-même, avec l'audience que je fais, je trouve que ça ne sert à rien, d'autant plus que l'audience de mes podcasts marchent suffisamment bien aujourd'hui pour que je puisse en vivre donc à quoi ça sert d'aller chercher plus haut quoi? Après, pour te répondre sur ta question de la chronologie, c'est à dire qu’une fois qu’Histoires de Darons est sorti, chez MademoiZelle, j'ai beaucoup formé les équipes et en fait pendant toute une période c'est moi qui faisais les interviews sur YouTube qui sont en vidéo ou je ne suis pas face Cam. Je suis juste derrière la caméra et mon invité est face à la caméra et en fait au fil de l'eau, j'ai commencé à former les équipes à interviewer à leur faire des retours sur leurs interviews, à les laisser aller faire et en fait de fil en aiguille je me suis rendu compte qu’il y avait de plus en plus de monde qui était capable de faire des interviews et après elles se formaient entre elles donc en plus ça marchait très bien au sein des équipes. Je me suis retrouvé à ne plus jamais faire d’interview parce que toutes les interviews cools et les invités cools qui passaient par chez MadmoiZelle, elles les prenaient. Et en fait, moi, d'un autre côté, super cool aussi qu’il y ait des voix féminines derrière MadmoiZelle mais je finissais par ne plus faire aucune interview. Et un peu comme je te disais, j'étais, moi-même, un peu en souffrance et j'avais un peu du mal à vivre le quotidien. J'avais plus aucune zone de plaisir, en fait, c'est à dire que pour moi ces interviews, c’étaient vraiment des bulles d'air. Alors, Je me suis dit « En fait, arrête de t'emmerder, créer ton propre podcast d’interview et fais-le à côté de MadmoiZelle ». Et si le podcast peut être relayé sur MadmoiZelle parce que l'interview peut plaire au public de MadmoiZelle tant mieux, sinon, interview juste les gens que t’as envie d’interviewer quoi. C'est pour ça que j'ai fait « Histoires de succès ». Il y avait un autre truc aussi, l’un des trucs frustrants à la fin chez MademoiZelle, c'est que je faisais en sorte de mettre en avant des jeunes femmes parce que c’était un peu l'objectif aussi donc forcément parfois je passais à côté d'artistes que j'aurais bien aimé interviewer mais on préférait mettre la priorité sur les meufs. Donc je me suis dit c'est cool si tu peux récupérer un podcast où tu peux venir parler de plein de sujets qui t'intéressent toi sans pour autant être dans MadmoiZelle, c'est venu comme ça. J'avais, en plus, en tête à l'époque de commencer à vendre Mad d'une manière ou d'une autre, en tout cas, je commençais à avoir les premiers contacts et je m'étais dit que ça serait pour moi l'occasion de continuer à faire ça.


Anne-Fleur Andrle : Okay, donc du coup tu me racontais pour « Histoire de succès » et comment est-ce que tu en es arrivé à créer « Histoires de mecs » ? Alors, je trouve ça vachement intéressant le concept de parler de sa masculinité et est-ce que tu connais les discussions qu’un acteur américain à lancer sur ce sujet, Justin Baldoni, ça te dit quelque chose ?


Fabrice Florent : Bien sûr, c'est comme ça que j'ai commencé à réfléchir à ce sujet, il a fait un livre sur ce sujet qui a cartonné où justement il parle de ça, de son rapport à la masculinité. Mais il faut rendre à Mymy ce qui lui appartient, c'est à dire que globalement ce n’est pas moi qui ai lancé « Histoires de mecs » qui à l'époque s'appelait « The boys club » sur MadmoiZelle. C'est un podcast qu’on a lancé quelques mois après « Histoires de Darons » où Mymy, c'est un truc qu'elle avait en tête depuis longtemps, elle bossait sur la rubrique masculinité de MadmoiZelle depuis 2013, 2014 donc en amont de toutes ces questions où, notamment, il y avait une vidéo d’un mec qui racontait qu’il s'était fait violer. C’étaient vraiment des sujets durs et elle a beaucoup bossé là-dessus. Comme elle le dit au début du tout premier épisode, en gros, les mecs j'ai attendu très longtemps que vous sortiez un podcast pour parler de vos problèmes à vous, apparemment, comme aucun d'entre vous ne le fait, je vais finir par le faire. Il s'avère que j'ai coanimé ce podcast pendant plusieurs années pour une raison simple en fait c'est que quand on a un peu testé auprès des premiers invités qu’on voulait avoir, l'idée de parler de masculinité, la plupart lui ont dit écoute nous on veut bien venir parler de ce sujet-là mais, en revanche, d'avoir une discussion en tête-à-tête avec juste une femme, c'est relou donc ça serait bien qu’il y ait un mec dans le Game. Moi je ne voulais pas du tout intervenir là-dedans, Mymy a fini par me dire « viens on va co-animer ensemble ». Elle a fait ça pendant 2 ans avant de le mettre en pause fin 2019 ou début 2020 parce qu’elle avait un peu fait le tour et moi j'avais d'autres chats à fouetter à l'époque, justement, gérer MadmoiZelle. Je ne voulais pas me rajouter un podcast en plus parce que, l'air de rien, j'en sortais quand même un par semaine à côté de mes activités de boss. Ça prend du temps et en fait quand la vente s'est passée j'ai proposé au repreneur de récupérer le flux et le Boys Club pour le reprendre à mon nom, sans Mymy cette fois et ils ont accepté. Ce qui fait que j'ai récupéré un 3e podcast. J'ai mis, longtemps, celui-là, à accepter de m'y mettre parce que j'avais un peu peur de me lancer dans le sujet de la masculinité, assez bizarrement.


Anne-Fleur Andrle : Pourquoi ?


Fabrice Florent : C'est un sujet sensible en fait aujourd'hui en 2020, 2021 parce qu'en fait je donne la parole à des mecs et je sais que c'est à la fois très libérateur pour plein de mecs et je pense qu’il y a aussi plein de femmes qui ne sont pas forcément prêtes à entendre ce que les mecs ont au fond de leur cœur. Parfois, des trucs sont dérangeants. On a des mecs qui sont venus raconter qu’avant de rencontrer la copine avec laquelle ils sont, ils étaient des scoreurs.


Anne-Fleur Andrle : J'en ai écouté et effectivement, il faut, en tant que femme, en tout cas, moi, j'ai dû me faire un petit peu violence pour passer au-dessus et ensuite écouter l’histoire parce qu’au début t’es juste révoltée quand t'écoutes ça, tu te dis : c'est quoi cette histoire. Et en fait, il y a une belle histoire, une belle personne derrière et c'est très intéressant de comprendre le raisonnement, comprendre les schémas la société, finalement, qui forgent les mecs avec lesquels on vit.


Fabrice Florent : Exactement, je pense que c'est un truc qui est aujourd'hui un peu touchy pour plein de bonnes raisons et j'ai mis un peu de temps avant de m'y remettre mais globalement, après je l'ai renommé « Histoires de Mecs » pour essayer d'avoir un peu de cohérence entre les 3 podcasts.


Anne-Fleur Andrle : Je voudrais juste revenir, du coup, sur les 2 premiers que tu faisais déjà quand tu bossais chez MademoiZelle. On dit que le podcast c’est très très très très chronophage entre la recherche de l'invité, la préparation d'entretien, la post-production, la communication. Concrètement, comment as-tu fait pour gérer un poste de patron de boîte qui marche, du boulot et des podcasts qui marchent ? Ça fait une grosse charge de travail.


Fabrice Florent : Les 2 dernières années, j'ai fait monter en compétence les équipes, très fort, et, au fil de l'eau, j'ai fini par récupérer du temps. Globalement, je n’ai jamais trop dormi pendant les années MademoiZelle. Là, je redors de façon folle, je fais des nuits de 8h, avant j'étais incapable de faire des nuits de 8h, j'étais incapable de me coucher avant 2h, 3h du mat donc si tu veux ça te laisse du temps pour faire du montage. Et puis je faisais des allers-retours entre Lille et Paris, à l'époque je vivais dans ma maison à Lille avant que je ne me sépare de ma femme. Et en fait, je prenais ce temps de train pour faire du montage. Mais à côté de ça, après, je vais assez vite à monter, trouver des invités c’est pas ce qu’il y a de très compliqué avec le petit carnet d'adresses que j'avais au départ. Puis, après au fil de l'eau j'ai fini par l'ouvrir à des anonymes et là les appels à témoignages sont arrivés un peu tout seul.


Anne-Fleur Andrle : Est-ce que tu pourrais me dire ce que les podcasts que tu crées t’apportent au quotidien?


Fabrice Florent : Ça c'est dur à dire parce que, déjà, en tant qu’intervieweur, je crois que j'ai appris tellement de choses de la part de mes invités dans tous les domaines possibles. Que ce soit sur les 3 sujets différents, ces gens-là me nourrissent en fait et j'ai l'impression, en plus, que ça va dans les 2 sens c'est-à-dire qu’en menant l'interview, j'ai l'impression de les nourrir aussi, en tout cas, de les inciter à leur sortir les vers du nez, si tu veux, ou du cerveau. Déjà, ça c'est vraiment beaucoup et puis après le feedback des auditeurs et des auditrices, c'est vraiment un truc qui est hyper important pour moi. C'est l'une des frustrations que j'ai aujourd'hui sur le podcast, c'est que c'est assez compliqué de laisser un commentaire, il n’y a pas de truc centralisé comme YouTube et en même temps c'est ce qui fait que c'est génial aussi, c'est pas centralisé mais c'est un peu compliqué de réussir à avoir un endroit où je peux récupérer tous les commentaires, pouvoir répondre à tout le monde, etc. Quand j'ai des pères ou des futurs pères qui m'écrivent en me disant « merci, grâce à toi j'ai abordé la maternité, cette grossesse, de façon beaucoup plus détendue » je crois que ça n’a pas de prix.


Anne-Fleur Andrle : C'est clair, c'est clair ! Tu as fait un sacré boulot pour ça, pas de vulgarisation mais, peut-être, normalisation…


Fabrice Florent : Dé démocratisation, de l’amener au plus grand nombre.


Anne-Fleur Andrle : De pouvoir l'amener au plus grand nombre et puis de normaliser le fait d'en parler, en fait, en tant que futur papa, en tant que mec, je trouve ça assez génial.


Fabrice Florent : MademoiZelle a énormément contribué à libérer la parole des femmes et des jeunes femmes depuis 15 ans. C'était une vraie volonté de ma part quand je l’ai lancé. J'avais l'impression que les filles vivaient vraiment une vie un peu merdique chacune dans leur coin, qu’elles n’osaient pas en parler. Assez rapidement, la rubrique témoignage a pris de l'ampleur et je trouve qu’il n’y'a pas d'équivalent à MademoiZelle, aujourd'hui, pour les mecs. On dit souvent que les mecs, ils ont peur de parler, de partager leurs émotions et c'est très vrai mais d'un autre côté, personne ne leur montre que c'est possible donc c'est compliqué de faire sauter cette barrière-là.


Anne-Fleur Andrle : Sans transition, si on devait écouter un seul épisode de chacun de tes 3 podcasts? Si on devait écouter un seul épisode, peut -être qu'on va commencer par le premier « Histoires de Darons », ce serait lequel et pourquoi ? Pour quelqu'un qui ne connaît pas forcément ton podcast, est ce qu’il y'en a un, qui, pour toi exprime vraiment la quintessence de ton projet ? Où tu es particulièrement fier ?


Fabrice Florent : Je ne sais pas, c'est comme si tu me demandais quel était mon enfant préféré…


Anne-Fleur Andrle : Ça ne veut pas dire que c'est ton préféré tu vois, ça veut dire juste un qui, pour toi, le définit le mieux pour un auditeur qui ne connaît pas. Savoir par où commencer…


Fabrice Florent : C'est dur parce qu’en fait les histoires sont tellement différentes. Je crois que l’épisode sur lequel j'ai reçu le plus de retours, c'est celui que j'ai fait sur mon propre père. L'histoire est marrante parce que ça faisait genre 2, 3 mois que le podcast était sorti et je me suis dit qu’à un moment donné il allait falloir que je mette un grand père dans ce truc-là. Je cherchais, je creusais : « Qui je pourrais bien prendre comme grand-père? ». Et, en fait, je me suis dit pourquoi pas mon propre père. Je me suis dit ça va être marrant de faire un épisode mon daron parce que je vais avoir une discussion qu’on n’a jamais eu, comme : « c'était quoi d'être d'avoir été mon père » (ou d'avoir été ma mère d'ailleurs, ça peut marcher aussi). C’est un épisode un peu particulier parce qu’effectivement je connais pas mal de pans de l'histoire, de ce qu’il s'est passé mais d'un autre côté je l'ai vécu moi en tant qu'enfant. Ça m'a appris plein de choses, je vous spoile pas mais en gros mon père il a 73 ans, c'est un vieux daron, c'est un vieux grand-père. Et il s’était énormément préparé, il avait pris pleins de notes. Il est très touchant, pour vous donner un petit peu une idée, même si c'est un épisode un peu particulier. Après, il y en a un autre un peu particulier aussi, ça montre un petit peu la diversité de l'histoire, c'est qu’il y a un mec qui s'appelle Barthélémy, qui s'est retrouvé papa à 22 ans avec une meuf en Thaïlande parce que lui, il était en vacances ou il était césure, je sais plus. Lors d’une soirée un peu arrosée, il a fini par coucher avec cette fille qui l'a rappelé quelques mois plus tard alors qu'il était rentré en France, en lui disant : « alors j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer… ». Et lui a dit : « okay je veux m'en occuper, en fait, comment je fais pour m'impliquer dans la vie de cet enfant? »


Anne-Fleur Andrle : Super, je les rajouterai dans les notes de l’épisodes. Comme tu l'as compris, je suis fan de recommandations de podcasts. Et de façon hyper concrète et pratique tu enregistres où ? En 2020, je ne vais pas refaire le film qu’on connait tous par cœur, du coup t'as pu quand même enregistrer plutôt en personne ou est-ce que t'as fait, comme on le fait là, une interview vidéo sur une plateforme en ligne?


Fabrice Florent : En fait, moi j'ai fait l'intégralité de mes interviews, avant le premier confinement, en live. Pour moi, une bonne interview ne se fait qu’en live parce que déjà y a un lag de base entre nous. J'ai entendu des américains qui parlait de « zoom fatigue » à cause de ce décalage-là, à cause des discussions qui sont décalées à chaque fois d'1 ou 2 secondes. Ceci dit, ça m'avait obligé à sortir de ma zone de confort et à me dire « okay, maintenant faut y aller quoi : soit t'arrêtes ton podcast, soit tu te lances, t’improvises » et c'était bien en fait parce que j'ai fini par découvrir des logiciels, des façons de faire, puis j'ai compris, qu'en fait, c'était aussi possible de connecter avec des gens même s'ils étaient à 300, 400 km de toi. Parfois, juste de Paris à Paris, peu importe, mais c'est un autre exercice. J'ai aussi fait des interviews par téléphone uniquement, donc sans visio, ça c'est aussi un autre délire où tu restes pendant 1h au téléphone avec la personne, à la fin t'as le téléphone et t’as l'oreille qui chauffe. Avant ça, en fait, j'avais fait quasiment toutes les interviews, sauf avec ce mec qui s'appelle Mathieu, qui est à Nouméa et qui est parti vogué, quand ils avaient 25 ans, avec sa femme et ils ont fini par faire 3 enfants autour du monde, le mec a vraiment une histoire folle et là forcément en fait, à Nouméa, j'ai pas pu faire autrement. Mais avant ça j'avais tout fait de visu. Généralement, je recevais des gens dans les bureaux de Mad, je prenais 1h00 pour faire le tournage avec eux sinon j’allais les voir tu sais, tu n’as pas besoin d'un gros matos, en fait, c'est c'est très cool, t’as juste besoin d'un enregistreur, de micros et ça roule quoi.


Anne-Fleur Andrle : Justement, toute la technique tu l'as fait justement toi-même, que ce soit en post-production même comme tu parles de l'équipement même quand tu étais chez MademoiZelle, tu gérais tout ça tout seul?


Fabrice Florent : Oui, en fait, j'ai besoin, comme je disais tout à l'heure, d’avoir les mains dans le cambouis. Je n’ai pas du tout une formation d’informaticien ou de développeur et j’ai appris à développer du langage informatique pour monter MademoiZelle tout seul, j’ai vraiment besoin de comprendre, comment ça marche.


Anne-Fleur Andrle : Est ce qu’il y a un épisode qui t’a marqué, depuis que tu écoutes des podcasts, tous podcasts confondus, d'ailleurs pas forcément français?


Fabrice Florent : Un truc qui me vient c'est un podcast, je ne sais pas si tu connais Anouk Perry, qui est une ancienne de chez MademoiZelle, qui, avant ça, était une lectrice de MadmoiZelle depuis très longtemps donc j'ai fini par l’embaucher, je ne sais plus en quelle année 2015, 2016. Quand elle est partie de chez Mad, elle s'est lancée dans le podcast elle a fait ce fameux épisode sur le Gang Bang.


Anne-Fleur Andrle : Incroyable cet épisode, en 2 parties d’ailleurs.


Fabrice Florent : Complètement ouf, et en fait c'est marrant parce que je pense que je l'écoutais dans les transports en commun et c'est vraiment là où tu te vois que le pouvoir immersif de l'audio est complètement dingue, je pense que je ne m'en étais pas vraiment rendu compte auparavant à ce point-là où clairement, pour les gens qui ne savent pas, elle enregistre la première partie, une sorte de tour du propriétaire d'un mec qui organise des Gang Bang pour des couples en toute sécurité et dans la 2e partie il y a un couple qui vient et le Gang Bang se passe sous son micro et alors nous clairement, désolé pour le langage, mais on a clairement les couilles qui claquent dans les oreilles quoi. Je trouve que le podcast a un vrai pouvoir immersif dans les conversations, j'ai plein de gens qui m'ont dit « c'est génial, j'ai l'impression d’être dans la pièce avec toi et de pouvoir participer à cette discussion ». Et moi aussi je ressens ça en tant qu’auditeur là, ça me fait cet effet-là, en fait, j'ai vraiment l'impression d'être au milieu du truc et le fait de ne pas avoir d'images rend le truc encore plus fort. C'est l'un des trucs, aussi, sur lequel je milite aujourd'hui, « ne commençez pas à mettre des caméras les podcasteurs » parce qu’en vrai ça ne marche pas. J'ai fait un épisode de ce podcast qui s'appelle « Inspiration créative » avec un gars qui s'appelle Killian qui est vraiment très bien, et en fait, pour cette saison-là, il a sorti les caméras, il est dans un studio et effectivement ça donne une autre dimension à la discussion qu'on a pu avoir mais avant tout, je trouve que c'est cool de de garder l'aspect juste audio.


Anne-Fleur Andrle : Je suis complètement d'accord avec toi. Il n’y a pas longtemps j'ai fait une interview pour un journal de la ville d'où je viens et ils ont voulu en faire une vidéo. Et en fait, je me rends compte qu’être derrière le micro, c'est un exercice très différent que d'être derrière la caméra, c’est un exercice beaucoup moins naturel aussi pour nous. En fait, je pense que d'être stimulé par plus d'un sens, du coup, tu as moins de place à l'imaginaire.


Fabrice Florent : Oui et pour les gens qui sont interviewés, je crois qu'il y a un autre truc aussi qui se joue, c'est que quand tu reçois quelqu'un qui a l'habitude des caméras, une personnalité, cette personne va avoir tendance à jouer avec la caméra et à sortir de la discussion qu'on a ensemble. Au contraire, quand t'es avec quelqu'un qui n’a pas l'habitude d'être devant une caméra ou d'être même d'être derrière un micro tout simplement, j'ai plein de darons anonymes qui n’ont jamais fait ça de leur vie et qui étaient hyper perturbés au départ et qui me disaient «je n’ai jamais fait ça, comment je fais, etc. » je lui parle, parle-moi, ne t’inquiète pas. Alors eux, je pense que ça les tétaniserait d’avoir une caméra. J’ai testé, j'ai fait 2 épisodes, un épisode d’« Histoires de succès » et un épisode d’« Histoires de Darons » avec une caméra et en fait je me suis juste dit c'est nul parce que ça coupe la conversation, il y a un 3e œil.


Anne-Fleur Andrle : Oui littéralement. Est-ce que t'as déjà eu le trac avant de sortir un épisode ? Peut-être avant de rencontrer quelqu'un? Je sais que tu avais déjà un joli carnet d'adresses avant ton podcast.


Fabrice Florent : Écoute, non pas vraiment. Je pense que j'ai eu le trac quand j'ai relancé « Histoires de mecs » parce que je ne savais pas trop comment ça serait pris et après globalement, pour l'instant ça n'est pas arrivé. C'est assez rare que j’aie le trac avant une interview. J'en ai fait beaucoup tu vois donc maintenant effectivement, j'avais le trac quand j'étais plus jeune et que je faisais mes premières, là j'étais tétanisé, mais aujourd'hui, ça va beaucoup mieux et en fait, je sais un peu où je vais. C'est un peu triste à dire mais je n’ai quasiment même pas besoin de préparer mes interviews pour juste discuter pendant 1h avec quelqu'un quoi tu vois, je vais découvrir des trucs en direct, ça peut être un peu relou mais en fait je pourrais tenir pendant 1h à discuter avec cette personne sans aucun souci du vois.


Anne-Fleur Andrle : Je sais que ce n’est pas forcément évident mais est-ce que tu sais ce que le podcast t'a appris sur toi ? J'ai l'impression que le podcast t'a aidé à rebondir, en tout cas, à te ré ancrer dans une nouvelle réalité post MademoiZelle mais qu'est-ce que ça t'a appris vraiment sur sur toi ?


Fabrice Florent : Alors c'est compliqué parce que tout va un peu ensemble, c'est à dire qu’en fait, post MademoiZelle, je me suis retrouvé à passer de journées de 10, 12, 15h à parfois, je n’ai rien à faire, strictement rien à faire, je n’ai rien sur mon agenda et je me suis rien prévu. Et en fait, ça a été une vraie bagarre pour moi de me retrouver à devoir, c'est bizarre à dire hein, tu vois, mais vraiment à devoir combler un peu le vide. Ça fait un peu problème de riche, je m’en rends bien compte en le disant mais c'était vraiment compliqué, c'était une vraie galère pour moi, une bataille. Je suis très heureux d'avoir pu continuer à me relancer avec les podcasts, pas partir sans avoir rien à faire parce que je pense que vraiment ça aurait été compliqué. Là, au moins, j'avais un truc qui pouvait un peu structurer mes semaines et mes journées. Après, je ne sais pas ce que le podcast m'a appris sur moi, c'est un peu compliqué à dire et tu vois aujourd'hui je suis encore en train de me demander ce que je vais faire de ces podcasts mais est-ce que ces podcasts je les augmente, qu'est-ce que j'en fais, en fait, globalement? Est-ce que je me remets à bosser, peut-être un peu plus? Je ne sais pas quoi, tu vois. C’est encore un peu « work in progress », désolé je n'ai pas plus de réponses que ça à te donner. Après, ce que ça m'a appris sur moi en fait, je pense, c'est que je me suis rendu compte que c'était vraiment une vraie qualité de savoir bien écouter les gens et de savoir bien les interviewer, d'être capable de tenir une conversation comme ça. Pour moi, ça coule un peu de sources. Il y avait plein de gens qui me disaient sur YouTube avant « tes interviews, elles sont bien » mais pour moi c'était juste parce qu’en fait la personne en face elle était en train de donner un truc intéressant et après je me suis rendu compte en en faisant de plus en plus, notamment avec les podcasts, que c'est un vrai skill d'être capable d'aller chercher chez les gens des trucs qu’ils ne seraient pas forcément prêts a dire où qu'ils auraient même pas forcément en tête. Régulièrement, j'ai dans « Histoire de succès » des gens qui ont fait beaucoup d'interviews et qui me disent « c'est chelou parce que je n’ai jamais parlé de ça » et là d'un coup d'un seul tu te dis je gagne, tu vois, je gagne au jeu de l'interview.


Anne-Fleur Andrle : Mais c'est clair, la manière dont tu conduis les interviews, moi je la trouve hyper fine. Des fois, t'entends des interviews et tu vois le mec venir à 10 kilomètres, là où il veut en venir mais il ne met pas le mot dessus, puis il met 15 minutes y arriver et tu arrives de manière très fine à découvrir des facettes de personnalité de chacun de tes interviewés, c'est vraiment canon.


Fabrice Florent : Merci, c'est cool. Mais tu vois, je t'avoue que ça fait assez peu de temps que j'en ai pris conscience.


Anne-Fleur Andrle : Ecoute, il faut que tu continues. Est-ce que dans le podcast, puisque c'est le sujet dont on parle aujourd'hui, est-ce que tu aurais une idée d'un de tes plus gros fail ?


Fabrice Florent : Alors, je vais raconter encore cette histoire, mon dieu, cette histoire va me poursuivre jusqu’à la fin de l’éternité mais en gros l'un des invités que j'aurais bien aimé avoir dans « Histoire de Darons » c'est Alexandre Astier parce qu’il a eu plein d'enfants et en fait ils ont vécu avec son ex-femme, si je me trompe pas, dans des appartements séparés, juste à côté, en gros, à 5 minutes l'un de l'autre. Ils avaient une vie de famille un peu particulière, si tu veux, par rapport à ça et en plus si je me trompe, pas il vient de faire un nouvel enfant, y'a pas très longtemps alors que son aînée elle est grande. J'aurais bien aimé parler de paternité avec lui et en fait c'est, pour une raison simple, c'est mon plus gros ratage d'interview de tous les temps, c'est l’interview avec Alexandre Astier que j'ai totalement raté sur MademoiZelle. J’en ai même fait un article sur Mad en fait pour partager un petit peu mon fail. En fait, je me suis dit, si jamais il y a des étudiants en journalisme qui peuvent prendre un conseil.


Anne-Fleur Andrle : Pourquoi c’était raté ?


Fabrice Florent : En gros, j'ai cette chance en, genre, 2012 d'être au festival d'Angoulême pour faire un reportage et en fait, il y a assez peu de gens, que moi, dans ma vie j'avais voulu interviewer mais Astier en faisait partie. Je m'étais dit que ça pourrait être cool d'avoir Astier un jour sur MademoiZelle et je me retrouve sur le stand Casterman, à l'époque Astier a sa BD là-bas, de Kaamelott et donc l'attaché de presse, que je connaissais par ailleurs, me dit, est-ce que ça t’intéresserait d’avoir Alexandre Astier. Moi, je me dis, yes, let’s go. Et en fait, je me suis retrouvé à interviewer Alexandre Astier et son dessinateur, je savais pas que j'allais interviewer son dessinateur et je ne savais pas qui était son dessinateur, j'ai démarré l'interview sans savoir.


Anne-Fleur Andrle : Je t'ai entendu le raconter dans « Nouvelles écoles » cette histoire… En fait, tu ne disais pas les noms mais tu disais qu’il était important que l’attaché de presse soit ton allié, qu'il faut lui poser des questions, il ne faut pas avoir peur de poser des questions.


Fabrice Florent : C'est ça, j'ai pas donné le nom. Écoute, voilà c'est ça et en fait j'ai envoyé un mail, un message à son attaché de presse, c'est tout, qui m'a dit Alexandre ne souhaite pas discuter de ces sujets-là, ce que je peux comprendre quoi tu vois parce que ça peut aussi aller sur la vie privée même si d'une manière générale je pense qu'on peut parler de paternité sans parler de vie privée de façon plus globale mais voilà ça c'est pour rebondir sur ce fail et en gros il vient pas dans mon podcast quoi, tu vois, donc, j'ai une revanche à prendre.


Anne-Fleur Andrle : Donc Alexandre Astier, le message est passé. C'est quoi l'invité que tu rêverais d'avoir, là en 2021? On est en janvier c'est le moment des intentions.


Fabrice Florent : Tu sais c'est dur parce que je n’ai pas, comme ça, de rêve d'invité que je voudrais avoir à tout prix et qui serait wouaw, trop bien. Ça vient vraiment au fil de l'eau, selon l’actualité de quelqu’un j'ai envie de l’avoir. Je pense que si tu me dis aujourd’hui qui t’aimerait avoir dans « Histoires de succès » par exemple j’adorerais avoir Chabat ou De Caunes parce que c'est les 2 têtes qui ont vraiment bercé mon adolescence et qui ont, je trouve, un parcours très cool mais globalement, en fait, à part ça, je n’ai pas vraiment d'envies particulières, j'aimerais pouvoir interviewer tout le monde, je pense que tout le monde est intéressant.


Anne-Fleur Andrle : Et est-ce que t'as un sujet, peut-être, par rapport à la paternité, la masculinité ou les succès ne que t’as jamais abordé et t'as pas forcément trouvé l’angle ou la personne mais vraiment c'est un truc qui te titilles.


Fabrice Florent : Dans « Histoires de mecs », j'aimerais bien avoir un bon masculiniste des familles.


Anne-Fleur Andrle : C'est quoi un masculiniste?


Fabrice Florent : C'est un anti féministe, c'est un mec qui est ouvertement contre les droits des femmes en fait ou alors qui serait un mec à l’opposé de mes valeurs et ça pour l'instant, je crois que c'est peut-être un peu tôt, je ne sais pas, je verrai mais ça fait partie des choses ou je me dis ça pourrait être intéressant. Mais je ne sais si ça pourrait en faire une interview très intéressante parce que je ne sais pas si on arrivera à s'écouter.


Anne-Fleur Andrle : C'est ce que j'allais te demander. Tu sais, la déontologie quoi. Est-ce que tu écoutes la personne et tu ne réagis pas. C'est la différence entre la discussion et l'interview. Est-ce que j'écoute et je retranscris ou est-ce que j'écoute et j’échange. Quand les convictions et les paroles proposées vont complètement à l'encontre mais genre à 10000 lieues de ce en quoi tu crois comment est-ce que tu fais tout pour rester, justement, dans ta réserve? Je ne sais pas si ça t’est déjà arrivé ou pas?


Fabrice Florent : Bien sûr et en fait, ce que je fais en général, j'interviens en posant la question, en cherchant à creuser un peu, donc je me mets toujours dans la question : « mais, en fait, t'es en train de dire ça, mais tu te rends compte que si on le regarde sous un autre angle ça fait ça? » et je ne viens pas pour juger. J'ai eu un Daron une fois, qui m'a vendu, entre guillemets, en amont un truc qui s'est avéré être extrêmement éloigné de la réalité de ce qu'on avait fini par faire. En fait, Je ne l'ai jamais sorti parce qu’en fait j'ai essayé de creuser sur ses contradictions tout en étant toujours cool mais en fait ça ne donnait rien donc je trouvais que l'épisode ne donnait rien et ça ne m'intéressait pas d’aller plus loin que ça avec lui. Je ne lui ai pas dit, sur le moment, parce que sur le moment, je me suis dit que j’étais peut être chafouin après l'interview, je me suis dit « tu vas la réécouter peut être qu’en fait, dans quelques jours, dans quelques semaines tu réécouteras, étudieras et trouveras que c'est diffusable » à la réécoute, pas du tout.


Anne-Fleur Andrle : Justement, j’entends bien ce que tu dis, parfois tu lis une actualité, tu te dis tiens, j'aimerais bien en parler, j'aimerais parler de cette personne? Est-ce que tu considères que tu castes des personnes ou des histoires pour tes podcasts et qu'est-ce qui fait, du coup, que c'est un casting, je ne sais pas si le mot te plaira, réussi pour tes podcasts?


Fabrice Florent : En fait, c'est compliqué de dissocier la personne de l'histoire, d'une manière générale mais je crois que je cherche avant tout à caster des histoires et puis après les personnes elles viennent avec, elles ont été façonnées par leur histoire, d'une manière ou d'une autre. J’ai du mal à parler de casting parce que je prépare très peu mes interviews. Les mecs m’écrivent parfois, genre quelques lignes, en disant voilà mon histoire, c'est ça, j'aimerais bien en parler et ils me donnent un point ou deux spécifiques de leur truc et puis après je leur dis Let's Go, viens on le fait ensemble. Les mecs qui m'écrivent des mails trop longs, par exemple, ils m'écrivent toute leur vie, ils veulent me raconter tout le podcast, je pense que ça leur fait du bien, mais moi je ne lis pas en fait, je le lis en diagonale. Je n’ai pas envie d'en savoir beaucoup plus.


Anne-Fleur Andrle : Est ce qu’il y a un conseil que t'aurais aimé qu'on te donne quand tu as lancé l'un ou l'autre de tes podcasts?


Fabrice Florent : Je crois que d'abord, le truc que, je pense, il faut faire avant de lancer un podcast c'est de faire 3, 4, 5 épisodes que t'enregistres à l'avance, que tu crées à l'avance, que tu fais à l'avance parce qu'en fait normalement au bout de 5, si c'est vraiment un truc qui te plaît, normalement, ça sera toujours là. En revanche, si t'en fais un, tu le lances et qu'en fait t'as du mal à en faire un 2e ou un 3e c'est peut-être qu’il ne faut pas faire de podcast. Je dis ça parce que je crois que c'est simple aujourd'hui de lancer un podcast, c'est très bien parce que c'est devenu très démocratique et c'est super, je dis juste qu’en fait je crois qu'il faut d'abord un peu tester la capacité à durer dans le temps. Ça serait un conseil que je voudrais donner et l'autre ça serait : Ne regardez pas trop vos feuilles, ne regardez pas trop vos fiches, essayez plutôt d'être dans la conversation, si vous voulez lancer un podcast d'interview, de discussion. Je crois que c'est un truc que j'ai mis beaucoup de temps à comprendre, de façon très empirique. Les premières interviews j'étais vraiment en train de réfléchir, c'est quoi la suite, c'est quoi la question suivante… Je crois que ce seraient ces 2 conseils là. Ça serait « enregistrez en plein afin de savoir un peu où vous foutez les pieds et puis après, si vous faites des podcasts interview, essayez d'être dans la discussion plus que dans l'interview ».


Anne-Fleur Andrle : J'ai compris que toi, en tant que podcasteur, c'était assez facile en écoutant tes podcasts, que tu aimes les interviews. Est-ce que t'es plutôt, toi en tant qu’auditeur, podcast court ou podcast long?


Fabrice Florent : Podcast long. Après, ça dépend ce que t'appelles format long. Par exemple, je sais que Mymy, de la rédaction de MadmoiZelle, elle aime les formats longs genre de 2h30, 3h. Pour moi, c'est trop.


Anne-Fleur Andrle : Genre « Générations do it yourself ».


Fabrice Florent : Ce format là est trop long. Après, s'il y a des gens à qui ça plait, tant mieux mais moi j'aime bien les podcasts qui font 1h, 1h30 grand max 2h. Et, 2h, il faut que tu m'emportes.


Anne-Fleur Andrle : C’est quoi le podcast, actuellement, dont tu ne loupes pas un épisode?


Fabrice Florent : Ah, c'est très simple c'est « Laisse-moi kiffer », je ne sais pas si tu connais, c'est le podcast qu'on avait lancé chez Mad, il y a quelques années et aujourd'hui je ne suis plus chez MademoiZelle mais c'est vraiment le truc que je continue d’écouter. C'est aussi un truc de santé mentale pour moi d'avoir réussi à m'éloigner de MademoiZelle, ne pas aller lire tous les jours mais le truc que je ne rate pas c'est celui-là. Là, ce matin l'épisode est sorti, j'ai écouté tranquille en buvant mon café, en me réveillant d'abord dans mon lit mais vraiment c'est un rendez-vous hebdo, je n’en rate aucun. Déjà, à l'époque, quand j'étais le boss, je n'en ratais pas. C’était marrant parce que je pense que j'étais le seul de la boîte à écouter le podcast qu’on faisait. On avait 2 équipes à l'époque et en fait les équipes entre elles ne s’écoutaient pas. C'est un grand truc dans les équipes, dans les boîtes comme ça, en général, ce n’est pas évident de consommer ce que tu produis parce que les gens n’ont pas forcément le temps mais moi c'est un truc que j'écoutais religieusement et ça faisait partie des blagues que je disais à chaque fois, « écoutez-vous entre vous, ça serait sympa ».


Anne-Fleur Andrle : Est-ce que tu pourrais me parler du dernier podcast que t'as bingé, genre t'as découvert une pépite et t’as enchaîné les épisodes parce que t’étais trop content de ta trouvaille ?


Fabrice Florent : Le dernier que j'ai mangé littéralement c'est ce podcast de Thomas VDB qui s'appelle « 100 VDB par minutes » qui était à la base un podcast original de Deezer donc ça date d’il y a quelques années, je ne savais pas, c’est à crever de rire. En plus, j'avais vu que Thomas faisait des podcasts, c'est un travail vraiment fin, ça dure une demi-heure, c'est entre sketchs et interviews. Je ne sais pas si tu connais Thomas VDB, qui est un humoriste, c’est une sorte de fausse émission de radio. Enfin bref, c'est Thomas VDB et j'ai bingé ça en pleurant de rire chez moi. D'habitude, je pleure de rire en écoutant LMK (Laisse-moi Kiffer), ça m'est arrivé de pleurer de rire en écoutant LMK dans le métro et là t'as souvent l'air idiot mais là pour le coup j'étais tout seul. Après, non j'ai écouté ce podcast qui a fait un petit buzz qui s'appelle « Qui est Miss Paddle ».


Anne-Fleur Andrle : Je l’ai écouté avant-hier, je l’ai bingé !


Fabrice Florent : Voilà, clairement, je n’ai rien d'autre à dire, j'ai passé un excellent moment. Ça part d'une histoire de clic, de like sur les réseaux sociaux et ça amène à beaucoup plus loin, donc vraiment chapeau.


Anne-Fleur Andrle : J'ai prévu d'en parler justement dans la sélection de Podcast, très bonne idée. Qu'est-ce que je peux te souhaiter là pour la suite?


Fabrice Florent : De la paix et de la sérénité.


Anne-Fleur Andrle : Je te le souhaite à 300%. En tant que podcasteur en série, t'as d'autres idées, justement, de création de contenu? D'autres podcasts auxquels t'aurais envie de donner vie dans les mois, les années à venir?


Fabrice Florent : Peut-être mais tu sais j'ai appris un truc c'est qu’il ne faut jamais teaser un truc avant qu’il ne soit prêt, donc, en fait, je ne vais pas en parler. Mais c'est un peu la question dont je te parlais tout à l'heure, c'est à dire à quel moment je vais décider de passer, peut-être pas la 2nde, mais la 3e, tu vois, sur les podcasts. C'est ce que je vais décider de faire ou pas enfin ça fait partie des questions que j'ai la chance, aujourd'hui, de me poser, de me laisser le temps de me poser. Donc je ne m'énerve pas non plus avec ça, même si, tu sais, j'ai toujours ce truc qui me dit : « faudrait te remettre à travailler pendant 15h /jour » car quand tu l'as fait pendant 15 ans, c'est un peu réflexe, c'est dur d'en sortir.


Anne-Fleur Andrle : Écoute, en tout cas, moi je souhaite que tu continues sur les podcasts et j'ai hâte de savoir ce que t'as en tête, ce qui va se passer. J'espère que tu donneras vie à tout ça en 2021 en tout cas. En attendant, on continue à t'écouter dans « Histoires de Darons », « Histoires de succès », « Histoires de mecs ». Est-ce que t’aurais un petit mot de la fin, pour dire au revoir.


Fabrice Florent : Au revoir.


Anne-Fleur Andrle : Un petit mot et c'était très efficace, je te remercie. Je te souhaite une très bonne journée et puis je te dis à bientôt.


Fabrice Florent : Merci, à toi aussi puis des bisous au bébé.



Et voilà, c'est terminé pour aujourd'hui. J'espère que cette rencontre de l'autre côté du micro avec Fabrice Florent vous aura plu autant qu’à moi et à Félix…

Vous l'aurez compris, on a eu un petit invité surprise qui a débarqué au milieu de l'interview, c'est pas faute de la faire pendant la nuit. En tout cas, je vous remercie d'avoir écouté jusqu'au bout. Comme d'habitude, vous le savez, après le générique, vous pouvez retrouver les bloopers, pour ceux que ça amuse. En tout cas, merci à Fabrice, aussi, pour sa patience puisque ce fut une interview dans des conditions un petit peu rock n roll. Si vous souhaitez retrouver toutes les recommandations de Fabrice, rendez-vous dans la description de l'épisode. Je vous y consigne tous les épisodes que Fabrice vous a recommandé et puis n'oubliez pas que sur Spotify, il y a la playlist du podcast Génération podcast la playlist, c'est assez simple à se souvenir, dans laquelle vous retrouvez tous les épisodes qui ont été recommandés par tous mes invités ainsi que par moi dans les sélections je vous propose tous les 15 jours.


Episode retranscrit et adapté par la géniale Emilie Chabenat : immense merci à elle !