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  • Anne-Fleur Andrle

De l'autre côté du micro avec Élise Bultez, du podcast Prenons Un Café

Mis à jour : janv. 26

Tous les 15 jours, j'invite un ou une podcasteur.euse de talent, connu ou moins connu, pour découvrir ce qui l'a inspiré à se lancer, son quotidien de créateur (ou créatrice) de podcasts, ce qu'il ou elle écoute, et ainsi le ou la faire passer de l'autre côté du micro.


Dans cet épisode, Élise se confie sur l'histoire de ses podcasts et nous parle des épisodes qui l'inspirent :


Écoute l'épisode avec Elise Bultez juste ici.





Elise est passionnée de parentalité et est très créative. Pendant longtemps, elle a écrit sur son blog et a eu à cœur de parler de tout ce qu'on ne lui a pas dit avant de devenir maman. Comme elle l’explique “Le tourbillon de la parentalité ne s'arrête absolument pas à l'accouchement. Ce n'est en fait que le début de l'histoire.” Puis, considérant qu'elle n'a pas le monopole des expériences en termes de parentalité, elle a commencé à vouloir donner la parole à d'autres parents derrière un micro. Et c’est tout naturellement que Prenons un café a vu le jour. Depuis elle a lancé Radio Famille, ou elle réalise des portraits familiaux avec la voix. Elise a mille et une idées à la seconde. Elle est passionnante et moi, j'ai vraiment adoré la redécouvrir de l'autre côté du micro. C’est parti !


Écoute l'épisode avec Elise Bultez juste ici.


Anne-Fleur Andrle (AFA) : Ça fait un petit peu bizarre de t'entendre aujourd'hui, de l'autre côté du micro, j'ai l'habitude d'entendre ta voix tous les mardis dans les épisodes de Prenons un café. Merci d'être là !


Elise Bultez (EB) : C'est plutôt sympa, mais c'est hyper rare. Je crois que c'est arrivé une seule fois mon passage de l'autre côté du micro, même avant même d'avoir un podcast.


AFA : Je me sens d'autant plus spéciale. Je suis heureuse et très honorée que tu viennes aujourd'hui raconter ton histoire. Alors tu viens de Lille et tu es podcasteuse. Est ce que tu pourrais nous en dire un peu plus, justement, sur qui se cache derrière ce micro ?


EB : J'ai 31 ans, je suis pacsée et j'ai une petite fille de 3 ans et demi. J'ai créé Prenons un café qui est un podcast qui parle de parentalité sans tabous ni complexes en mai 2019, ça fait un an et demi maintenant qu'il existe. Prenons un café, c'était un blog que j'ai ouvert parce que j'ai été très surprise de découvrir tout un tas de choses dont on ne m'avait pas parlé quand je suis devenue maman. A commencer par tout ce qui avait attrait au post-partum. J'ai eu envie d'écrire tout ça sur un blog qui n'était pas beaucoup lu, parce que je l'avais partagée avec des gens que je connaissais. Le format blog ne parlait que de moi, je parlais de mes expériences à moi et au bout d'un moment, j'ai été un peu limitée et j'ai eu envie d'avoir d'autres expériences puisque moi, je n'ai pas le monopole de la parentalité, je ne vis pas toutes les expériences et heureusement d'ailleurs. Du coup, j'ai découvert le format podcast et je me suis dit “Mais oui, c'est idéal justement pour faire parler d'autres personnes”. Et c'est comme ça que, prenons un café, le podcast est né.


AFA : Si parmi les auditeurs aujourd'hui, il y en a qui ne connaissent pas encore Prenons un café, quel serait l'épisode, selon toi, par lequel il faut absolument commencer?


EB : L'épisode 7 avec Louise, dans lequel on a parlé de dépression post-partum. Pourquoi c'est mon préféré ? Parce qu'en fait, c'est celui qui m'a révélé, entre guillemets, l'importance de Prenons un café, les conséquences que ça pouvait avoir. Parce qu'en fait, suite à cet épisode, j'ai eu beaucoup de retours. Louise aussi d'ailleurs. Les retours disaient merci parce que parce que des femmes avaient compris qu'elles étaient peut être en train de faire une dépression post-partum, elles comprenaient ce qu'elles avaient vécu ou ce qu'une amie avait vécu. Et en fait, cet épisode a été très, très important pour la suite. C'est encore aujourd'hui un de mes épisodes préférés que je conseille très fortement. En plus, il est hyper profond. On était allé vraiment loin avec Louise et j'en garde un excellent souvenir.


AFA : Est ce que tu peux m'expliquer comment est-ce que tu as découvert le monde du podcast ? Est-ce que tu te souviens du premier que tu as écouté ?


EB : Ce que j'ai écouté, c'est Génération XX. Ce podcast est top et ça tombait au moment où j'étais en pleine création d'entreprise. C'était un format vraiment hyper pratique parce qu'il y avait des invités qui racontaient leur expérience et ça, c'était génial et c'était une richesse incroyable pour moi. Je ne connaissais rien à l'univers du business, c'était très précieux et j'ai découvert l'univers du podcast avec Génération XX.


AFA : Peux-tu me raconter le déclic qui t’a fait te lancer avec Prenons Un Café et tes objectifs avec ce podcast qui est déjà dans sa saison 2 ?


EB : L'objectif avec Prenons un café, c'est de dire les choses qu'on n'a pas l'habitude de dire quand on tombe enceinte, quand on s'apprête à devenir un peu maman ou même parent. Je n'aime pas dire maman d’ailleurs, parce que ce n'est pas pour les femmes, c'est pas pour les mamans, c'est pour les parents. En général, ça parle de parentalité, pas de maternité. Ça, j'y tiens assez. Donc, c'était l'idée de dire ce qu'on ne dit pas parce qu'à part nous dire ah, tu verras, l'accouchement, ça fait mal. Et après, on oublie tout, on ne nous dit rien. Sauf qu'en fait, ce n'est pas vrai. L'accouchement, en soi, c’est dur. Oui, ça peut être traumatisant, mais en vrai, ça dure au maximum une semaine, je dirais. Tu vois sur la durée de temps, sur une vie, c'est rien. Et l'accouchement, même si c'est le début de quelque chose, c'est pas tout. Et à mon sens, ce n'est pas la partie la plus importante. J'avais vraiment envie qu'on mette en avant tout ce qui pouvait se passer avant, mais qui pouvait ne pas bien se passer. Une grossesse qui se passe mal, une dépression prénatale, une perte d'enfant, tout ça, tout ce qui peut se passer mal entre guillemets avant, mais aussi tout ce qui peut se passer après, que ce soit en mal ou en bien. Mais généralement, je parle quand même de galères parce que quand tout va bien, tout va bien. On sait qu'il y a des moments de bonheur dans la parentalité. C'est d'ailleurs pour ça qu'on se lance. On le sait bien que tout le bonheur qu'il y a autour de ça efface le reste. Mais ça n'empêche pas que les moments de galère sont là. Et ça fait du bien d'en parler, d'en entendre parler, d'entendre d'autres personnes qui vivent les mêmes choses que nous fait sortir de la solitude.


AFA : C'est ça. J'adore d'ailleurs ta petite phrase de fin d'introduction. Je crois que c'est “Vous pensiez être les seuls à galérer? Ben non…”


EB : Mettez vos écouteurs et prenons un café (rires). C'est un retour d'expérience quand même. Parce que moi, quand je suis devenue maman, j'étais toute seule. En fait, à Lille, je ne connaissais personne à l'époque, ou alors très peu de gens. Donc, je me suis vite retrouvée seule. Ma famille était très loin de moi


AFA: parce qu'en fait, tu n'es pas Lilloise ? (rires)


EB : Je viens du Nord de la France, mais en fait, ma famille est à plus de 100 kilomètres de Lille, ce qui en soi, n'est pas grand chose. En temps de confinement, c'est énorme parce que du coup, on ne se voit pas. Je ne faisais pas cette centaine de kilomètres avec mon bébé et c'était loin de ma vie professionnelle, loin de ma vie tout court, en fait. Donc, ça crée une certaine distance.


AFA : Hors pandémie, tu fais quand même pas mal d'interviews en personne, j'ai l'impression. Pourquoi ce choix ? On te voit sur Instagram, tu prends le train à l'autre bout de la France pour aller rencontrer tes invités. Et puis, comment est ce que tu gères actuellement?


EB : Alors c'est vrai que j'ai fait majoritairement des interviews en face à face parce que c'est un sujet qui, à mon sens, le nécessite parce qu'on va dans l'intime. Et c'est important pour moi d'être en face des gens pour qu'ils oublient micro. En fait, j'ai vu la différence sur le distance avec le confinement et ça met vraiment beaucoup de barrières. Et les épisodes n'ont pas la même saveur parce qu'on ne voit pas ça. Je pense qu'il y a un manque d'empathie aussi à distance. Et on se coupe plus facilement parce que je ne vois pas les réactions de la personne en face, tu vois. Et alors qu'en face à face, il y a plus d'émotions. Il y a des choses qui sont vraies, qui sont vécues, que ce soit des larmes, des rires, des connexions. Je me suis fait des amis extraordinaires d’ailleurs. Et ça, ça ne serait pas arrivé si ça avait été à distance. Donc oui, je fais des kilomètres, je prends le train, je me déplace. Généralement, je fais des condensés d'interviews avec des journées de trois à quatre interviews. C'est dur comme tu dis parce que tu rentres dans des sujets intimes aussi. Tu reçois, c'est pas aussi simple que tendre un micro. Je sais que ça me vide quand je fais une interview, selon les sujets.


AFA : J’imagine que ce n’est pas évident d'être à fond, toujours sur la dernière interview de la journée.


EB : Alors, figure toi que ça, je ne le ferai plus parce que je l'ai fait. C'était quand? Il n'y a pas très longtemps. C'était début octobre ou fin septembre que je suis allé à Paris et j'avais enchaîné trois interviews. Et en plus, j'étais malade. Donc ce n'était vraiment pas le bon timing. J'avais un rhume. Ce n'était pas non plus à la mort, mais assez pour me fatiguer avec le trajet. Et la dernière? Je sentais que c'était dur, j'avais du mal et du coup, je le ferai plus parce que c'est des sujets intenses. Et en plus, cette journée-là, j'avais vraiment fait des sujets compliqués parce que j'avais enregistré avec Yolanda sur le deuil périnatal en premier. Heureusement que c'était le premier. Du coup, ça avait été déjà beaucoup à digérer. A la fin, c'était un sujet un peu plus léger sur le voyage avec les enfants. Avec Anaïs, donc, ça allait. Heureusement, c'était dans cet ordre là, je pense, mais c'est un peu plus dur. Donc trois comme ça, je ne le ferai plus. Je pense que je ferai un matin, un après midi.


AFA : Bon et sinon, tu as lancé un second podcast récemment ?


EB : Oui, c'est tout nouveau. En même temps, c'est un podcast qui n'a pas une fin, qui n'a pas pour but de durer dans le temps. C'est un format sur 24 jours. C'est un calendrier de l'avant audio, donc j'ai créé la maison du père nolille. C'est un format qui n'existe pas encore. C'est le premier, en tout cas. Je ne sais pas ailleurs. Peut être qu'aux Etats-Unis, ça existe. Je ne sais pas. En tout cas, en France, c'est le premier. Et l'idée avec la maison du Pere nolille, c'est de mettre en avant 24 commerçants et créateurs de la ville de Lille pour inciter les consommateurs à consommer local. Pour les fêtes de Noël, en fait, chaque jour, il y a un lutin du père Nolille qui raconte son histoire, qui donne un petit code promo à la fin de l'épisode à utiliser sur son shop pendant 48 heures. Et à la fin, il y a un grand concours où les lutins du père nolille donnent une réplique de leur film préféré. Et l'idée, c'est pour les auditeurs de noter les 24 titres de films dans un petit carnet. Le 24 décembre, il y a un petit formulaire qui s'appelle La lettre au père nolille, dans lequel on pourra mettre les 24 titres. Et il y aura un tirage au sort le 25 décembre pour savoir qui remporte le panier garni de Noël.


AFA : Mais c'est brillant comme idée. Franchement, bravo. Comment est venue cette idée ? Ça vient du confinement de pouvoir. Pour aider les commerçants ?


EB : Alors, je ne l’ai pas dit, mais je suis entrepreneur aussi. Et je veux ouvrir un café qui sera family friendly à Lille et pour l'instant, c’est bloqué totalement avec le covid. Et j'ai beaucoup de copines qui sont commerçantes ou créatrices sur la région lilloise et j'avais envie de leur donner un coup de pouce. Parce que je sais combien elles galèrent et comment c'est compliqué en ce moment. Et à côté de ça, je vois aussi beaucoup sur les réseaux des gens qui ont envie d'acheter local et des gens qui demandent des conseils, mais qui ne savent pas où aller. Donc, j'ai un peu regroupé ces deux idées là et j'ai eu un flash un jour dans ma douche. Généralement, c'est dans ma douche, c'est toujours dans la douche et je me suis dit voilà, ça fait un moment que j'avais envie de faire un truc à Noël, mais je n'arrivais pas à le construire.


AFA : Oui, je me souviens ! Pour la petite histoire, on fait partie de la même communauté de podcasteurs et tu nous disais “J'ai envie de faire un truc, j'ai envie de faire un truc pour Noël" mais tu ne trouvais pas comment le faire. Puis d'un coup, un jour, t'as débarqué. “J'ai trouvé, je sais comment je vais faire ça !”


EB : Et puis tout est parti, oui ! J’avais l'idée. Mais je ne trouvais pas le fil rouge en fait qui pouvait lier tout ça. Et le concours avec les répliques de films, c'est ça qui me manquait. C'est exactement ce qui me manquait. Du coup, je l'ai fait. J'ai envoyé des messages aux commerçants qui étaient susceptibles de pouvoir participer à l'aventure. C'est une aventure assez folle parce que je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait un retour médiatique comme ça. Parce qu'en fait, j'ai eu plein d'interviews. J'ai fait des articles de journaux, j'ai fait une interview en radio. C'était assez fou.


AFA : C'est hyper innovant. Et puis, si clairement, c'est carrément d'actualité. Franchement, bravo.


EB : Et puis, miser sur les formats courts, je pense que c'est un peu la clé aussi en ce moment. Parce que tu vois avec Prenons un café, ça dure une heure minimum. Donc, il faut avoir le temps. Et en ce moment, on n'a pas forcément le temps de se poser pour écouter un podcast, même si, paradoxalement, on penserait en tout cas. Mais en parentalité? Non, parce que tu as des enfants. Et donc, du coup, c'est plus difficile alors qu'avec la Maison du Pere Nolille, ça dure six minutes maximum et c'est tout ce qu'il faut.


AFA : J'adore, j'ai écouté les premiers épisodes et j'ai beaucoup aimé aussi. Parlons maintenant et sans transition de tes habitudes podcasts. Actuellement, est-ce qu’il y a un podcast que tu ne loupes pas ?


EB : C'est vulgaire de Marine Baousson. J'adore, j'adore.


AFA : Oh oui, j'adore. Vulgaire. Et Marine Baousson aussi d'ailleurs, j'en avais parlé dans Génération Podcast à l'époque où ce podcast était une newsletter.

EB : Oui ! J'adore, parce qu'en fait, c'est un format court, parce que j'écoute beaucoup de podcast en déplacement. Et comme je me déplace plus beaucoup, c'est parfait. En fait, c'est ce que j'écoute sur les trajets pour emmener ma fille ou aller la chercher à l'école. C'est tellement frais, c'est de l'humour et j'adore. L'indispensable pour moi, en ce moment, c'est vulgaire.


AFA : Est ce que tu peux me parler d'un épisode au cours de la dernière année qui t'a particulièrement marqué ? De Vulgaire, ou peut-être d'un autre podcast ? Un podcast qui a particulièrement résonné en toi, auquel tu t'es peut-être identifiée, ou mise en colère, qui t’a fait réagir. Ce serait lequel?


EB : C'est l'épisode 100 de Bliss, où Clémentine Galey raconte son histoire à elle, qui a beaucoup résonné en moi. Parce qu'en fait, on a énormément de similitudes et on a des histoires qui se ressemblent à notre façon. Ça ne se ressemble jamais exactement. Mais il y a des parallèles qui sont assez faciles à faire. On traite plus ou moins des mêmes sujets sur nos podcaster parce qu'elle a été aussi une inspiration, mais aussi, surtout sur le parcours, le parcours perso. J'ai trouvé ça tellement fort d'avoir son histoire à elle. Son vécu par rapport à la parentalité, à la maternité, j'ai trouvé ça fort à la fois dans le discours, mais aussi fort pour elle, parce que j'ai trouvé ça très courageux d'aller d'aller dire tout ce qu'elle a vécu, en fait, parce que c'est des sujets pas faciles qu'on n'aborde pas forcément tous les quatre matins.


AFA : Je trouve ça vraiment très courageux, complètement. Alors pour ceux qui connaissent pas Bliss Stories, c'est le podcast maternité. Historiquement, en tout cas, c'était le premier aussi qui s'est lancé.


EB : Oui, je pense que c'est celui qui a le plus de succès.


AFA : Donc, c'est un podcast de témoignages qui a été créé par Clémentine Gallet et l'épisode 100 c’est la ou sa créatrice, Clementine Galey, s'est confiée et a raconté son histoire. Et c'est vrai qu'elle raconte, comme tu le dis, son histoire personnelle et touche à des sujets qu'on n'attendait peut-être pas. On y parle maternite et avortement aussi. C'est un sujet qui est très difficile à discuter. J’ai été particulièrement touchée par cet épisode et je pense qu'en fait, d'une certaine manière, je pense qu'on s'est toutes identifiées à un moment de cet épisode.


Écoute l'épisode avec Elise Bultez juste ici.


EB : C'est un sujet que j'ai évoqué et parce que je l'ai vécu tout simplement quand j'avais 20 ans. Mais je ne l’ai jamais évoqué un podcast. Je l'avais jamais fait a part dans un article sur mon blog. Vous ne le retrouverez pas d’ailleurs parce que le site est en maintenance actuellement, mais dès qu'il sera plus en maintenance, il sera de nouveau disponible. C'était quelque chose qui me tenait à cœur. Par contre, c'est vrai que j'ai de plus en plus de mal. Forcément, je ne le ferais peut-être pas. Ce n'est pas un sujet que j'aborde, j'aborderai dans un épisode. Tu sais, quand tu traites de deuil périnatal, de PMA dans ton podcast et que toi, tu vas aller dire que tu as fait une IVG, c'était un peu difficile aussi, touchy. Faut vraiment avoir les couilles de le faire. Faut vraiment avoir le courage de le faire.


AFA : Pour finir, Elise, est ce qu'il y a un conseil que tu aurais peut-être aimé te donner à toi ? Il y a deux ans, quand il a découvert les podcasts, tu as décidé de te lancer. Qu'est ce que tu aurais aimé savoir?


EB : Me conseiller d'oser aller demander, en fait, demander à des gens qui le faisaient déjà parce que ça, je ne l'ai pas fait. Tu vois, je n'ai pas osé demander à des personnes qui faisaient des podcasts. Je me suis mise dans mon coin à essayer de me débrouiller toute seule et ça m'a pris beaucoup plus de temps que si j'avais posé des questions, en fait. Parce que tu vois, moi, j'ai décidé de faire un podcast, le lendemain, je commandais mon micro et 15 jours après, je faisais ma première interview. Je ne me suis pas formée à quoique ce soit. J'ai tout appris sur le tard et parfois, je pense que j'ai perdu du temps. J'ai perdu de la qualité au début parce que je ne suis pas allée chercher les informations là où elles étaient finalement et que j'ai voulu me débrouiller toute seule. T'es un peu buté en cherchant sur Google et en essayant de maîtriser des logiciels que je ne maîtrisais pas. Je pense que si j'avais posé des questions, si j'avais été demandé à des gens qui les utilisaient, ça aurait été beaucoup plus rapide. Donc, peut-être se rapprocher des personnes qui font déjà des podcasts parce que généralement, elles répondent aux questions. Et puis, au pire, pas de réponse, c'est tout.


AFA : Un excellent conseil. Et puis franchement, il faut dire aussi que les podcasteurs, généralement, sont assez contents de parler de ce qu'ils font. C'est une communauté hyper bienveillante. Qu'est ce qu'on peut te souhaiter pour la suite?


EB : Du coup, j'ai plein de projets autour du podcast, justement qui sont en préparation. Donc souhaitons que ça fonctionne. Le dernier lutin du père Nolille, le 24 décembre, c'est moi. Parce qu'en fait, je vais lancer une entreprise de création de podcasts. Je veux faire du podcast de marque. Ça, c'est évident. Mais il y a aussi un côté où je vais faire du podcast de famille. Tu sais comment faire des reportages de photos, des reportages audio. L'idée, c'est vraiment pas des podcasts qui auront vocation à être diffusés sur des plateformes type Apple Podcast. C'est vraiment un souvenir de famille, comme un album photo, comme un photographe pourrait le faire ou un vidéaste pourrait le faire, mais en version audio et jusqu'à un format que je vais tester, même en direct dans ma famille, parce que je vais aller voir bientôt mon grand-père. Et avec mon père et mes oncles et tantes, on va organiser un moment où on va demander à mon grand père de raconter sa vie pour avoir un souvenir en podcast. Voilà, donc j'ai jusqu'au 24 décembre pour le faire (NDLR : épisode enregistré début décembre 2020). Mais du coup, c'est ça mon nouveau projet, parce que j'en ai envie et parce que je pense que c'est un très beau souvenir d'avoir d'avoir quelque chose à écouter. Tu vois, par exemple, je parle de mon grand père, mais j'ai un autre grand père qui est décédé et je sais qui me racontait beaucoup de choses. Et en fait, avec le temps, j'ai oublié et je me dis, tu vois si j'avais eu des enregistrements de ça quand il me racontait son enfance ou sa vie, ç'aurait été trop chouette. Donc là, l'idée, c'est ça et c'est, je pense, un des seuls médias où tu peux remonter aussi loin dans le temps. Parce que dans la vidéo, tu n'as pas forcément les images d'antan. Les photos sont là, elles sont là, les photos parlent de tout ça. Mais l'audio, ça te permet de revenir dans la mémoire et d'avoir vraiment un tracé. Et j'ai très, très envie de faire ça.


AFA : Et l'audio, je crois que c'est hyper immersif aussi. Tu passes des émotions. Le fait de ne pas être, de ne pas être pollué par l'image. Tu t'y crois quoi? Je trouve, si tu rentres dedans beaucoup plus, beaucoup plus rapidement et même plus intensément.


EB : Mais je pense que ça dépend beaucoup de la façon dont tu les écoutes. J'écoute au casque et au casque. Enfin, y a rien entre la voix de la personne qui parle. Et toi, en fait. Et ça, ça change tout. Ça change tout. Mais en termes de business, en termes simples pour les annonceurs et pour tout, en fait pour toutes les expériences audio, c'est l'expérience consommateur d'audio à aller mille fois plus qualitative qu'un consommateur vidéo, par exemple.


AFA : Je soutiens à fond ce projet. J'ai hâte d'en savoir plus. Je vais lancer un petit truc, mais pour l'instant, je ne sais pas encore ce que j'en ferai. Mais j'en avais déjà parlé sur les réseaux avec Felix, mon fils. J'enregistre son enfance. Je vais essayer de faire des épisodes par an. On verra. On verra ce que ça donne, mais c'est une super idée. J'ai hâte de voir ce que ça donne.


EB : Moi aussi, j'enregistre ça dans 15 jours, donc je te dirai que je voudrais le tester dans l'intime. Mais tu vois, il y a un marché qui est sur l'audio, qui est tellement important, y a tout à construire et c'est ça qui est beau, en fait, et c'est ça qui me plait beaucoup. Tu peux faire beaucoup plus de choses d'ailleurs qu'en videos et photos. Parce que enfin, j'ai l'impression que là, il n'y a pas de limite sur l'audio. Il y a aussi dans l'intime du podcast.


Texte retranscrit et adapté à partir de l'épisode 8 de Génération Podcast. Edité pour la compréhension.


Écoute l'épisode avec Elise Bultez juste ici.


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