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  • Anne-Fleur Andrle

Alors c'est ... la fin.

Dernière mise à jour : mars 9

Il y a 6 semaines, j'ai décidé d'arrêter Alors C'est Pour Bientôt le podcast - du moins temporairement. Je vous explique pourquoi et ce que j'ai appris au cours des 13 mois et 62 épisodes incroyables de ce podcast.



Et bienvenue dans ... le dernier, du moins pour l'instant, épisode de Alors C'est Pour Bientôt. Le Podcast qui lève le voile et libère la parole autour des questions de PMA, de fertilité, d'accès à la parentalité. Enfin ... qui a essayé de le faire au cours des 13 derniers mois.


Moi c'est Anne-Fleur, je suis podcasteuse en série. J'ai créé Alors C'est Pour Bientôt en janvier 2020, comme quoi 2020 n'a pas été synonyme que de trucs archis pourris de mon côté. Je l'ai créé car j'avais identifié un besoin de parler, d'échanger, de recueillir des témoignages de gens qui galèrent pour devenir parents. Peu importe leur orientation sexuelle, leurs croyances religieuses, leurs origines, leurs soucis médicaux, bref pour tout le monde. Car oui, l'infertilité médicale ou non touche a minima une personne sur 6 en France. Une personne sur 6, imagine. Regarde les gens autour de toi au boulot ou dans le métro, pense à tes voisins d'immeuble et crois moi : tu n'es pas seule, tu connais, fréquentes et côtoies chaque jour des infertiles.


Alors ce projet de podcast s'est imposé à moi comme une évidence, une urgence absolue. Il fallait le faire de manière bienveillante et se lancer vite. D'une petite idée qui me trottait en tête, ça a vite tourné à l'obsession. Comme à peu près tout ce que je fais d'ailleurs !


Ayant déjà un job à temps plein, un jeune enfant qui vient d'avoir 2 ans, un mari avec qui j'aime passer du temps et un autre podcast à l'époque, French Expat Le Podcast, je m'engage sur la pente de Alors C'est Pour Bientôt avec précaution. Je m'étais dit "ok, il faut le faire, je vais le faire mais une semaine sur deux sinon je ne tiendrais pas le rythme".


Puis j'ai trouvé ma première invitée, Flavie de Baby hope. J'avais peur de me lancer mais j'étais très heureuse de lui avoir permis de raconter son histoire. Et quelques jours plus tard, je recevais des dizaines de messages de femmes me confiant leur histoire de maternité ou de désir de maternité. Toutes différentes, toutes touchantes, toutes m'accordant une confiance incroyable en me racontant des histoires ô combien intimes, et surtout me remerciant de lancer ce média.


Alors comme je suis une grande empathique, c'est galvanisée que j'annonçais que je publierais un épisode toutes les semaines et non une semaine sur deux. Un peu sur un coup de tête. Je ne savais pas complètement dans quoi je m'engageais.

Pour vous donner une idée d'ailleurs : entre la préparation de l'entretien, l'enregistrement, le montage, la communication, le graphisme et l'écriture des textes, un épisode me demande entre 8 et 12 heures de travail. Et c'est sans compter les réseaux sociaux et plus précisément Instagram, qui est un réseau extraordinaire mais vraiment chronophage.


Finalement, un an plus tard, voilà que je réalise avoir sorti 62 épisodes. 62 ! 62 épisodes dans lesquels j'ai mis mes tripes, dans lequel j'ai vibré avec vous, j'ai pleuré parfois, j'ai ri aussi car c'est important pour moi de faire savoir que si c'est dur de ne pas savoir quand et si l'on va devenir parent, il est important d'en rire aussi, ce n'est pas interdit, et au contraire ça fait même du bien.



Et ce sont donc 62 personnes, voire plus, hommes et femmes, couples aussi parfois, qui m'ont confiée l'histoire de leur chemin vers la parentalité, de leur petite étoile, de leur famille. Et wow ... rien que ça, c'est un merveilleux cadeau que vous m'avez fait et je vous en suis infiniment reconnaissante. 62 épisodes ... ce sont aussi les professionnels qui m'ont fait confiance. Notamment, je pense aux médecins du CHU de Brest, à Caroline Stephan, l'ostéopathe parisienne, Céline la sexologue bordelaise, Constance la sophrologue lilloise ou encore à Anne-Flore la naturopathe d'Annecy. Mais aussi des assos comme le collectif Bamp avec qui on a fait un épisode sur la loi bioéthique. notre loi bioéthique.


J'ai tellement appris avec vous tous ! Dans les épisodes et en privé.


Je ne peux pas vous cacher mon ressenti pendant cette année. A mesure que je découvrais les souffrances profondes de certain(e)s d'entre vous, je ne me sentais parfois pas légitime de parler de PMA car finalement d'un point de vue médical (et j'insiste sur ce point) ça n'a pas été si difficile. J'en parle pas mal dans Hors Je, le podcast d'Anne Juliette, si ça vous intéresse. Je n'ai jamais fait de FIV. N'est ce pas un comble ? J'ai fait des inséminations mais rien que ça, et pour en arriver là ça a été un long, très long, cheminement psychologique. Et c'est certainement pour ça que j'ai toujours traîné des pieds à vous raconter tout ceci.


A mesure qu'on avançait et que je découvrais ce qui se cachait derrière les acronymes barbares FIV, ICSI, IMSI, MFIU, IVG, IMG, PMA, SOPK, je me disais que j'avais eu du bol. Ah oui j'étais en SPOK moi, le fameux syndrome des ovaires polykystiques, le syndrome qui touche une femme sur 10 et qu'on ne sait pas soigner.



Moi, la FIV me terrifiait, alors quand ce n'était plus que la seule option possible, j'ai eu besoin d'une pause pour y réfléchir. Mais entre-temps, j'ai eu un accident de ski qui m'a immobilisée pendant 3 mois donc pause imposée et un peu prolongée. Je continuais ma réflexion et je me disais que mon corps ne supporterait pas la FIV, j'étais prête à adopter. Pas mon mari. Qui m'a dit au printemps 2018 : "Parlons en à la fin de l'été, je ne saurais l'expliquer mais je sens que cet été, tu seras enceinte." Bingo. 48h plus tard je faisais un test, LE test. Le test qui m'annonçait l'arrivée de mon Felix.


Et là de joie immense est arrivée la panique totale. J'ai pourtant grandi avec des enfants, seconde d'une fratrie de cinq, j'ai 16 ans d'écart avec ma plus petite sœur, j'ai 4 nièces et un neveu : non c'était pas ça qui m'effrayait. C'était comment arriver à terme. Comment réussir à prendre soin de ce petit être qui avait enfin décidé de se nicher dans mon ventre jusqu'à la rencontre ultime. Je n'ai pas de formule magique et Felix est finalement arrivé à 35 semaines, un 24 décembre, comme un gros pied de nez à la PMA. Mon cadeau de Noel, tous les ans, c'est lui.


Grâce a vous, grâce à mes échanges avec vous et grâce à vos histoires, j'ai aussi enfin été diagnostiquée de l'endométriose. Maladie infâme, certes, mais quel sentiment étrange d'être heureuse d'enfin mettre un mot sur ce mal, tout en étant dévastée car aucun traitement n'est à 100% efficace contre la douleur.


Vous m'avez appris plein de choses au cours de l'année passée. Voici quelques unes des grandes leçons que vous m'avez enseignées.


  • Quand on a un doute, qu'on est surpris par la prise en charge et qu'on se demande si c'est normal, alors il faut partir, on n'est pas au bon endroit. C'est valable pour les psy qui n'y connaissent rien au deuil périnatal, les médecins qui insèrent des sondes "à sec", des spécialistes qui vous disent que c'est normal d'avoir mal pendant ses règles. Ce n'est pas normal. Partez.

  • Que même si nos parcours ne sont pas archi médicalisés, nos corps prennent un peu cher et qu'il faut les remercier. Ça peut être de lui parler. Riez si vous voulez, mais moi je fais ça, comme on parle aux plantes, je lui dis merci tous les matins, même si je le trouve parfois moche je lui suis reconnaissante de tenir le coup, de m'avoir permis de porter la vie et de rencontrer mon Felix et de me pardonner les nuits trop courtes a cause de mes podcasts

  • Que tout le monde ne veut pas notre bien : si il y a pléthore de médecines douces et parallèles, il y a aussi pas mal de charlatans. Et que si personne de confiance ne peut vous recommander une personne, alors il faut faire demi tour.

  • Qu'il faut parler, en plusieurs cercles concentriques : le premier cercle c'est moi, c'est toi qui m'écoute, en tant que personne. Il faut évacuer. Ça peut être a l'écrit, ça peut être avec un psy, mais il faut que ça sorte, et ce, sans jugement aucun, mais il faut mettre des mots sur ce qu'on vit. Puis le second cercle c'est le couple pour celles et ceux qui se plongent dans cette aventure à deux. En parler à deux c'est chouette aussi. Quand c'est un projet commun c'est important de vérifier régulièrement qu'on avance à une vitesse qui est confortable pour chacun des conjoints, Enfin le troisième cercle, c'est l'extérieur. On peut en parler autour de soi en tant que couple ou seul(e), et sachez qu'on n'est pas obligé d'en parler a sa famille, au même titre que le degré de détails à partager dépend de vous et de personne d'autre, c'est vous qui décidez.

  • Qu'on a besoin d'être écouté, on ne cherche pas de conseils mais surtout à être écouté.

  • Qu'il faut se récompenser aussi, peu importe la manière que vous choisirez : il est souvent important de se faire plaisir, même en pleine guerre fertile.

  • Qu'il faut ne pas en parler (parfois) : beaucoup d'entre vous me confiaient que ça leur faisait du bien de fixer des règles, genre un soir par semaine où on n'aborde pas le projet bébé au sein du couple par exemple.

  • Qu'il n'y a pas de règle et qu'il n'y a pas une meilleure ou moins bonne manière de vivre tout ça.

  • Que ça touche tout le monde, je vous en parlais au début de cet article : 1 personne sur 6 ! Tout le monde quoi.

  • Qu'on n'est pas toujours prêt à en discuter en fonction de la phase de nos cycles et/ou essais, ça change au fil des jours et c'est normal.

  • Que personne n'est coupable d'infertilité et que les belles mamans ou conjoints qui vous disent des trucs pareils méritent d'être brûlés au bucher (ou quittés, c'est moins violent et tout aussi efficace)

  • Que la médecine moderne de la fertilité est centrée à 300% sur la femme même quand les pathologies sont chez l'homme et que ça concourt à renforcer tous les a priori sur la soit-disant virilité que la société véhicule, ainsi que les clichés comme quoi l'infertilité c'est un truc de nanas.


Voila, je crois que c'est tout ce que je voulais vous dire. A ceci près que je voudrais remercier du fond du coeur les personnes suivantes :

  • Aurelie Sellier, qui a créé et a mené le blog d'une main de maitre, avec un dynamisme incroyable et une très jolie plume. Elle a aussi géré la newsletter d'infos sur la fertilité et l'accès à la parentalité au cours des derniers mois. Alors 1000 mercis Aurelie ! Elle a d'ailleurs raconté son histoire dans cet épisode.

  • Nellie Kharlamoff qui a contribué de manière significative au développement du compte Instagram du podcast, avec patience et délicatesse ! C'est aussi elle qui a eu l'idée de créer le glossaire que vous retrouverez sur le compte Instagram du podcast. Son mari a d'ailleurs témoigné dans cet épisode.

  • Fanny Plaisance qui a beaucoup travaillé au graphisme de certains de nos visuels avec un oeil affuté et un très joli coup de crayon

  • et enfin, Caroline Perin, mon acolyte podcast pour ses relectures et bons conseils avisés. Ton écoute quasi quotidienne de mes états d'âmes et ton enthousiasme à toute épreuve m'ont tellement aidée !




Merci infiniment les filles !


Je ne vous abandonne pas. Je me réserve le droit de sortir un épisode par ci par la sur des sujets pertinents alors restez abonnes au compte Instagram et sur vos plateformes de podcasts pour être tenus informés de la suite. En attendant, vous pouvez me retrouver derrière le micro dans French Expat Le Podcast et dans Génération Podcast.


Je vous recommande aussi chaudement d'aller écouter les podcasts suivants si le cœur vous en dit :

  • Arrête d'y penser, cousin de Alors C'est Pour Bientôt

  • Les enfants vont bien qui parle d'accès a la parentalité pour les familles homoparentales, monoparentales et adoptantes

  • Avoir un enfant à 40 ans

  • To be Louve

  • Serendipity

  • Powerful Belly

  • et pleins d'autres ...



Le site internet du podcast reste actif, vous y retrouverez tous les épisodes, classés par thème, les hors séries, le blog, bref tout ! www.alorscestpourbientotpodcast.com


Enfin si vous souhaitez qu'on continue à échanger, n'hésitez pas à me rejoindre sur mon compte Instagram perso @afinboston.


Encore merci pour tout, je vous souhaite du fond du coeur d'arriver à réaliser vos projets bébés et tout le reste. Je pense fort a vous ! Vous m'avez beaucoup apporté !

Ce n'est qu'un au revoir !